‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 436 sur 445 · MARIVAUX A LYON. 62S · texte numérisé non relu

MARIVAUX A LYON. 62S

menade ila faubourg de la Guillolière, et ffl*v voilà rendiL il se ivoroenaii seul dans une allée écartée, et, dans la 4:raiole de reAaroocber encore. J'affectai d'abord d'en prendre une autre, et de ne le poinl renuciiuer, «■ m approchant ce^iexidaot Mceusiblement de lui, mais avec Tair d'ôlre occupé d'un tout autre objet.

» Ayant pourtant bientôt aperçu du coin de Tceil qu'il m'avait reconnu ei œ cherchait pas à me fuir, lorsque je fus au bout de mon allée, j*enlrai, en jouant la distraction, dans la sienne, où, n'ayant pas tardé à le rencontrer en face, je le saluai en passant, assez rospectueusemeut pour qu'il ne pût paa douter que je l'avais reconnu. Mais, quel fut mon étonnement, lorsqu'au retour de cette même allée, mon œil en vain chercha mon homme, et que j'appris par un portier qu'il venait de sortir ! Vous me connaissez^ mon ami, poursuivit Marivaux qui me voyait involontairement sourire : Eh bien, ouî^ loin de rebuter ma curiosité, it ne lU quR ranimer encore, au point que, dès le lendemain, après l'avoir cherché et retrouvé au même endroit, je pris assez sur ma iinidilé pour ne plus balaacer A le jaindm, et A lui téoiQigDer^ avec toute l'énergie dont j'étais capable à cet âge, tout ie plakir qu'il me ferait en me permettant de Tacconipagner^ ne fût-ce que pour quelque» sostants, pendant le cours de sa promenade.

«Je vous «ranaîs, me 4it-H en souriant, Monsieur de Marivaux; et dès lors^ *•■• pMi vn présumer'qne iMit votre manège, depuis faier,p0«r lAéher à votre tour de me etenaltre, ne m'est peint érhappé. Mais c'est à quai, d« mains quanta présent, vous chercheriez en vain de parvenir. — Quoi, Monsieur! j'aurais l'honneur de vous être connu?... et vous refuseriez?... — Calmez- ¥a«s... Ont, Memieur, je ^Fees oannais ; f ai même connu votre père, ainsi que la pkipatt de vos parents; je «aïs, qui plus est, les ncrtifs qui tous ont eendoit ici, et aent cipwwt ipens-méme eenÂîen vtms tous y ennuyez. Vais, des raisons que je ne puis vous dire, me forcent à vous prier de n'exiger de mm rkn depH»; «ao« <)uoi, ne trouvez pas mauvais que je prenne congé de^ovi. — Fardoa, Monsieur!... Hais, puisque vous me connaissiez^ ne paia-je do ineina espérer?... — l^n, rmn dis-je, je ne le puis maintenant, et imm insirteiécA en vain. Gariez-vens même de me suivre ; car^ loin d^ofo- 4eair rien de pins, vens nfipieriez, sans aucun fruit, de me nuire autant qu'i «Mi»-Hiê«Hl le pncs penrtant veusdire, en vous quittant, que vous ra'înté- ;, M ^'ë dépendm de vens d'en avdîr un jour de vraies preuves. Adieu ly men clKr Marivaex \ Continuez de cultiver les lettres, et, surtout, de emmenKT wtic «aractère. Et, ^uelqne eboM qui puisse m'arriver, soyez au moins sûr, et reeevez-en ma parole, que ^reus ne mourrez point sans m*avoîr revu. 4éie«, veus dts-je, encore un coop; on nous regarde, et je ne puis m'arfêter ici pins fengtempe.

1 A ces mots, le petit hemme part, en me laissant dans un étonnement stu^ pidc et dont je fus près d'un quart d'heure à me remettre. Je fls, dès le lendemain^ mais sans succts, tant aux difiâreiils cafAs %u'aux prAmenades et dans les auberges de Lyon, toutes les recherches possibles; flMn Éiemine, pariAut jjgnord, sombiait n'avnir élé ponr moi^'un faaIdnH, et dent, depuis près de quarante ans, je n'eus nulle espèce de révélatsen.

a Telle est «MB histoire, mon ami < me dit en seepirant Marivaux, et quelque ehese fue fe me sais dît à moi-même, peur me guérir de l'impression qui m'en est reslée, rien n'a pu ni ne pourra me persuader que ce petit bomoe fftt im être imapinairCj ou un Imjiosteur, qui eût quelque espèce d*inlealiou, soit présente^ soit future, pour abuser de la cnédnUlè d'un iMOine dont i ii*avai! ni rieu à espérer, ni oMins eoeara à craindre, m

Je semis alors, mon cher marquis, combien je réussirais peu a combattre

62i APPENDICE.

les préventions depuis si longtemps enracinées chez mon ami en CiTeor 4e son adepte^. Je conclus même que ce serait un mauvais office à lui rendre, puisqu'elles le tranquillisaient sur les suites de ses maladies ; et que j'ai su depuis, à mou retour d*un assez long voyage, de M^^' de Saint-Jean, eliez la.quelle il demeurait, qu'il était mort à soixante-quinze ans, sans, pour ainsi dirs^ s'en douter, et toujours avec l'espoir de revoir son petit bonhomine.

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