‹ MARMION SUIVI DE LA DAME DU LACChapitre 22 sur 33 · HYMNE A LA VIERGE · texte numérisé non relu

HYMNE A LA VIERGE

Jve, Maria ! vierge si tendre, D'une vierge écoute les vœux; Dans le désert tu peux entendre»

Même au désespoir lu peux rendre lia rayon de vie amoureux.

Proscrits et rebutés du monde, Puissions-nous d'une paix profonde , Par toi savourer l'heureux cours î Vierge sainte, entends la prière D'une vierge humble en ces discour» :

Mère, écoute lu voix sincère L'un enfant qui Coffre tes jours.

Jve Maria ? vierge sans tache , La couche dure où, d'abandon , H faut que notre corps s'attache , Surs de ton appui qui se cache , Va se changer en édredon ; L'air infect de sa grotte obscure Sera des vents l'haleine pure , Si tu souris et nous secours.

Vierge sainte, entends la prière D'une vierge humble en ses discours :

Mère, écoute la voix sincère D'un enfant qui l'offre ses jours.

Marie, ô vierge immaculée !

El sur la terre et dans les airs , • Des dénions l'engeance troublée , A ta présence dévoilée , Rejoindra ses affreux déserts.

Nous nous inclinons en silence Devant ta divine influence Et ton ineffable recours.

Vierge sainte, entends la prière D'une vierge humble en ses discours :

Mère, écoute la voix sineère D'un enfant qui t'offre ses jours.

Les derniers accordsde l'hymne expiraient sur la harpe.Le chef du clan d'Alpine , dans l'attitude immobile de l'attention, le bras

LA DJtiniXJ LAC.

droit appuyé sur sa pesante épée, était comme un homme qui écoute encore. 11 conservait cette muette attitude, quand le page, pour la seconde fois, avec*» geste respectueux, lui fit remarquer le déclin du jour. Alors , s'envoloppant de son plaid : «C'est la dernière fois, oui la dernière, muwmma-441, que Roderick entend la voix de cet ange !» Cette pensée était bien pénible. Il descendit rapidement de la montagne, s'élança tout rêveur dans le bateau, et eut en un moment traversé le lac. Il prit terre sur la rive argentée par les eaux, aooétéra sa marche vers f Orient, et, lorsque les damiers rayons du soleil éclairaient le couchant, il atteignit les hauteurs de Lanrick , où , dans une ardeur belliqueuse , les hommes du clan d'Alpine se rassemblaient au fond de la vallée.

Le spectacle de ces montagnards offrait une grande variété : les uns étaient assis , d'autres debout , d'autres se promenaient lentement ; mais la plupart, enveloppés de leurs manteaux, dormaient étendus sur le sol, et l'œil curieux les distinguait à peine au milieu des bruyères où Bs étaient couchés, tant les couleurs de leurs plaids de tartan étaient bien assorties avec les noirs bouquets de bruyère et les réseaux de la fougère verdoyante : çà et là seulement la lame (Tune épée ou le fer d'une lance étincelait comme le ver luisant sous l'ombrage. Mais torsqu'en avançant à travers les ténèbres le panache du chef eut été reconnu , un tonnerre de joyeuses clameurs ébranla k* montagne. Trois fois elles s'élevèrent et trois fois les échos du lac etdes rochers redirent le cri sauvage, qui enfin expira au loin dam la plaine de Bochastle, en faisant place au silence de la nuit.

CÎUNT IV.

CHANT QUATRIÈME

CHANT

« La rose a le plus d'éclat lorsque s'entr'ouvre son calice ; l'espérance est le plus brillante lorqu'elle naft du sein môme de la crainte : la rose est la plus douce, encore humide de la rosée bienfaisante du matin, et l'amour a le plus de charmes, embelli par les pleurs 4 (6). Rose sauvage et purpurine, que l'imagination rend plus belle encore, je ceins mon front de tes fleurs chéries, emblèmes de l'espérance et de l'amour dans les champs de l'avenir. » Ainsi parlait le jeune Norman, héritier d'Armandave, au moment où le soleil se levait sur les vastes ondes du Vennachar.

Par un tendre souvenir, à moitié exprimé, à moitié chaolé

i Le leçteer qvi eut— A l'aaf lait ter* taae do«te Mm aise de rétamer ici les quatre yen du texte :

The rose is fairest whenUis buddiog new, A*d a*p« tsbrttbtesi wfcea tt tarai from letr»;

The rose it sweetest waehVi vith jnorning dew, And loye is loyeliest when embalm'd in tears.

Un traducteur Hattea du poème de ta Dame du Lit. fe docteur tndefîcato, de Patente, a eiuai reftda «e pasecge :

È pio belle la roaa aller cbe foore

Dal suo calice spunta ; e pia risplende

Spettnusomtoxti^lUiiiefe; È pifc dolce la rosa, se la rea\de

tJmidetta 11 matin colla sua brïna ;

.£ amer stariange pià tl sc*M* 6 attende, jl M.

l'amour agissait ainsi sur le cœur du nouvel époux qui se retraçait sa bien-aimée. Pendant qu'il dépouillait les branches du rosier sauvage, sa hache et son arc dormaient à ses pieds, car il avait été placé en sentinelle vigilante entre le lac et la forêt. « Arrête, dit-il, au bruit des pas d'un homme qui s'avançait sur le rocher ; arrête ou tu es mort, dit-il en saisissant ses armes. Quoi ! Malise, c'est toi ! es-tu sitôt de retour du milieu des bruyères de Doune ? A ta rapide allure, et à ton regard effaré, je devine que tu apportes des nouvelles de l'ennemi. >» En effet, tandis que tout se réunissait près de la croix enflammée , Malise était allé remplir un message important. « Où dort le chef? » demanda l'écuyer. « Ii repose là bas dans la clairière environnée de brouillards, répon-

dit le jeune homme ; je vous guiderai vers sa couche solitaire. » En disant ces mots, il appela un de ses compagnons endormi à ses côtés, et le remua avec le bout de son arc détendu. « Debout, debout, Glentarkin ! nous allons trouver le chef; veille en ces lieux jusqu'à mon retour. *

Ils cheminèrent ensemble. « Quelles sont donc les nouvelles de l'ennemi ? » demanda Norman. « Il a circulé de loin et de près des versions différentes, répondit Malise ; ce qu'il y a de certain, c'est qu'une bande de guerriers, venue depuis deux jours à Doune, a reçu l'ordre de marcher : en attendant, le roi Jacques avec ses courtisans se livre à la pompe d'une fête aa château de Stirling. Bientôt le sombre nuage qui s'amasse amènera la foudre sur nos vallées. Accoutumé à supporter les belliqueux assauts, le guer- % rier trouve contre eux un abri suffisant dans les plis de son manteau 5 mais' toi, Norman, où trouveras-tu un abri pour ton aimable ûancée ?» — « Eh ! quoi ! Malise , ignorez-vous que la prévoyance de Roderick a décidé que toutes les filles et les femmes du clan se réfugieraient dans File solitaire du lac, avec tous les

CHANT IV. f |>*

ea&nts et les vieillards impropres aux combats; qu'il a, en outre, décidé qu'aucun esquif, aucune chaloupe, aucun bateau ni bâtelet ne voguera sur les lacs , mais que tous les moyens de transport seront amenés au rivage de l'île pour garantir la sûreté d'un si cher dépôt? »

« Décision sage : notre chef se montre ainsi le père de sa tribu. Mais pourquoi donc Roderick-Dhu sommeille-t-il isolé de ses fidèles compagnons ? >■— « C'est parce que, la nuit dernière, le pré* tre Brian a consulté un de ces terribles oracles qui ije doivent être consultés qu'à la dernière extrémité; c'est le Taghairm, par lequel nos aïeux apprenaient les futurs événements de la guerre (1). Le taureau blanc de Duncraggan a été immolé. »

MAXÏ9£.

« Ah ! je me souviens de ce noble animal : c'était le plus beau de tous ceux qui firent partie du butin que nous Ornes lors de notre brillante expédition contre les guerriers de Gallangad. Son poil avait la blancheur de la neige ; ses cornes étaient noires, son œil de feu étincelait comme l'éclair ; il était si farouche, si indomptable et si agile à la course, qu'il retarda notre retraite et fit trembler nos plus intrépides montagnards, au passage de Beal-Maha. Mais le sentier était rude et rempli de cailloux ; la gaule du conducteur agit avec une telle adresse que nous atteignîmes sans danger le passage de Dennan, et qu'alors un enfant l'eût pu conduire tout seul. »

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