LA CONDITION DES FEMMES
leur sont interdits', Boileau lance contre elles la plus violente de ses satires', les moralistes sacrés et profanes ne leur ménagent pas de dures vérités ^. Il faut traverser la plus grande partie du siècle pour trouver chez La Bruyère un peu de justice et de sympathie à leur égard.
Encore La Bruyère, Racine, Corneille ne s'occupent-ils des femmes, surtout les deux derniers, qu'au point de vue de Tétude des sentiments. A peine La Bruyère songe-t-il à demander qu'on s'occupe un peu plus sérieusement de cultiver leur esprit et d'étendre le domaine de leur action. C'est Marivaux qui, dès le début du dix-huitième siècle, proteste le premier contre les injustices et les abus dont elles souffrent^.
Il voudrait, sinon une égalité chimérique de droits pour les
1. Le sentiment du grand comique à l'égard des femmes nous semble se résumer, sinon dans le raisonnement de Gros-René (Dépit amoureux, IV, ii , du moins dans Tamére et douloureuse sortie d'Arnolphe (tcole des Femmes, V, iv) :
Chose étrange d'aimer et que, pour ces tratirosaes. Les hommes soient sujets à de telles faiblesses ! etc.