‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 96 sur 445 · Lesbros, p · texte numérisé non relu

Lesbros, p

3. D'ÂIembert, p. 601. — Probablement d'un catarrhe pulmonaire. Voy. ciaprès, Appendice vi, ce que de La Place dit de sa santé.

4. De La Porle^ Préface Ae 1765, p. xxi. — Lesbros, p. 39. — Où fut enterré Marivaux T Nos recherches à ce sujet ne nous ont rien appris de certain, car son acte d'inhumaUon a été brûlé^ comme son acte de baptême, dans les incendies de mai 1871. Ses funérailles eurent lieu sans doute à sa paroisse, l'église Saint-Eustache, qui comprenait dans son ressort la partie de la rue de Richelieu où il demeurait, mais son nom ne figure pas dans la Liste de9 principales familles inhumées dans l'église Saint-Eustache, dressée par M. l'abbé Gaudreau (Notice historique et descriptive de ^église Saint-Eus^ tache, 1855, in-12, deuxième partie, p. 115 et suiv.). En 1763, la paroisse Sàint-Eustache était desservie par un cimetière situé au ûiubourg Montmartre, sur remplacement de la rue qui porte aujourd'hui ce nom. C'est là sans

comme légataire universelle ; touchante preuve d'amitié que sa compagne s'empressa d'accepter, bien qu'il laissât surtout des dettes à acquitter * et des pauvres à secourir^. Mais elle était heureuse de continuer, même après la mort, sa protection et son dévouement à celui qui, de la meilleure foi du monde, avait cru Teiirichir, qu'elle sut, à force de délicatesse et d'affectueuse habileté, maintenir dans cette douce illusion, et qui lui légua, sans le savoir, Thonneur de sa mémoire à sauvegarder.

La mort de Marivaux passa presque inaperçue. Les recueils périodiques du temps l'enregistrent très brièvement, comme une nouvelle depuis longtemps prévue et qui n'émeut guère l'opinion ; à peine si l'un d'entre eux Thonora d*une courte oraison funèbre ^. Les deux auteurs les plus marquants de correspondances intimes et de journaux personnels, Grimm et Collé*, donnent un peu plus de développement à leur notice nécrologique, mais ni Tun ni l'autre ne parlent de Marivaux avec cet accent d'intérêt qu'excitent d'ordinaire ceux qui dis-

doute que Marivaux fut enterré, car les quatre autres cimetières dépendant de régUse, aux Innocents, à la place du Jour, à la rue du Rouloi et au marché Saînt-Joseph (où fut enterré Molière), étaient fermés. Le cimetière du faubourg Honlmartre fut supprimé en 1793.

1. De La Porte, Préface de 1765, p. xix : « En acceptant le titre de sa légataire univenrerselle^ (elle) a continué noblement d'être sa bienfaitrice après sa mort. »

2. « Sa seule inquiétude (en mourant) se portait sur les infortunés qu*il avait adoptés ; il les légua à M^^* de Saint-Jean, qui accepta la donation, trait d'amitié qu'il est impossible de rapporter sans attendrissement. » (Pelitot, No/teesur Marivaux, dans le Répertoire du Théâtre-Français y t. XXII, p. 25.)

3. La Gazette de France ^ qui consacrait quelques jours auparavant à Louis Racine un article nécrologique relativement développé, s'acquitte envers Marivaux avec cette courte note : « Pierre Carlet de Marivaux, de l'Académie française, célèbre par des pièces de théâtre et des romans, où Ton trouve beaucoup de finesse et d'esprit, est mort le 12 de ce mois, âgé de soixante-quinse ans. » (25 février 1763.) Le Mercure^ dont Marivaux avait été si souvent le collaborateur, enregistre la mort de plusieurs personnages plus ou moins obscurs, et ne fait aucune mention de celle de Marivaux; Use contente d'annoncer, dans le volume de juin 1763, l'élection et la réception de son successeur, l'abbé de Radonvilliers, à l'Académie.

4. Il faut y joindre Bachaumont, très court, comme XtiGazette: «12 février. — M. de Marivaux, de l'Académie française, est mort aujourd'hui. Les deux théâtres se sont enrichis de ses productions, et plusieurs de ses romans ingénieux sont entre les mains de tout le monde. Il avait l'esprit fin et maniéré, beaucoup de délicatesse; il était parvenu à sa soixante-dix-septième année et ne faisait plus rien. » {Mémoires secrets^ édition de Londres, 17S0, 1. 1, p. 176.)

paraissent après avoir tenu une grande place. Pour eux, Marivaux appartient au passé; le présent a d'autres auteurs qu'il aime; ils ne pensent pas que l'avenir doive s'occuper beaucoup de celui qu'ils traitent convenablement, mais avec une politesse un peu pressée.

Sans être entièrement juste à l'égard de Marivaux, la postérité revisera ces jugements. Quelques années après, d'Alembert le fera revivre dans un éloge académique, très étudié, quoique trop dédaigneux encore ; La Harpe le dénigrera avec un soin et un détail qui prouvent du moins que ses œuvres restent et vivent, car on laisse dormir les morts entrés dans l'oubli. Depuis La Harpe, la plupart des critiques se sont arrêtés devant Marivaux et l'ont étudié à leur tour ; ils l'ont jugé d'ordinaire avec sévérité, et sans une information suffisante, mais cette attention continuelle, toujours renouvelée malgré des oublis plus ou moins longs, prouve quelle place considérable il occupe dans notre littérature.

Page 1