Le Spectateur français j première feuDIe
2. Richard Steele, le fondateur, avec Addison, du Spectateur anglais, dùait spirituellemeot : « Quand on a pris rengagement d'entretenir une voiture publique, il faut qu'elle parte, qu*il y ait ou non des voyageurs ; il en est de même avec nous autres écrivains périodiques. »
3. « U n'alla pas au-delà de la deuxième année. > (£. Hatin, op. cit., t. m, p. 133.)
â. c Or sut, continuons mes rapsodies, j'y prends goût. > (Cinquième
Craille.)
5. c Je suis pauvre au souverain degré, dit en commençant l'homme sans MNici, et même un pauvre à peindre ; car mon habit est en loques et le reste de
courir sa plume au hasard, sans but, sans cause ni prétexte. Ce € dévergondage d'imagination *■ > cesse au bout de sept feuilles.
Le Cabinet du philosophe est la dernière tentative de Marivaux dans ce genre de journaux. Lorsque ce troisième recueil est annoncé, on prévoit, connaissant Tauteur, quelle en sera la carrière: L'abbé Prévost prend soin d'avertir le public et de le mettre en garde; d'abord il n'aimait pas beaucoup Marivaux, ou du moins il avait à son égard d'assez fréquentes alternatives d'indulgence et de sévérité'; de plus, joui*naliste luimême, il ne pouvait voir de très bon œil une concurrence. Il rappelle donc à dessein la carrière intermittente du Spectateur et ajoute : « Voici un nouvel ouvrage de cette espèce, qui commence d'éclore sous le titre du Cabinet du philosophe. Une feuille en paraîtra tous les samedis, et ne se fera pas attendre, du moins si l'on en croit l'auteur, qui assure qu'il a déjà de la matière pour plusieurs gros volumes^. » Prévost feignait ici de prendre au sérieux ce qui n'était qu'une fiction
mon équipage k Tavenant. Dieu soit louél cela ne m'empêche pas de rire, et je ris même de si bon cœur, qu'il m'a pris envie de faire rire les autres. > (Première feuille.) Et sa philosophie se résume ainsi : c Vive la pauvreté, mon camarade ; les gueux sont les enfants gâtés de la nature, elle n*est que la marâtre des riches. > (Deuxième feuille.) M. Ed. Fournier (p. xxvjii) remarque au sujet de cette exclamation : « Nous dirions: c'est déjà le refrain de Béranger : c Vivent les gueux ! » s'il n'eût existé même avant Marivaux (Dic^ de Trévoux^ au mot Gueux), »