Voy. ci-dessus, p. iâ4-lâ
3. En 17âô, dans un concours ouvert par T Académie française, Vanvenargues devait traiter, huit ans avant Rousseau, ce sujet de l'inégalité nécessaire des richesses. Sans trouver les vrais arguments qui la justifient (voy. L. GiltMsrt, Éioffe de Vauvenargues, p. xxiv), il s'élève, lui aussi, à U véri-
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orifier Imo des imgçis 4'uh£ émotien p\w raisonnée lA d'une incontestable jutosse. S'il s'est trompé, c'est par excès de sympathie pour cenx qm sosAent^ de colère généreuse contre eeux i|ui jottissent au dépens i» hmm mmhimMma Cette sensibilité, cette tendresse pour les humbles et les pettls, m rares encore au moment où il écrivait % serviraient 4*6^cii^ à des erreurs plus graves. E)les suffisent pour assurer aux œuvres morales de Miir-îvaiiXy ei) dépit de vues erronées, et, ce qui est plus {|[rave en littérature, en dépit de beaucoup d'incohérences et de longueurs, toujours Testime et parfois radmira(ipn de ceux qui consentiront à les parcourir.
table éloquence, malgré <(uelq«A peu do déelamatioq, en pMiant àm l'iiiMiisibilité du riche : ( Grauds du oionde, quel ^st ce luxe qui ypus mi et qui vous environne? ^ etc. [Discour* sur Cinégalité des richesses^ Œuvres^ p. 181.)
1. Sensibilité fort rare, en effet; on a tu plus haut (p. 33ft, n. f) ce que d*Alembert et bien d'antres pensaient des petites gens; ils les j tissaient indignes d'occuper la littérature ; ils avaient plus de souci de la destinée an genre liumain que de celle de l'individu. C'est encore Vauveoarfiiae quij avec Marivaux, fait exception sur ce point à une règle trop générale. On trouve dans ses œuvres plusieurs passages où il égale la sympathie de Marivairx pour ceux qui souIRnent, quelques-uns où il la surpasse, n a sur l'anmAne {Discours sur Vinégalité des richesses^ Œuvres , p. 175), sur la manière de donner {Essai sur quelques caractères^ xxyni, OEuvreSf p. 321), telles p^^ei qui ne font que traduire, sous une forme éloquente ou spirituelle, des pensées familières à Marivaux; il en a une autre, longtemps incoanae et mise en lumière par son dernier éditeur (Aé^xibn^ sur divers sujets^ xl. Œuvres^ p. 97), et oui est assurément une des plus belles qu'il ait écrites. Nous là rapprocherions volontiers, pour la sincérité et l'émoUon poignante de Faecent, du passage du Spectateur (voy. ci*des8us, p. 453) sur la jeune fille qui doit choisir entre la tàim et le déshonneur. Il peint cette race de déclassés, si nombreux dans les grandes villes, que Ton y coudoie partout, que le siècle dernier ne daignait pas voir et que notre époque semble étudier avee une prédilectioq marquée : « U terre est couverte d'esprits inquiets que la rigueur de leur condition et le désir de changer de fortune tourmentent inexorablement Jusqu'à la mort... » etc.