‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 329 sur 445 · LA CONDITION DES FEMMES · texte numérisé non relu

LA CONDITION DES FEMMES

leur sont interdits', Boileau lance contre elles la plus violente de ses satires', les moralistes sacrés et profanes ne leur ménagent pas de dures vérités ^. Il faut traverser la plus grande partie du siècle pour trouver chez La Bruyère un peu de justice et de sympathie à leur égard.

Encore La Bruyère, Racine, Corneille ne s'occupent-ils des femmes, surtout les deux derniers, qu'au point de vue de Tétude des sentiments. A peine La Bruyère songe-t-il à demander qu'on s'occupe un peu plus sérieusement de cultiver leur esprit et d'étendre le domaine de leur action. C'est Marivaux qui, dès le début du dix-huitième siècle, proteste le premier contre les injustices et les abus dont elles souffrent^.

Il voudrait, sinon une égalité chimérique de droits pour les

1. Le sentiment du grand comique à l'égard des femmes nous semble se résumer, sinon dans le raisonnement de Gros-René (Dépit amoureux, IV, ii , du moins dans Tamére et douloureuse sortie d'Arnolphe (tcole des Femmes, V, iv) :

Chose étrange d'aimer et que, pour ces tratirosaes. Les hommes soient sujets à de telles faiblesses ! etc.

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