‹ MARMION SUIVI DE LA DAME DU LACChapitre 29 sur 33 · OUNT VI · texte numérisé non relu

OUNT VI

ile-garde à travers le&étxQites .meurtrières et ks oaa8*Bfltoggrii> léesenfer, etiuttantavec la vapeur épatee d# l'air,, font pâlir le faihie éclat des torct*^ encore allumées. Catte alliance de la lueur jaunâtre des flambeaux avec la vive clarté des deux Sait découvrir sous les voûtes noircies du château les formes bizarres et sauvages de guerriers, doqt les visages sont chargés de barbe ou de cicatrices, tous l'air hagard, effet d'une veille pénible et d'one orgie sans frein v car le couvert mj&ssif de la table de châne est noyé de vin et chargé des débris d'un banquet somptueux ; te coupes vides et renversées .révèlent en quels jeux la nuit s'est écoulée. Quelques soldats, épuisés de lassitude, ronflent étendus sur le carreau ou sur des hancsj d'autres essaient eneoie d'ôtancher leur soif; d'autres , engourdis par la veille qu'ils viennent de faire, étendent les bras en baillant sur les lisons mourants de la vaste cheminée du foyer commun,, tandis qu'autour d'eux pendent à chaque endroit les diverses pièces de leqrs armures.

ni.

' Ces guerriers n'ont point tiré le glaive pour leurs propre» foyers comme les vassaux d'un seigneur féodal; ils ne reçoit* naissent point dans leur chef l'autorité patriarcale : ce sont des aventuriers (1) venus de loin pour vivre du carnage, qu'ils aiment par dessus tout, ici est le sombre visage de l'Italien, là le iront basané de l'Espagnol *, plus loin le Suisse, ami des monts, et qui respire plus librement l'air des montagnes ; là le Flamand, dont l'œil méprisait le sol ingrat qui récompensait si mal la peine du laboureur ; enfin les rôles portent des noms français et des noms germains, comme aussi plus d'un exilé de la joyeuse Angleterre venait partager avec un dédain mal dissimulé la paie modique de l'armée écossaise. Tous étaient braves, accoutumés à manier la esante hallebarde, l'épée et le bouclier: dans les camps, s'a-

bandonnant à une licence qui ne connaît pas de frein ; dans le pillage , terribles et désordonnés et maintenant plus relâchés encore des liens delà discipline au milieu d'une fête et d'un banquet.

Ils s'entretenaient de l'affreuse mêlée qui avait eu lieu entre le lac Katrine et le lac d'Achray . Leurs discours étaient véhéments, et, au milieu de leurs phrases guerrières, leurs mains souvent saisissaient leurs épées ; ils ne baissaient pas le ton pour ménager l'oreille de leurs camarades blessés qui gémissaient près d'eux, et dont les membres mutilés et sanglants portaient les marques des glaives montagnards; le corps-de-garde entendait distinctement les prières et les plaintes de ces malheureux, mêlées au ris moqueur et aux jurements d'une soldatesque farouche. Enfin John de Brent se lève. Il avait reçu le jour aux rivages de la Trent. Étranger au respect comme à la crainte, fameux chasseur en temps de paix, hardi rebelle sous les drapeaux, il était toujours le plus brave au moment du danger. Il avait vu avec chagrin la suspension des jeux de la veille ; il imposa silence aux clameurs de ses compagnons, et s'écria : « Renouvelons le bol, et, tandis que je fredonnerai une joyeuse chanson, que chacun de vous, le verre en main, fasse chorus avec moi en dignes frères d'armes !»

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