Lesbros, p
2. Le marquis d'Argens écrivait à Frédéric 0 : ce Aujourd'hui, en France, tout le monde a la rage du bel-esprit, et les financiers ainsi que les ducs veulent qu'il soit dit qu'ils reçoivent chez eux les savants. » (Paris, 5 septembre 1747, Correspondance, édition citée, I. IV, p. 25.)
l'une avec Tautre, et qui pourtant ont la rage de se trouver presque toujours ensemble *. »
Cependant, il n'aurait eu qu'à se laisser faire pour être lut aussi des voyages princiers ; il suffisait de répondre à des avances qu'on né lui ménageait pas. Le monde des châteaux goûtait beaucoup ses pièces et les jouait avec une préférence bien naturelle, car il s'y reconnaissait'. Bien plus, par une attention qui devait être fort sensible à celui qui en était l'objet, il se plaisait parfois à donner leur revanche à certaines de ses pièces mal accueillies au théâtre, à les venger par des applaudissements aristocratiques des dédains du parterre : ainsi de la seconde Surprise de CAmour^. On ne voit cependant nulle
1. La Fausse Suivante, acte \\, se. m. — l\ est étonnant que d'AIembert ne parle point de ce trait de caractère, tout à Thonneur de Marivaux ; lui-môme^ en effet, n'aimait pas les grands et repoussait leurs avances avec une politesse dédaigneuse et froide. 11 répondait à Voltaire, qui le pressait d'être moins intraitable : «Je les salue de loin, je les respecte comme je dois et je les estime comme je peux.» Il écrivit môme un remarquable £s«at sttr la société des gens de lettres et des grandi, dont la conclusion e«t qu'un homme de lettres familier des grands devient fatalement leur protégé, puis leur courtisan, « le rôle le plus bas que puisse jouer un homme de lettres. » Voy. ses Œuvres^ t. IV, p. 335 à 373. € Peut-être, dit Condorcet, devonsnous en partie à cet ouvrage le changement qui s'est fait dans la conduite des gens de lettres, et qui remonte vers la même époque. » (Eloge de d'Alembert,)
2. Marivaux était joué notamment à Berny, chez le comte de Glermont, son confrère à l'Académie française à partir de 17ôil. Dans le répertoire du théâtre de Berny, dressé par M. Jules Cousin, nous trouvons trois pièces de Marivaux, la Femme fidèle, comédie en un acte^ inédite, en prose (il sera question de cette pièce ci-après, deuxième partie, ch. v), le Legs, et les Serments indiscrets, avec M^^" Gaussin dans le rôle de Lucile. (J. Cousin, Le Comte de Clermont, t. 11^ p. 37 à 56.) Sur le comte de Clermoiit et sa cour, voyez, outre l'ouvrage de M. J. Cousin, Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. XI, p. 112 et suiv. On s'étonne, connaissant le goût de M™* de Pompadour pour le théâtre et la protection qu'elle accordait à Marivaux (voy. ci-après, p, 143), qu'aucune des pièces de notre auteur n'ait été jouée sur la scène des Petits Appartements ; du moins n'en voyons-nous aucune dans le répertoire dressé par M. Ad. JuUien, dans son Histoire du théâtre de Af^* de Pompadour^ p. 7^ : Molière, Quinault, Voltaire, La Chaussée, Gresset, etc., y figurent, mais point Marivaux.
3. Cette pièce est de celles que M. de Paulmy recommande dans le petit livre qu'il composa pour servir de règle aux amusements de la haute société {Manuel des châteaux, p. 215). Quant aux théâtres de société de ce temps, on peut en voir l'énumération dans les Curiosités théâtrales de M. V. Foumel, chap. v, p. 56 et suiv.; et dans la Femme au dix-huitièmç siècle, de MM. de Concourt, ch. m, p. 132 et suiv. Voy. aussi les études spéciales de M. Ad. JuUien, Histoire du théâtre de Bi^^ de Pompa-