ibid
h U- dessus, p. 24.
à poursuivre une réputation moins intime et plus fructueuse; cependant, il ne renonça pas à ses préférences premières et entendit rester homme du monde. Bien qu'il eût parmi ses confrères des amis auxquels il était très dévoué, des ennemis auxquels il ne dissimulait pas son antipathie, il se tenait soigneusement à l'écart de ces coteries, plus nombreuses au dixhuitième siècle que jamais, et dont faisaient partie la plupart des gens de lettres, par goût ou par intérêt. Lorsqu'il donne, comme il le fait volontiers, la théorie de son talent, il a bien soin d'expliquer que le monde est son école et son unique inspirateur ^ Il fut donc, jusqu'à ses derniers jours, homme du monde dans son langage, ses manières, ses habitudes. Collé nous le représente, à soixante-quinze ans, € n'en paraissant pas avoir cinquante-huit, curieux en linge et en habits' ; » aussi le voyons-nous, dans les portraits du temps ^, non pas sous les traits ridicules d'un vieux beau à prétentions, qui ne désarme pas devant la vieillesse, mais avec la tenue correcte et soignée de l'homme qui, vivant dans la société polie, porte dans ses habitudes extérieures cette élégance sobre, cette recherche de délicatesse et de bon goût, qui est un des charmes de la vie sociale et un témoignage de respect des autres et de soi-même. Svelte est bien pris dans la jeunesse, d'un embonpoint sans excès au déclin de Tâge, la physionomie aimable et douce, un peu « inquiète et travaillée *, » la lèvre spirituelle, avec un sourire d'une bonté charmante, mêlé de quelque ironie, Marivaux dut être toute sa vie, avec son désir de plaire et sa coquetterie d'esprit, un des hommes les plus séduisants de son temps. D'Âlembert nous dit qu'il c ressentit vivement les passions^; » nous n'avons aucun renseignement qui nous permette de retrouver les romans de sa jeunesse et
1. On vient de voir quMl lisait ses pièces dans le inonde ; il y faisait volontiers l'essai de ses théories, par exemple de ses idées sur le style. Il dit à ce sujet : « Pour achever d'éclairclr ce que je veux dire, posons quelques principes qui seront aisés à comprendre : je les ai quelquefois exposés à des gens d'espfit, et même à des femmes ; et tous sont converius avec moi, » etc. {Le Cabinet du Philosophe, sixième feuille.)