ADDITIONS ET CORRECTIONS
un ordre du duc d'Aumont, gentilhomine de la Chambre, en date du 11 juillet 1746, interdisant à la Comédie-Française de représenter, jusqu*à nouvel ordre, « aucune des comédies de Molière en cinq actes,» parce que ces représentations c sont entièrement abandonnées par le public. » Cette interdiction, il est vrai, ne dura que deux mois.
P. 88, ligne 16. — Ce n'est pas M. Ed. Fournier qui a cité le premier, d'après Jamet, le mot de Marivaux sur Voltaire, mais M. G. Desnoiresterres, dans Voltaire à la cour, p. 97. M. Desnoiresterres ajoute en note : « Je tiens ceci, nous dit Jamet jeune, de l'auteur du Conservateur. »
P. 90, n. 5. — Voltaire dit encore, dans ses Sommaires despièces deMolière^ à propos des. P;'^a«uj«; ridicules : « L'envie de se distinguer a ramené depuis (Molière) le style des Précieuses : on le retrouve encore dans plusieurs livres modernes (suivant des citations de Tourreil, Fontenelle et La Motte). Ce style a reparu sur le théâtre même, où Molière l'avait si bien tourné en ridicule ; mais la nation entière a marqué son bon coût en méprisant cette affectation dans des auteurs que d'ailleurs elle estimait. > En somme, cette fois, Marivaux n'avait point trop à se plaindre.
p. 95-96. — Marivaux n'aimait ni Prévost ni Desfonlaines, qui le lui rendaient bien, et il ne se trouvait pas volontiers avec eux, témoin ce court passage d'une brochure du temps sur Voltaire : ce Le marquis de Loc-Maria se proposa de donner un grand dîner à divef s gens de lettres qui ne s'aimaient pas : il y avait entre autres l'abbé Desfontaines, l'abbé Prévost, Marivaux, M. de Mairan. Il m'invita à ce repas, en me disant : « Je suis curieux de voir comment mon dîner finira. ï {Lettre de M. de Burigny à M. Mercier^ Londres, 1780.) Malheureusement, la brochure ne dit rien de plus sur ce singulier dîner.
P. 100, n. 4. — Le commissaire Dubuisson, dont M. A. Rouxel vient de publier la correspondance {Lettres au marquii de Caumonty 1735-1741), trouvait, avec raison, Crébillon fils aussi maniéré que Marivaux. Il écrivait, à propos des Égarements du cœur et de l'esprit (janvier 1736, p. 172) : a Le style fait demander pourquoi l'auteur s'est moqué de celui de M. de Marivaux. » Et encore : « Quelques gens ont trouvé que toute la différence qu'il y avait entre MM. de Marivaux et de Crébillon dans la manière de traiter leurs sujets, c'est que le premier mettait en réflexions a parie ce que le second met en conversation ; d'ailleurs, même métaphysique et même envie de briller par des pointes, i (23 avril 1738, p. 454.)
P. 107. — Il se pourrait que Marivaux fût redevable à Addison de cette ingénieuse satire de ceux qui n'aiment pas « les petits écrits. » Yoy. un passage du Spectateur anglais, cité par M. Beljame,./e Public et les hommes de lettres en Angleterre^ p. 279; les mêmes idées s'y retrouvent.
P. 114^ n. 1. — Au lieu de « chap. iv,» lisez « chap. v. »
P. 128, n. 5. — Nous nous trompions en contestant la candidature de Marivaux à l'Académie pour le fauteuil de Portail. On lit, en effet, dans la correspondance de Dubuisson (8 juin 1736, p. 221) : «MM. de Mirepoix et de La Chaussée sont destinés à remplacer MM. Portail etMallet,à l'Académie française. A l'égard de M. de Marivaux, qui y prétendait, il en est exclu par une raison que je tiens d'un des membres glorieux de cet illustre corps. La voici mot à mot : « Notre métier à l'Académie est de travailler à la compo-
ftitioa de la langue, el celui de M. de Marimux est de travailler à la décomposer; nous ne lui refusons pas de l'esprit, mais nos emplob jurent V contre l'autre, et cette différence loi interdira toujours rentrée de sanctuaire. »
Déjà, en 1732, il avait été question de lui et l'abbé d'Olivet écrifaît à oe propos au président Doubler, dans une lettre dont nous avons déjà cité un fragment [p. 529, r. 1] : «Le successeur de M. de Metz à l'Acadéniie n'est point encore désigné. L'élection ne se fera qu'au commencement de janvier. Moncrif est fortement poussé par M. le comte de Glermont et par M. cTArgenson du Palais-Royal. Marivaux n'a fait aucune visite, que je sache. Mais en tout cas vous me permettez d'être assez franc avec vous pour vous dire qu'il n'aura de sa vie mon suffrage, à moins qu'il n'abjure son diabolique style. Je ne laisserai pas, s'il vient^ de lui faire politesse, et de lui bien dire que vous m'avez écrit avec vivacité en sa faveur. » (18 décembre 1732, Corres^ pomianze du président BouhieryUux mss. de la Dibliothèque nationale, t. X.> Cumme on le voit, d'Olivet faisait déjà à Marivaux, sous une forme moins soiennelle, le reproche qui lui sera de nouveau adressé en 1736, et qu'on ne manquera pas de reprendre en 17^2, sous forme d^épigrammc (voy., ci* dessus, p. 131, n. 5). Au reste, la candidature de Marivaux ne fut pas maintenue, car le 5 janvier 1733, jour de l'élection, d'Olivet écrivait à Bouhîer qu'il n'y avait que deux candidats en présence, « d'un côté M. le G. de Cier- Glermont sous le nom de Moncrif les chats, et de lautro M. Tcvéque de Vence. o
Remarquons que, pour ces deux candidatures, il est fort possible que Marivaux ne se soit pas mis lui-même sur les rangs, et que son nom ait simplement été prononcé par ses amis. D'Olivet constatait, comme on vient de le voir, que, pour la première, il n'avait fait aucune visite.
P. 134, n. 1. — Ou lit encore dans les Mémoires du duc de Liiynes {i.lS^ p. àOb) : « 1*0 discours de M. de Nivemois fut extrêmement approuvé; celai de M. de Marivaux le fut beaucoup moius. M. l'archevêque de Sens, en qualité de directeur, leur répondit ; son discours fut trouvé trop dogmatique et trop long. »
P. 135, notes, ligne 3. — Au lieu de « chap. m, » lisez «chap. v. »
P. 136^ n. 2. — Au lieu de (( chap. ni, » lisez «chap. :t. »
P. 137, ligne 1. — Le mot amabilité est imprimé en italique dans l'original. Petitot dit à ce sujet : « M. l'archevêque de Sens... crut avoir besoin d'une expression nouvelle pour peindre les qualités sociales de (Marivaux), et il lui dit Vamahilité de votre caractère ; c'était la première fois que ce mot était employé de celte manière. » {Répertoire du Théâtre-Français. t. XXn, p. 25.)
P. 142, ligne 16. — Malgré celte pension sup la cassette du roi, Marivaux n'était pas de ceux que Louis XV rangeait parmi les a beaux>esprits » de son règne. Yoy. leur énumération dans un curieux passage des Mémoires de if»» du Hausset, édition Barrière^ p. 98-99. On y trouve jusqu'à l'abbé d'Olivet, mais point Marivaux.
P. 151, n. 2. — Au lieu de «c chap. m, » lisez « chap. ir. »
P. 152, ligne 8 et saiv. — Nous nous sommes trompé en attribuant cette lecture à Marivaux ; Pappréciation des Pensées est bien de hii, mais c'est