‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 90 sur 445 · Lesbros, p · texte numérisé non relu

Lesbros, p

3i OfJeu de CAmovret du Hasard y acte I^ se. II.

qu'avec peine. Il avail la même attention à recommander le secret à ceux qu'il obligeait qu^à cacher à ses plus intimes amis ses chagrins domestiques et ses propres besoins ^ »

Au nombre de ses obligés était un homme qui devait devenir illustre et qu'il aida, non pas de sa bourse, mais de sa collaboration. Un l'aurait toujours ignoré sans l'aveu de l'obligé : « Je lui montrai, nous apprend J.-J. Rousseau, ma comédie de Narcisse. Elle lui plut et il eut la complaisance de la retou* cher*. » Contraste piquant, qui nous montre ainsi réunis pour une œuvre commune les deux esprits les plus opposés peutêtre de tout le dix-huitième siècle ^.

Pour prix de ses bienfaits, il ne récoltait souvent que l'ingratitude, car « personne n'était plus aisé à tromper *, • mais il ne s'en étonnait pas. Il connaissait trop bien les fripons pour être leur dupe; sauf Le Sage, personne, audix-huitième siècle, ne les a mis en scène avec une connaissance plus amusante et plus vraie de leurs fourberies: il ressemblait en cela à l'auteur du Vicaire de Wàkefield. Mais il estimait qu'en matière de bienfaisance, il faut se résigner à bien des déceptions ; il plaignait les ingrats plus encore qu'il ne les blâmait:

Page 1