IX
Yoici le moment de parler des soldats de garde au château , rangés en ordre de bataille dans la cour, et armés de mousquets, de piques et-de morions ou casques d'acier arrondis, pour saluer la bienvenue du noble Marmion. Il faut citer également les ménestrels et les trompettes, et le canonnier tenant à sa main la mèche enflammée et n'attendant qu'un signal pour l'appliquer à
la poudre du bronze. La troupe du chevalier fait son entrée, et jamais le vieux fort de Norham n'avait retenti d'un bruit pareil à celui dont résonnèrent ses tourelles.
Les gardes avancent leurs piques , les trompettes sonnent des fanfares, le canon du haut des remparts lance des salves de bienvenue. Les ménestrels purent bien , à l'arrivée de Marmion, chanter et lui rendre un joyeux salut ; car , en traversant la cour . il semait des anges d'or ' à mesure qu'il avançait. « Sois le bienvenu à Norham, généreux Marmion ! cœur vaillant et ouvert! Sois le bienvenu avec ton coursier rouan , toi la fleur de ia chevalerie
anglaise! »
Deux poursuivants , revêtus de cottes d'armes , ayant au cou leurs écussons d'argent , se tenaient sur les marches de pierre conduisant à la porte du donjon , et là , en grande pompe de hérauts , ils reçurent Marmion , le saluant seigneur de Fontenaye , de Lutterward , de Scrivelbaye , de la tour et de la ville de Tarnworth (7); et lui, pour reconnaître leur courtoisie , il leur donna, en descendant de cheval , une chaîne de douze marcs pesant.
\ Ancienne monnaie en or. ▲. M*
m marmemt;
«Largesse! largesse ! * Vive lord Marmkm> etettltar du casque d'or ! Janaia boudter Was»né conquis**» ut* champ de bataille ne protégea un cœur aussi vaillant! »
Ils le conduisirent à la salle du château où s'étaient réunis, de toutes parts les hôtes du cantoir. La trompette bruyante annonça son entrée , et les hérauts crièrent k haate voix t « Place, seigneurs , place à lord Marnrion , décoré du cimier et do casque d'or! Nous connaissons assez les trophées quil a remportés dans les» tournois de Gottiswold : là , vainement, Ralph dé Wilton voulut lui résister. I* dut abandonner sa dame an brave Marmion et ses terres au roi. Nous-mêmes noos contemplAiwes làlîce , triste et brillant spectacle à la fois ; nous vîmes lord Marmion percer le bouclier de son adversaire désarçonné ; nous vîmes le vainqueur gagner le cimier qu'il porte avec un' juste orgueil , et attacher au gibet Técusson renversé de son ennemi vaincu. Place au chevalier du faucon ! place, nobles chevaliers, place à celui qui conquit avec droit, place à Marmion de Fontenaye ! »
Alors s'avança à'ia rencontre du noble lord sir Hughfe Héron, baron de Twisell et de Ford , commandant du château 1 . Il conduisit Marmion sous le dais de l'estrade et le fît asseoir à la place d'honneur. La festioiut ample et somptueux-,4ineh^rpe grossière du Ptoï d chanta Je récit d-uneimortdle. inimitié ^le barde raconta comment le fier TiiiïlwaU, toaslea BiefteyKB), le vaillaj&t Willimoteawick, Diek ; Ha£driding,Hugtiie deHa»Witen,WiU tf tbe Wall, fondant sur sir Aibany Eeatherstoi^ftugb^ etl'iomBaolèreûl à Deadmâa'srSbàw. L^oneille de Marmion «se brisa presque en écoutant le lai bwbara du ménestrels tûtt^efois-iL.récaaipi9nsa. noble -
4 Cri par lequel les hérauts exprimaient le ui$ remerciait* I>£U*ldé- dons- que leur faisaient les chevaliers daos les tournois. A*M,t<
ment sa peine; car la prière d'une dame et le cfyipt d'yn bpde ne doivent j^ais (ôtre entendus v^Be wei)t dfuQ djwftlfer.
« Noble lord Marmion, s'écria Héron , f attends de votre aimable eourtoisie que vous m'accorderez quelques jours pour les passer avec nous dans ce pauvre château. Ici vous pourrez tenir vos armes à l'abri de la rouille , votre cheval de bataille pourra reprends Ijaleijip et s'exercer * rarement upe ttopi&Q s^cqyle '$9P? quelque fête ou combat. Les Écossais savent guider urççpjirsjsr fqugueii*, et ils aiment k tenir unolfmçç ai* q&fa ?& 8fiit$ George J ife mènent um vie agitée , et jl est djîffiqle de goftter d*» repos gveiçidç tel* voisius. peipeurez dow avec w^a «plqjw jouira , «fia d'apprçodre copwwt se ftjn j, nqp gi^nrçadu #w| : & vous le dpmapde au nom de votre (Jappe. \> Le front de tosd Bfcu-niipn $e roptawftlftit 4 PPPP-
Le capitaine remarqua l'altération de sa physionomie, etGt signe à un écuyer , qui aussitôt prit une énorme coupe et la remplit entièrement de vin. « Digne lord Marmion , accordez-moi la faveur d'une santé : mais d'abord apprenez -moi où vous avez laissé le page qui avait coutume de vous servir à boire, et dont la Jateaif té était si rare ! La dernière foisqije nous nousrençonJU^m^ tfans les tours de Raby , je r çiparqjw attentivement le fcuw b9W&?> et souvent ses deux joues se mouillaient de larmes, qu'il ç^y^it en vain de dérober à ma vue ; sa main n'avait rien de conynun avec la main grossière d'un yarlet , babitujée à polir le hoi^er , à aiguiser le fer ou à seller un cheval de bataille. Il spmMftit plutôt fait pour servir à la toilette d'une belle, pour agiter l'éventail devant elle , ou former des boucles à ça chevelure ou tyw W^er ttnç soie fifteà travers «ne riche etj^re broderie* Son .teirçt $lf& délicat, sa peau blanche, ses cheveux tyQP<Js et arra##fà <?ç tjçe^r
24 MÀRM10N.
ses gracieuses , et , lorsqu'il soupirait , les plis grossiers de son pourpoint brun pouvaient à peine retenir les battements de son sein, effet d'un secret orgueil . Dites , l'auriez -vous cédé , cet aimable jeune homme, à quelque dame pour la servir à son boudoir; ou plutôt ce gentil page n'était-il qu'une gentille maîtresse pour qui votre âme était ivre d'amour ? »
Lord Marmion eut de la peine à supporter cette plaisanterie; il foulait déjà un œil étincelant de colère : il réprima toutefois ce premier mouvement , et répondit avec calme : « Cet enfant que vous trouviez si beau n'aurait pu endurer l'air glacé du Nord. Si vous voulez en apprendre davantage sur sa destinée, je l'ai laissé malade à Lindisfarn. En voilà bien assez sur lui. Mais dites-moi, Héron, pourquoi votre gentille dame dédaigne aujourd'hui d'embellir ce salon de sa présence. Cette dame si charmante et si sage aurait-elle entrepris quelque saint pèlerinage ? » Marmion parlait ainsi d'un ton moqueur, toutefois couvert, et il avait un motif d'agir de la sorte, car la renommée chuchotait de malignes anecdotes sur la dame de Héron.
Le chevalier, négligemment et sans paraître avoir compris l'ironie de Marmion, répondit : « Nul oiseau dont les ailes peuvent s'agiter librement n'aime à demeurer en cage : Norham x est triste; ses tours sombres, ses remparts, ses fossés, tout cela est peu propre à inspirer de la gaieté, et mon aimable dame préfère s'asseoir en liberté au milieu de la splendeur à la cour de la belle reine Marguerite. Nous pouvons tenir à la main la laisse de nos lévriers, et porter sur le poing nos faucons; mais où trouver an lien pour retenir une dame qui aime la vie errante ? Que le faucon sauvage déploie son aile et prenne l'essor, il reviendra près de nous quand il sera fatigué de sa course. »
« Eh bien ! si la gentille dame de Héron demeure auprès de la royale épouse de Jacques, reconnaissez en moi un messager tout prêt à lui porter vos tendres compliments ; car , envoyé à la cour d'Ecosse, je voyage d'après l'ordre de notre monarque, et je réclame de votre grâce un fidèle guide pour moi et pour ma suite. Je n'ai pas revu l'Ecosse depuis que Jacques épousa la cause de ce prétendu prince Warbeck , de ce Flamand imposteur qui sur le gibet paya sa fourberie. Je marchais alors sous la bannière deSurrey, et nous rasâmes la tour antique d'Ay ton (9). »
« Milord ! je suppose que Norham peut fournir assez de guides pour un tel dessein; car il en est ici qui ont pénétré sur le territoire écossais jusqu'à Dunbar; ils ont bu de l'aie des moines de Saint-Bothan et enlevé les bœufs deLauderdalejils ont chiffonné les femmes des bons habitants du Greenlaw, et ils leur ont fourni de la lumière pour mettre leurs coiffes (10). »
« Grand merci, répliqua Marrai on. Si j'étais en guerre je ne voudrais pas de meilleure garde que vos courageux maraudeurs; mais comme je remplis une mission de paix, et que je veux être un messager tranquille pour demander au roi d'Ecosse la raison qui le porte à lever des troupessur tous les points de son royaume, la vue de pillards des frontières pourrait inspirer des craintes au monarque; il pourrait me prendre pour un ennemi affamé de dépouilles et tout prêt à lever la lance : un héraut me suffira pour guide, ou bien un moine qui a juré de rester en paix, ou bien un confesseur, ou un prêtre voyageur, ou même enfla quelque pèlerin considéré comme un saint sur sa route. «
tt l^AftfolON.
Le capitaiiië goûVernëur rêva un moment , et, passant sa main fcttt son Ffont : « Je voudrais bien , répondit-il , trouver ïe guide ttdhtVôtis ârez besoin i mais je puis difficilement ine frrivter <Fun
tfo mes feour&ùivants d'arthes, les seuls hôthméS qui puissent" porter eh sdtéïê mes Messages en Ecosse. Quoiqu'un ëvôqùe ait bâti fce flirt , pteu de teints frères le visitent; notre chapelain lui-même m'e&t pad Vfetitt tioés voir depuis le dernier siégé : il ne pouvait Uhârifer ou dire là messe avec la ratiôh restreinte qu'on nous donnait , et il s'est réfugié dani te tiéf de Durhàm éfih de prier en sûreté pour nos succès. Notre vicaire de Norham est, par malheur, trop bien à la maison pour monter à cheval. L'abbé de Shoreswood(ll) aurait pu gouverner le cheval de guerre le plus fougueux de votre troupe, mais il n'existe pas au château un seul porte-lance qui sache mieux jurer, quereller ou beugler, ou même administrer un coup de poignard. Le frère Jean de Tillmouth serait l'homme qu'il faudrait : frère joyeux à la coupe , hôte bienvenu dans les châteaux et ailleurs, il connaît tous les bons lieux, toutes les villes et tourelles où Ton boit de bon vin et de bonne aie, entre Newcastle et Holy-Rood ; mais le pauvre hbtmnë, par malheur, quitte rarenteftt tes murailles du château depuis que la veiltede Samte-Bède , où il traversa te Tweed pour "enseigner te Qrèéto à la dame Àlison et lui apptendre le chemin du paradis , le vieux fiughtrig le surprit aveè sa femme , et eii flrôre Jban, ennemi) dès querelles, se -sauva au plus vite, laissai* t le frôc et le capuchon sur te théâtre de sa bonne fortune. Lé rustre jaloux a jwré tpie s'il y revenait il ne confesserait plusde pénitefcts. Le fitèrty je «row, !se soucie; peu de parais risqués ; cependant A de peut qtfïi consente à «avèiser «ôtos votre aile. »
X3fll.
Le jeune Selby , assis à table , et découpant les mets pour son
ΈlfTl. ;f7
codent le ta^prit twpectueasewmtib tarife. « Mon ch«r eacle, dit-il , quchuteiir poafftfcaeaade aeuss'il arrivait quelque accident ttcheoxau ton frère iean ^ C'est on boamedonHa parole^st»joye»e,ins»t tut dejeraxetdetoostoers^il fait ei bien sa partie aux éoheaa et aux telles! Il balaie d'un seul ooop fart m Jeu de quittes; personne ufest pans habile à ehaater de coariqae&cbaiBoiB lorsque le temps {ripe lourdement sur le château , et quand la neige de Noël vient aouserepécher de chasser ou d'aller à cheval, et de faire en un mot aucune extorsion du côté de l'Ecosse* La vengeance solennelle du grossier Bughtrig
ne se bornerait plus à retenir un froc. Ainsi donc que le frère Jean continue à ronfler en sûreté et à l'aise au coin de la cheminée , à faire rôtir des pommes sauvages , ou à vider d'amples flacons : il est venu la nuit dernière à Norham un meilleur guide pour lord Marmion» >» — « Ma foi, mon neveu , dit Héron, tu as bien parlé; continue. »
« Ici est arrivé an saint pèlerin , qui a été d'abord à Jérusalem et qui vient à présent de Rome ; il a baisé la pierre du saint eéptflcre, et visité tous les lieux saints de l'Arabie et de la Palestine; il a gravi les hautes montagnes de 1* Arménie oè Ton peut encore voir l'arche de Noé ; il a traversé cette mer Rouge qu'ouvrit aux Hébreux la baguette du prophète; il a vu dans le désert du Sinaï la montagne sur. laquelle Israël entendit proclamer la loi au milieu .des éclairs et de la foudre , des nuages et de l'obscurité ; il rapporte des coquilles.de Saint- Jacques , et il peut nous parler du fertile Montserrat et de cette grotte où se penche l'olive, où fuyant les hommages et àas ragpuNisdftla jeunesse sicilienne , sainte Rosalie se retira vers Dieu (12). »
'XXÏV.
« U a imploré le pardon de ses péchés à la chapelle du vaillant
ft8 MARMION.
saint George de Norwich ,• dans celle de saint Thomàs-d'Aquin à Cantorbéry , à celle de saint Culhbert de Dnrham , et à celle de sainte Bède ; il connaît tous les passages du Nord, il va chercher ses reliques au delà du Forth; il mange peu et marche long- tempe, et il ne boit que de l'eau des ruisseaux ou des lacs. C'est un bon guide dans les plaines et dans les vallées ; mais lorsque notre Jean à vidé son pot d'ale, il ne sait pas plus où il va et ne s'en inquiète pas plus que le vent qui souille et seiréchauffe contre son nez 1 .»
« Grand merci, dît lord Marmion, je me garderai bien d'exposer pour moi le frère Jean , cet homme vénérable , au moindre danger et à la moindre égratignure. Si le pèlerin veut me servir de guide d'ici à Holy-Rood, je récompenserai sa peine et if aura lieu d'être aussi content de moi que de son patron : je ne lui donnerai point de coquilles ou de chapelets ; mais bien de beaux et bons anges d'or. J'aime beaucoup ces saints personnages errants; ils savent toujours charmer les ennuis de la route sur les montagnes par une chanson, une romance ou un lai, un conte joyeux, un bon mot, ou tout au moins une légende menteuse : ils sont de tout cela fournis très amplement. »
« Ah! noble chevalier, dit le jeune Selby (et il posa un doigt sur sa bouche , avec un air mystérieux ) ; cet homme sait beaucoup , peut-être plus qu'on ne peut apprendre par une sainte étude ; il se parle souvent à lui-même , et tressaille en reculant
■ Bnt , wfaen our John hath qnafPd hit aie, As Utile as the wind that blows, And warms itself against his nose, Kens ne, or cares, vhich way ne goes.
Nous avons ici rendu littéralement la comparaison du poète, laissant an lecteur legoiAâelajager. à. M.
comme devant quelque chose d'invisible pour lui. La nuit dernière nous avons écouté à la porte de sa cellule, nous avons entendu des paroles étranges , agréables à dire , et qu'il a murmurées jusqu'au matin , quéique pas un mortel vivant ne fût auprès de lui. Parfois il me semblait que d'autres voix lui répondaient. Je ne puis rien dire; je n'aime pas cela, le frère Jean nous a enseigné qu'il est écrit qu'une bonne conscience exempte de faute ne peut veiller et prier si long-temps ; lui-même toujours s'endort avant que son chapelet ait marqué dix ace ou deux credo (13). »
« N'importe, dit Marmion : par ma foi , cet homme sera mon guide, quand le grand archange, ennemi des hommes, et lui auraient fait pacte ensemble. Qu'il vous plaise donc, gentil jouvencel, d'appeler le pèlerin dans cette salle. » Le pèlerin mandé arriva et prit place. Un noir capuchon lui couvrait le visage , son manteau était également noir, et portait, taillées en drap rouge , les clefs de saint Pierre , sur ses larges épaules (14); des coquillages ornaient son chapeau , le crucifix suspendu à son cou venait de Notre-Dame de Lorette; le voyage avait usé ses sandales; il avait le bâton , la bourse de cuir , la gourde et la cédule; et le rameau de palmier flétri , qu'il tenait à la main , montrait que le pèlerin arrivait de la terre sainte.
Lorsque le pèlerin entra dans la salle, on vit que nul chevalier n'avait une taille aussi haute que la sienne , ni une, démarche plus imposante, ni un regard plus noble et plus fier. Il n'attendit point qu'on le saluât, mais, traversant la salle, il alla se placer en face de lord Marmion, comme s'il eût été son égal. Néanmoins il semblait épuisé de fatigue ; son front était ridé , et quand il essayait de sourire, il y avait dans 9es yeux quelque chose de ha-
'80 ïfrÀflMïOtt.
gard et de sauvage. L'infortuné! la mère quile perta, si èHe avait été ici présente, aurait eu peine à reconnaître son "fils , en Voyant son visage pâle et ses cheveux brûlés par le soteH. Le danger, lés longs voyages, te besoitf ou le malheur changent vite
les traits de oe« qui nous -sont ehers ; lai terreur peut devancer les années et blanchir en un moment la chevelure, comme de pénibles travaux peuvent rendre dores la forûae et la physionomie de l'homme -, la misère peut éteindre la grâce brillante et le feu < des yeux , et la vieillesse ne saurait imprimer de rides aussi profondes que celles du désespoir 1 . Heureux le mortel affranchi de ces peines ! mais ce pauvre pèlerin les avait toutes connues.
Lord Mfcrmkm lui aywrt demandé s'il voulait lui servir de
- guide , le pèlerin accepta <eette tâche. Il tot arrêté qu'à ta pro- ' chaîne aurore on «émettrait en marche ,- et • qu'on prendrait le i ehemradeta coard'Écoese. «Nais j'ai des vœux solennels à rem-
- plir , ajouta le pèlerin , et je ne puis demeurer longtemps en route , il faut que j'aille à Saint- André , prier dans la caverne au bord dé l'Océan, oà le bienheuteux saint Régulas récitait ses cantiques sacrésdepuis le milieu de la nuit jusqu'au lever du jour , et mêlait ses chants au bruit des vagues mugissantes (15). De
* là j'irai à la source miraculeuse de Saint-Fillan, dont les eaux peuvent chasser des rêves frénétiques et restaurer un cerveau dérangé (16). Fasse la vierge Marie que cette caverne ou cette source rende à mon cœur la paix , ou puisse-t-il ne plus battre à l'avenir I »
Alors le page versa dans une coupe massive d'argent la Hbation *du sommeil , dans laquelle se mêlaient le vin et les épicéa , et il
1 Nor does old âge a wrinkle Irace ,
'ttttiaeep? ttaifefptlr. a. m.
l'offrit à genoux à lord Marmion , qui but au bon repos de son hôte. La coupe circula de main en main et fût vidée avec joie; le pèlerin refusa seul d'y Jtottléi* && lèwftsy fcalferé les instances polies de Selby. C'était le signal de la fin du repas v : la foule se tut, les ménestrels cessèrent leurs chants , et bientôt dans le château on n'entendit plus que le pas mesuré de la sentinelle faisant sa garde nocturne.
XXXÎ.
Lord Marmion se leva avec la matineuse aurore. On se rendit d'abord à la chapelle, et, après que les prières du matin eurent étéeipédiée»èia:bâte parte frère Jean, te chevalier et Técuyer prirent un repas ôsbstantiél.Les trompettes de lohi Marraiôû sonnèrent le bôtde&Ue; on vida le coup de rétrier ; une courtoisie aimable continua derégûer entre le baron et son hôte-, lord Marmion exprima de; grands f emeroîoaents au gouverneur , qui , de son côté, s'excuda«tec nioctastiô, jtfeqû'à ce qu'enfin , le cortège ayant défié, le nfcbte iord par tit Aussitôt les trompettes résonnèrent de nouveau ; le canon des muraîBeô gronda et ébranla te mage i'Bdèsse ( autour «tu château s'élevèrent des masses de fumée awssi Manches $»e ta neige* lesquelles enveloppèrent les touilles , jtasqa^u moment où elles sTékiwcèrent^n tourbillons dans les airs, 4t rencontrèrent la bifefe de la Tweed , qui les emporta et éekirck 4e nouveau l'horizon .
CHANT SECOND
U Cornant.
INTRODUCTION