MARIVAUX ET PAUL-LOUIS GOURIEK
ces papiers qui vont de main eu main, et parlent aux gens d*à présent des faits, des choses d'aujourd'hui ; je ne puis souffrir les pamphlets ^
Paul-Louis avait-il lu le passage du Spectateur; IVt-il imité? C'est bien possible, sinon probable. Tout voisin du dix-huitième siècle par son âge, élevé par un père, a homme de beaucoup d*e8prit et de littérature', » qui devait connaître même les pages peu connues de Marivaux, il avait sans doute présent à la pensée le souvenir du cadre ingénieux et neuf imaginé par notre auteur, et il prit son bien où il le trouvait. Certes il n'y a aucun parallèle à établir entre une page piquante du Spectateur et le chef-d'œuvre d'ironie et d'éloquence qui s'ap • pelle à si bon droit le Pamphlet des Pamphlets; remarquons cependant, à l'avantage de Marivaux*, que, s'il n'a pas la concision vigoureuse de Paul-Louis, en revanche, avec la libre allure de son style, il a plus d'aisance et de vraie bonhomie.
1. Œuvres de Paul-Louis Courier^ édit. Jouaust, t. II, p. 139.
2. Armand Carrel, Essai sur la vie et les œuvres de P.-L. Courier^ mdme édit., 1. 1, p. 3.