Voy. ci-dessus, p
PLACE DB MÀIIIVAUX DANS LA LITTÉRATURE FRANÇAISE. — 8A POSTtelT6
Marivaux est-il un de nos grands écrivains? N'est-il qu'un des premiers parmi nos auteurs de second ordre f Mérite-t-il d'être rangé au nombre des génies créateurs, tels que Molière et Racine, La Rochefoucauld et La Bruyère, Le Sage même, ou n'est-il qu'un esprit aimable, d'ordre moyen, un auteur dramatique comme Dancourt, que lui préférait si dédaigneusement La Harpe S un romancier comme l'abbé Prévost, qui a pu faire un chef-d'œuvre, sans êti*e pour cela un grand écrivain, un moraliste ingénieux, mais sans profondeur, comme Duclos ?
Moraliste et philosophe, Marivaux a écrit des morceaux excellents, et dont la réunion formerait, nous l'avons dit, un exquis petit recueil ; mais quelle que soit la valeur de ces détails, il manque à l'ensemble de ce qui fait une œuvre durable : un plan fortement conçu, une suite logique d'idées et de doctrines, une exécution égale et d une perfection soutenue. Il y a trop de désordre et de remplissage. Délassement d'œuvres plus importantes, moments perdus d'une carrière dont l'intérêt et la suite étaient ailleurs, ces feuilles nous montrent ce que Marivaux aurait pu être comme moraliste, s'il s'était
i . a Quelqu'un qui lui aurait dit que, comme auteur comique, il était au-dessous de Dancourt, l'aurait bien étonné et pourtant lui aurait dit yrai. • (Le Lycée, dix-huitième siècle, livre II, chap. m.) Voy., sur Dancourt, Tsrticle déjà cité (p. 262, n. 2) de M. Gidel : « S'il y avait des rangs à décet^ lier, dit-il, la critique songerait à d'autres avant lui. a Et il n'hésite psi A lui préférer Marivaux.