Id., ibiJ
^. Id., ibid.
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ces lettres qu'il goûtait si fort. Dès ce jour, il cessa toutes relations avec l'auteur ^
Une véritable fête, paraît-il, était de Fen tendre lire ses propres ouvrages^ surtout ses comédies. On préférait alors à la spirituelle mimique, au jeu nuancé de ses interprètes habituels < les légères inQexions * » qu'il savait donner à sa voix et qui lui permettaient, à elles seules, d'exprimer les mille variétés de sentiments qu'éprouvent ses personnages ; c'est par elles, par une c brillante volubilité^, » claire et facile à suivre, mais rapide comme le babil d'une coquette, qu'il avait ravi Sylvia dans leur première entrevue. Jamais personne ne fut de son temps plus que Marivaux; c'est au milieu dans lequel il vivait qu'il appliquait son observation, et qu il trouvait les originaux de ses portraits. Aussi, lorsqu'on l'entendait, dans un de ces salons dont il transportait au théâtre le langage, les idées, les passions, quel plaisir délicat de saisir au passage une allusion, un trait de caractère applicable à tel auditeur présent, de reconnaître, dans la fiction que déroulait le lecteur, telle intrigue jouée au naturel dans ce salon même par des acteurs de bonne foi ! Dans ses romans, la même cause d'intérêt se retrouvait, avec les réflexions morales, les traits d'observation mondaine qu'il sème en si grand nombre à travers l'action ; bien des passages, comme celui, déjà cité ^, dans lequel Marianne décrit le tour d'esprit du monde où elle entre pour la première fois, étaient tout entiers la peinture de ces réunions mêmes auxquelles ou les soumettait, et qui s'empressaient d'applaudir à une ressemblance, tantôt flatteuse, tantôt spirituellement malicieuse.
On peut croire que ces succès de causeur et de lecteur mondain étaient aussi chers à Marivaux que ceux qu'il obtenait au théâtre ou auprès d'un public plus étendu. Il se piquait en effet d'être homme du monde, plutôt qu'auteur de profession. Au début de sa carrière, il n'écrivait, on la vu, que pour son plaisir, à l'adresse d'un public restreint; il aimait l'anonyme et attendait volontiers longtemps pom* se faire imprimer. Lorsque sa ruine l'eut réduit à vivre de sa plume, il dut songer
l.D'Àlembert, p. 592.