‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 65 sur 445 · Id., ibid., t. VI, p · texte numérisé non relu

Id., ibid., t. VI, p

nière de voir trop originale et singulière; ce que l'on prenait pour de TaOectation était chez lui tout simple et tout naturel ; sans effort ni recherche, il avait Timagination subtile, Tobseryation rapide; il voyait du premier coup ce que les autres ne voyaient qu'après une longue étude ou ne voyaient pas.

Ainsi, sous peine de renoncer à penser, il ne pouvait parler autrement. Nous le verrons expliquer lui-même son genre d'esprit et s'efforcer de prouver qu'on l'accusait à tort d'être c singulier » départi pris ^ Fontenelle le savait bien : € Il faut, disait-il, passer les expressions singulièresà M. de Marivaux ou renoncer à son commerce *. i

Cette singularité de pensée et d'expression tenait à l'essence même de son talent. On s'en aperçoit vite aujourd'hui à étudier de près ses ouvrages; on devait s'en apercevoir de même en récoulant. Beaucoup cependant ne le voyaient pas ou refusaient de le voir, par jalousie, par antipathie naturelle, par suite d'une différence profonde entre leur propre tournure d'esprit et celle de Marivaux. Sainte-Beuve Ta remarqué : il y a tout un public, tout un ordre d'esprits, incapables de sentir et d'aimer Marivaux^. Là est l'explication de la sévérité que notre auteur a trouvée, malgré tant de qualités aimables, chez beaucoup de ses critiques. Cela du reste ne lui est point particulier ; on pourrait expliquer de la même manière les divergences des meilleurs juges au sujet de bien des auteurs. C'est

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