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^. Sur r(Triginal de la présente copie, oette déKbératien « été védifrie-ane pranière eis et bilTeo. La première rédaction disait : « La Conipsyaii adélîÉëri aigeard'bHi t*Û ne serait pas à propos qu'aucun académicien no Idt rien.»,,, a etc.
MARIVAUX AGADÊHICIËN 627
L'Académie slymi donc trouvé la première décision trop étroite; il serait curieux de lire, non seulement le résultat des deux discussions, mais le procès-verbal détaillé. 11 n'existe malheureusement pas. On sait que la Gom pagnie a depuis changé d'avis, et qu'aujourd'hui discours des récipiendaires et réponses des directeurs sont préalablement soumis à l'examen d'une commission.
Le mardi 24 août 1744. — La Compagnie s'est rendue dans la salle ordinaire afin d'y donner le prix de poésie,... après quoi M. de Marivaux lut des Réflexions sur les progrès de l'esprit humain.
Du mardi 29 décembre i^^à. — M. Tabbé Girard et M. l'abbé de Bernis sont venus aujourd'hui prendre séance à l'Académie.... M. de Marivaux a lu ensuite des Réflexions qu'il a faites sur les différentes sortes de gloire.
Dans la séance du 29 décembre ITii, Marivaux est choisi pour aller avec La Chaussée c faire compliment n de la part de la Compagnie, « à M. le eoadjuteur de Strasbourg sur la mort de M*"* la duchesse de Ventadour. »
Dans la séance du jeudi 16 décembre 1745, il est choisi avec l'abbé du Resnel, Mairan et l'abbé de Bernis pour aller complimenter, au nom de la Compagnie, M. de Machault, nommé contrôleur général des finances. >
Le registre dans lequel se trouvent les délibérations précédentes étant terminé, Marivaux signe, le 30 décembre 1745, sur le nouveau registre, une copie «de la fameuie délibération « contre les brigues et les sollicitations, > destinée à assurer la sincérité des votes. Cette page, sur laquelle, à partir de 1745, signèrent tous les académiciens élus jusqu'à la Hévoiution, est assurément la plus précieuse et la plus originale réunion d'autographes que possèdent nos dépôts publics.
Du samedi 27 mai (17&7). — Aujourd'hui M. de Marivaux a remercié la Compagnie du compliment que MM. de la Chaussée et Du Clos lui avaient fait sur sa maladie, comme députés de l'Académie.
Le jeudi 4 avril 1748, jour de la réception du marquis de Paulmy et de Grosset, c M. de Marivaux a lu des réflexions en forme de lettre sur l'esprit humain ^ »
Le iundi!24 août 1749, à la suite de la séance de distribution du prix de poésie, t M. de Marivaux a lu le commencement d'un ouvrage qu'il doit donner au public et qui a pour titre Réflexions sur Corneille et Racine. >
Le jeudi 24 septembre 1749, après la réception de l'évéque de Rennes, c M. de Marivaux a lu la continuation de ses Réflexions sur Corneille et sur Racine. »
Le mardi '25 août 1750, le jour de la distribution des prix de prose
1 . Ce morcoau, on l'a vn (cUdessos, p. 533 et suIy.), était un véritablo manifeste et produisit un petit scandale.
et de poésie, c M. de Marivaux termina la séance par une suite de ses Réflexions sur les hommes de génie. »
Du jeudi i^^^ octobre (1750). — Le sort a fait aujourd'hui H. le maréchal de Belle-Isle Directeur et M. de Marivaux Chancelier. Signé : Fontenelle, D'Olivet, Mirabaud.
Du samedi 28 novembre (1750). — H. de Marivaux, Chancelier, ayant dit à rAcadémie que le Roi agréait la proposition qu^il lui avait faite de M. le eomte de Bissy, pour remplir la place vacante, son élection a été coafirmée acyourd^hui par le second scrutin .
Du dimanche 27 décembre 1750. — La Compagnie a été aujourd'hui faire compliment à M. de La Moignon, Chancelier de France, sur cette haute dignité à laquelle son mérite vient de Télever. M. de Marivaux, Chancelier de l'Académie, a porté la parole en l'absence de M. le Directeur L II était accompagné de MM. de Mirabaud^ secrétaire perpétuel, de Boxe, l'abbé d^OIivet, l'abbé Alary, de Froncemagne, de la Chaussée, de Mairan et Du Clos. U . le Chancelier a répondu en termes remplis de politesse, d'estime et d'égards pour la Compagnie. Il a reconduit les académiciens jusqu'à la porte de son cabinet, et M. de Malesherbes, son flls, premier président de la Cour des Aides, les a accompagnés jusqu'au perron de sa cour.
Du jeudi 31 décembre (1751). — Quoique M. de Marivaux doive sortir de charge au l'^^ janvier, l'Académie a décidé aujourd'hui qu'il ferait à M. le Garde des sceaux le compliment qu'il avait préparé^ et qu'il n'a pu faire pendant ce trimestre.
Le samedi 2 janvier 1751, Marivaux signe, en qualité de chancelier sortant, pour le tirage au sort de de Boze comme directeur et de Mirabaud, secrétaire perpétuel, comme chancelier.
Du vendredi 8 janv. (1751). — Conformément à ce qui avait été décidé le 31 décembre, M. de Marivaux, Chancelier du dernier trimestre, a été ce matin faire compliment à M. le Garde des sceaux au nom de la Compagnie. Il était accompagné de M. le Secrétaire, et de M*^* l'Abbé D'Olivet, de Mairan, de Foncemagne, l'Abbé de Bernis et Du Clos ^. »
Le 24 août 1751, jour de Saint-Louis, l'Académie tient sa séance publique de distribution des prix, c M. de Marivaux a lu ensuite des Réflexions sur les Romains et sur les anciens Perses. >
Do lundi 20 novembre 1752. — M. le comte de Bissy est venu aujourd'hui remercier la Compagnie du compliment que MM. de Crébillon et de Marivaux lui avaient fait au nom de l'Académie, sur le mariage de M. le Comte de Thiard, son frère.
Du jeudi 28 novembre 1754. — .... M. l'archevêque de Sens a remercié le même jour l'Académie du comph'ment que M. l'abbé Alary et M. de Marivaux, députés de la Compagnie, lui avaient fait sur sa nomination au cardinalat.
1. Ce compliment est assez terne et très précieux; selon les contemporains (Cltfmeol. la Cinq annéei littéraires, t. III, p. 59), il eut peu do succès. On peut lo lire an tome XII, p. 105, do l'édition des Œuvres complétée de 1781.
i. Se trouve au t. XII, p. 107, de l'édition des Œuvres complétée, 1781. Aussi peu de succès que le précédent (Clément, op. cit., t. III, p. 59).
Du 19 juin (1758). — M. de Marivaux est venu remercier la Compagnie du compliment qu'elle lui a fait faire sur sa maladie.
Le lundi l*^*^ octobre (1759). — L'Académie ayant renouvelé ses ofilciers, le sort a fait M. de Marivaux Directeur et M. Gresset Chancelier. Signé : D'Olivet, Alary, Duclos.
Le lundi 8 mars (1762). — M. de Marivaux est venu remercier la Compagnie de l'inquiétude qu'elle lui a marquée sur sa maladie. H. l'abbé Trublet était le député. — Signé : Batteux^ de Bougain ville, Duclos.
Le samedi 12 février (1763). — L'Académie vient d'apprendre avec douleur la mort de M. de Marivaux, mort ce matin à Paris, âgé de 75 ans.
Le jeudi 1 7 février. — L^Académie, assemblée au nombre de vingt-huit académiciens, pour remplir la place de M. de Marivaux^ le sort a fait M. le comte de Bissy évangéliste. M. l'abbé de Radonvilliers a eu la pluralité des suffrages, et le scrutin des boules lui a été favorable. Le Roi a agréé la proposition.
Le samedi 26 mars. — M. l'abbé de Radonvilliers est venu prendre séance à l'Académie et a fait un discours de remerciement auquel M. le cardinal de Luynes a répondu.
II était écrit que Marivaux serait maltraité à l'Académie française, non seulement le jour de sa réception, mais encore le jour où son éloge posthume serait prononcé par son successeur. L'abbé de Radonvilliers commença par lui payer, avec une mauvaise grâce évidente, ce maigre tribut d'éloges :
La réputation de l'académicien auquel je succède se soutient par ellemême, fondée sur uue manière de penser et d'écrire qui lui est propre. M. de Marivaux, né avec le talent d'observer et d'analyser, avait fait une étude approfondie de l'homme en général, et de l'homme dans toutes les conditions. 11 avait pénétré dans les replis les plus secrets du cœur, et il avait vu à découvert le progrès des passions et la nuance des sentiments. Des remarquas si flnes peuvent échapper au lecteur. H. de Marivaux, pour les exprimer avec succès, avait acquis une grande connaissance de sa langue; et, lorsqu'il en était besoin, il savait joindre aux richesses de la langue les ressources du génie.
Mais, aussitôt après, voici les réserves :
Une nation voisine l'a placé à la suite de La Bruyère. Nous sommes plus dififlciles sur les divers genres de compositions. 11 me semble, qu'en France, celles de M. de Marivaux ne sont mises qu'au rang des écrits intéressants et agréables. Si c'est lui dérober une partie de son mérite, c'est rendre à celle qu'on lui laisse la justice qui lui est due.
Et celles-ci, qui rappellent celles deLanguetde Gergy,sauf l'adresse relative et les qualités du style :
Vous n'attendez pas de moi, Messieurs, que j'approuve le genre des romans et des comédies dans lesquels M. de Marivaux s'est exercé; des lois d'un ordre supérieur me le défendent, mais je puis et je dois louer les principes d*un auteur plein de sagesse, qui, dans ses romans et ses comédies, a respecté les bienséances et les mœurs. M. de Marivaux s'est même efforcé de tirer, autant qu'il était possible, de ces genres d'œuvres si dange-
OaO APPENDICE.
reux en eux-mêmes quelque avinlagc pour la société. Partout il combat les vices qui la rendent odieuse et les ridicules qui la rendent désagréable.
Suit, enAn, Téloge des qualités de Thomme privé, emprunté presque textuellement à l'abbé de La Porte.
Le cardinal de Luynes, directeur, crut devoir se montrer plus sévère encore que le récipiendaire. Après avoir déclare qu*il ne retoucherait pas le portrait < si ressemblant et orne de tant de grâces,» tracé par l'abbé de Radonvilliers, il condamnait à son tour les genres cultivés par Marivaux :
Si les pièces de théâtre et les romans ne servaient qu*à corriger les hommes et qu'à les rendre vertueux, ils deviendraient aussi utiles qu'ils sont dangereux. Mais qu'il est difficile do réussir dans ce projet! Il faut peindre les passions pour en faire sentir tout le désordre ; la corruption de la nature saisit avidement la ressemblance du portrait; elle voit toujours la passion en beau, même sous les traits dont on la surcharge.
Quant à la valeur littéraire de Marivaux, le cardinal croit la caractériser en faisant de Marivaux un disciple de Fontenelle ; toutefois, bien que lediscipleimitâtson maître, encne rendant pas assez de justice à la naïveté et à la simplicité avec laquelle la nature rend le sentiment, i en assujettissant c à la méthode un genre d'éloquence qui n'en connaît point,» en faisant c briller Tesprit où il n'était question que de laisser parler le cœur, » en mettant c souvent trop de délicatesse et de Cnesse dans ses pensées et dans la manière de les exprimer, > il eot cependant son mérite propre d'invention et réussit à intéresser :
Son esprit, pour le dédommager, ce semble, du tort qu'il lai faisait» loi fournit les couleurs et les pinceaux pour peindre la nature resseniblaatef pour en saisir les situations les plus vraies et les plus touchantes, et povr développer dans ses écrits ce cœur si honnête, si vrai, si sensible, qui faisait le fonds de son caractère. Porté par son génie à épuiser tous les sujets qu'il traitait, il entra souvent dans trop de détails; mais il en relevait les Ion* gueurs par tant de justesse et par tant de grâces, qu*il a mérité que fes ouvrages, après avoir été applaudis par ses concitoyens, aient encore ubtrnu le suffrage d'une nation savante et éclairée. En faisant traduire les ouvrages de M. de Marivaux, et en on multipliant les éditions, elle a Aiit sans douta un éloge bien flatteur de son talent ; mais elle y a mis le dernier trait aa le prenant pour son mattre et son modèle dans ee genre d'écrire ^.
Enfin, s'il faut en croire le cardinal, ce qu'il y eut de meilleur chet Marivaux, ce fut sa mort édifiante :
Avoir amusé le monde pendant quelques années eût été pour M. de Marivaux un avantage bien inutile à Theure de la mort. Dans ce moment où tout ce qui était humain allait cesser pour lui, il chercha dans la foi une eonaola-
1. Le cardinal fait sans doute allusion à Paméla, k Clûriste Harlowe at aux aotrts romans anglais inspires par la Vie de Marianne et le Paytan parvenu, Ousnt ant essais moraux de Marivaux, loin de servir de modèle aux Anglais (qui toutefois les goûtaient fort. voy. ci-detaos p. 448, n. i), Ils procédaieat de ceux d'Addison.
MARIVAUX A LA COMÉDIi!:. FRANÇAISE. 631
tion qu'elle seule pouvait lui donner; il mourut en chrétien. C'était à ce point seul que se réduit ce qu'il y a de solide dans l'éloge des plus grands hommes.
Comme autrefois à Ja réception de Marivaux, le public goûta médiocrement cette façon singulière de comprendre Téloge académique; il nnarqua sa désapprobation en témoignant aux deux orateurs beaucoup de réserve. Bachanmont écrivait au sortir de la séance :
H. de Radonvilliers a été reçu aujourd'hui. Rien de plus plat que son discours et de plus platement débité. 11 a voulu le réciter de mémoire : c'était une suite d'éloges lourds et maladroits. Il n'y a que le pauvre Marivaux, dont il a restreint les louanges, attendu le genre pernicieux et condamnable dans If quel il a écrit. C'est quelque chose d^assez plaisant que cet auteur, fameux par ses romans et par ses comédies, se soit trouvé dans le cas d*être panégyiisé par un prêtre d'une part, et par un cardinal de l'autre, car c'est le cardinal de Luynes qui avait été directeur. Il faut remarquer que cet autevr avait été reçu par un archevêque, M. Languet, qui, au lieu de lui donner la tribut d'encens usité en pareil cas, l'avait vivement tancé sur l'usage dangereux de ses talents. Le candidat ayant péroré, le Directeur ayant répondu, Messieurs s'étant regardés avec quelque confusion, ils ont levé le siège n'ayant plus rien à dire. C'est peut-être la seule fois que la salie n'a retenti d'aucuns battements de mains. La séance a duré environ une demi-heure^.