L* Iliade travestie, MyrreW
2. Ibid,, liv. XII. — On peut appliquer à de tels passages celte réflexion justement sévère de M. Fournel au sujet d'un passage analogue du
Virgile travesti : « Le dégoût saisit le lecteur,.... cette plaisanterie révolte comme une cruauté et une profanation.... Il répugne de voir un bouffon grimacer en un pareil sujet consacré par l'attendrissement de nos souvenirs, et il nous semble qu'on ne peut se jouer ici du poète sans se jouer aussi des sentiments qn'il a exprimés. » {La Littérature indépendante, p. 324.)
3. Marivaux disait dans V Avant-propos du Télémaque travesti : « Peutêtre que, dans les transports d'admiration qu'ils (les homéristes) ont pour le divin Homère^ l'auteur de cette parodie burlesque et son esprit impie
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auteur que la plus violente indignation. Marivaux revint à la charge avec le Télémaque travesti * (si toutefois le livre est de lui), et, quoiqu'il eût renoncé aux vers pour écrire en simple prose*, l'échec fut aussi complet. Cette fois, il se le tint pour dit et ne recommença plus.
Il sembla même, sinon venir àrésipiscence, du moins apprécier avec plus de bon sens les Anciens eux-mêmes et la querelle dont ils étaient l'objet. Tout en maintenant jusqu'au bout ses réserves sur le culte qu'on leur rendait, il reconnatt leurs qualités. Il leur trouve € une simplicité noble, > € un caractère ingénieux et fin. > Il recommande au jeune homme qui veut écrire, non pas de les imiter, mais de € se nourrir Tesprit de tout ce qu'il leur sent de bon ^. » A la fin de sa carrière, il est tout à fait juste à leur égard. Dans le Miroir y à peine s'il laisse percer encore sa vieille rancune contre Homère ; il déclare qu'il ne le juge point, « parce qu'il n'en est pas digne, attendu qu'il ne Ta lu qu'en français, et que ce n*e8t pas là le connaître * ; > avouant du reste que le vieux poète € est le premier de tous, i^ et qu'il « aurait bien de la peine à
retourneraient au néant, si leurs imprécations pouvaient autant que pouvait jadis le courroux des fées : mais, heureusement pour moi, les dévots du divin Homère, pour moyen de vengeance contre la profanation de sa divinité, n'ont qu'un ressentiment dont l'efTet ne passe pas l'expression. »
1 . A titre de curiosité, voici quel travestissement Marivaux fait subir à la fable de Fénelon. Ulysse devient un M. Brideron, «bourgeois de campagne, » qui quitte sa femme c pour suivre un régiment allemand qui s'en allait en Hongrie, et dans lequel il avait acheté une compagnie. » Gomme M.^^ Brideron est riche, beaucoup de nobles campagnards, ses voisins, briguent sa main, et, peu à peu, « se conviant eux-mêmes d'un air aisé chez elle, ils disposaient sans façon du colombier, du saloir et de la basse-cour de la fnible veuve. » Sur les conseils d'un oncle, caricature de Mentor, «Brideron fils » se- met à la recherche de son père, et arrive chez Mélicerte, dame que jadis Brideron père, dans ses courses errantes, avait aimée, etc.
2 . Villeraain dit à tort : c De V Iliade il poru ses rimes burlesques sur Télémaque, » (Littérature française au dix-huitiéme siècle, treizième leçon.) Il y eut bien, au dix-huitièmA siècle, une parodie en vers du Télémaque ^ mais celle-ci, tout aussi médiocre que celle de Marivaux, et, circonstance aggravante, bien postérieure, est de J.-B. de Junquières, sous le titre de r Elève de Minerve ou le Télémaque travesti (Senlis, 1752, 3 vol. in-12).