‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 52 sur 445 · Le Spectateur français, quinâème feuille · texte numérisé non relu

Le Spectateur français, quinâème feuille

3. D'Alembert rapporte cette réponse (p. 600), sans dire qui se l'attira : Bolingbroke était de ses amis. C'est VAlmanack littéraire de 1782 (p. 121) qui précise Tanecdote. Marivaux dut être très content de sa réplique, car il reprit et développa plus tard, dans son Spectateur, la situation qui la lui avait fournie. Un jeune fat libre-penseur développe, devant un vrai philosophe, son système, « composé de lieux communs et de bribes d'opinions qu'il avait apparemment retenus de la conversation de quelques esprits se donnant pour esprits forts ». Le philosophe trouve ces raisons u à Tabri de toute critique, incontestables par leur peu de logique ». c Je ne sache rien, dit-il, qui servit tant à raffermir la foi, qne de faire prêcher à un docteur de cette espèce son incrédulité même. » Et il répond au jeune homme : « En vérité, mon cher Monsieur, vous vons moquiex tout à l'heure de la crédulité des bonnes gens; mais, si vous croyes votre système, vous n'avei rien à leur reprocher, je vous garantis plus crédule qu'eux. Je vois bien que ce n'est pas le défaut d'évidence qui vous empêche d'ajouter foi à de certaines choses ; car je ne pense pas que vous voyiez plus clair dans celles que vous croyez. » (Le Spectateur français^ quinzième feuille.) Marivaux avait sans doute, dans sa conversation comme dans ses écrits, plutôt le développement facile que

Page 1