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L'ÉDUCATION DKS ENFANTS. 485
un fou, quand il Paura. > Est-ce donc là l'idéal de Téducalion ? S'adressanl directement aux pères, Marivaux leur dit :
Voulez-vous faire d'honnêtes gens de vos enfants? Ne soyez que leur père et non leur juge et leur tyran. Et qu'est-ce que c'est qu'être leur père? C'est leur persuader que vous les aimez. Cetle persuasionlà commence par vous gagner leur cœur. Nous aimons toujours ceux dont nous sommes sûrs d'être aimés. Quand vos enfants vous aimeront, quand ils ref^arderont l'autorité que vous conserverez sur eux» non comme un droit odieux que les lois vous donnent, et dont vous êtes superbement jaloux, mais comme l'effet d'une tendresse inquiète, qui veut leur bien, qui semble les prier de ce qu'elle leur ordonne de faire, qui veut plus obtenir que vaincre, qui souffre de les forcer bien loin d'y prendre un plaisir malin, comme il arrive souvent; oh! pour lors vous serez le père de vos enfants; ils vous craindront, non comme un maître dur, mais comme un ami respectable, et par son amour, et par l'intérêt qu'il prend à eux. Ce ne sera plus voire autorité qu'ils auront pour de choquer, ce sera votre cœur qu'ils ne voudront pas affliger ; et vous verrez alors avec quelle facilité la raison passera dans leur Ame, à la faveur de ce sentiment tendre que vous leur aurez donné pour vous ^
Il s est plu du reste à montrer en action ce système d'éducation fondé sur la douceur, et c'est la mère qu'il charge de l'appliquer. Avec quelle effusion d affection reconnaissante le fils ainsi élevé parle de sa mère ! € Je ne me souviens pas de ravoir jamais regardée comme une personne qui avait de l'autorité sur moi ; je ne lui ai jamais obéi parce qu'elle était la maîtresse et que je dépendais d'elle ; c'était l'amour que j'avais pour elle qui me soumettait toujours au sien.» Puis, il raconte, avec un attendrissement profond, cette éducation ferme et douce dans laquelle il n'avait à souffrir t aucun emportement, aucun reproche dur et menaçant, aucune de ces impatiences, de ces vivacités de tempérament, qui entrent de moitié dans les corrections ordinaires et qui les rendent pernicieuses par le mauvais exemple qu'elles y mêlent. > Lorsqu'il était en faute, sa mère ne prenait même pas un air sévère : < Elle me disait doucement que je Taffligeais, et me caressait même en me montrant son affliction; c'était là mon chi\timcnt. > Maivaux reconnaît que de pareils moyens ne sont pas applicables à toutes les natures, car « il y a des enfants qui ne sentent