‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 79 sur 445 · MARIVAUX. U · texte numérisé non relu

MARIVAUX. U

no L'HOMME.

Enfin, le 15, suprême démarche en faveur de Marivaux. C'est le plan de la dernière manœuvre qui doit ruiner la candidature de Voltaire :

J'avais vu la leUre de M. de Saint-Cyr. Malgré ce qu'elle contient, soyez assuré que, quand on viendra à fondre la cloche, M. de Mirepoix manquera. On n'aura pour cela qu'à lâcher les dévots contre lui ^. Il croit (et je le sais de bon lieu) qu'il n'est pas question de Voltaire pour la place actuellement vacante. Je vous mets an fait autant que je puis, pour que vous puissiez agir ou ne pas agir. Ce que je vous recommande toujours, c'est de ne point vous montrer. J'aime aussi bien que vous M™* du Chàlelet; je connais la vivacité qu'elle met à cette affaire ; mais c'est à ceux qui ne sont pas aussi vifs et aussi prévenus à agir comme il convient, et à ne pas se charger en donnant une profession trop déclarée à Voltaire. De toutes les sottises qu'il fera j'ai dit non (?); il faut que j'ajoute encore que c'est le roi qui parlera le premier à M"° de Mirepoix(?) '.

Enfin, après le vole, ce billet sans commentaire, aussi concis que possible, comme la nouvelle, écrite à la hâte, d'une victoire chèrement achetée "* : € Marivaux a été élu unanimement *. ]>

Chose étrange I le public accueille cette élection avec une défaveur marquée : «c La cabale tourne en ridicule l'Académie

1. Ce qui fut fait. Languetde Gergy (voy. ci-après) disait à Marivaux» en le recevant à l'Académie: c Combien de personnages dout le public a vanté la poésie, et dont l'Académie a craint ou la langue, ou Thumcur, ou l'irréligion, et qu'elle a exclus de l'espérance d'y être associés ! Par une raison contraire, elle s'est empressée de vous choisir,.... » etc.

2. CofTespondance de M*^^ de Tencin^ p. 28, 15 décembre 1742.

3. Si chèrement, que M">^ de Tencin déclare depuis ne plus vouloir se mêler d'élections académiques. Elle écrivait dans la suite : c M"** d'Aiguillon remue ciel et terre pour faire obtenir à M. de laBletterie la place que M. de Sainle-Aulaire a laissé vacante à l'Académie. Elle chargea Ponl-de-Veyle de m'engager à solliciter mes amis. \\ a répondu que je n'avais jamais fait aucune sollicitation que pour Marivaux, qui était mon ami depuis trente ans ; que cette affaire m'avait donné tant de peine que je m'étais promis et que j'avais promis à mes amis de ne leur plus parler pour personne. » (Con*e«-> pondance, p. AO.)

à. Correspondance, p. 30,18 décembre 1742. — Les dates de ces lettres ne sont certainement pas exactes; en effet, Marivaux était élu dès le 10 (Registres de l'Académie, voy. ci-après. Appendice vui); or, la lettre précédemment citée est du 15 : peut-on admettre que M"** de Tencin, habitant Paris et toujours bien informée, solUcitAt pour une élection faite depuis cinq jours ? Il est plus naturel de croire à une erreur de Téditeur, dont le travail est du reste très médiocre ; les incorrections et les erreurs de classement chronologique y abondent.

Page 1