‹ Marrakech; ou, Les seigneurs de l'AtlasChapitre 5 sur 17 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DÈS que j'ai aiis le pied hors de ce précieux palais, c'est l'infinie monotonie de la brique, de la boue sécliée; un labyrinthe de murs ruineux, gonflés de ventres énormes, fendus d'inquiétantes lézardes, ravinés à leur base par le torrent invisible du temps et qui tiennent debout par miracle; un dédale inextricable de ruelles, d'impasses, de longs couloirs voûtés, ramifiés à l'infini, qui vont se perdre comme des racines dans la masse confuse des maisons Partout des blocs éboulés où se dessinent encore les formes d'une habitation, des vestiges de vie semblables à des coquilles vides ; de grands espaces à demi abandonnés et où pourtant on vit encore

comme après un cataclysme; et à côté, de solides demeures qui ont un air de forteresse et de mystérieuse puissance, avec des vestibules profonds où dorment les esclaves, entre les grandes jarres pleines d*eauet les marches de brique qui servent de montoir aux cavaliers. Partout des portes mystérieuses, dont on ne sait jamais si elles vont s'ouvrir sur un palais, une masure, une écurie ou le tombeau d'un saint; de petites armoires de murailles, protégées par un auvent, où tout le long du jour un marchand vient s'incruster au milieu de ses pains de sucre, de sa bougie, de son beurre rance, derrière sa balance rouillée. Parfois un fronton magnifique, avec tout un riche décor de zelliges, de fleurs et de cèdre sculpté : ce n'est qu'une fontaine, dont la splendeur étonne dans cette ville où se marque si peu le goût de séduire le passant, et qui semble quelque souvenir d'une cité disparue, de proportions grandioses si tout avait été ainsi à la mesure de ces fontaines.

LA PLACE FOLT^E 97

Des 'quartiers couverts de roseaux qui menacent de vous tomber sur la tête, comme tout le reste de la ville, abritent du soleil une activité primitive qui n'a pas varié depuis des centaines d'années. Depuis des centaines d'années, les vendeurs de babouches brodées comme des mitres, sont accroupis dans leurs armoires semblables à des tabernacles étincelants d'argent et d'or; les dévideurs de soie font tourner leurs roues léj^^ères au milieu de leurs écheveaux couleur d'oiseaux des iles ; les teinturiers suspendent au-dessus de la rue leurs laines et leurs soies encore fumantes de la cuve. Depuis des centaines d'années, le marchand de dattes, de noix, d'amandes, de henné, pareil à quelque idole rustique, trône au sommet de ses denrées, sa cuiller de bois à la main pour servir de loin le client; des forgerons dignes de Velasquez, le torse nu, les cuisses nues, déjà sombres de peau, rendus tout à fait noirs par la poussière du charbon, ruissellent de sueur devant leur

forge et dépensent la force d'Hercule pour battre quoi? le petit fer d'un âne ; des enfants pleins d'adresse, gracieux en dépit de la teigne qui les ravage presque tous, tiennent jusqu'au milieu de la rue l'extrémité des longs fils avec lesquels leur patron, assis dans l'ombre de l'échoppe, fabrique la couture d'un burnous... Depuis des centaines d'années ! Et peutêtre demain toute cette petite activité va s'effondrer en poussière. . . Je ne sais pourquoi les peintres, éternellement tourmentés de vastes ambitions, dédaignent comme des sujets trop au-dessous de leur génie, ces petits métiers charmants. Ah! puisse-t-il venir tout de suite, l'humble peintre génial de ce vieil Orient famiher! Tous les petits métiers l'attendent; et dans le moment même où j'écris, j'entends la voix de cet autre artisan de la vie marocaine, la voix de l'âne qui l'appelle!

Parmi ces trafics puérils, sous ces treillages de roseaux dont les lumières et les ombres font les déhces du photographe.

circule 'Une foule prodigieusement vivante, fruste, primitive, souple et brutale à la fois, d'une familiarité plaisante que rien de vulgaire n'enlaidit, l'œil éveillé, les dents blanches, le corps divinement à l'aise dans sa demi-nudité ou ses lainages aux grands plis. Gens venusr de tous les coins du bled, de la montagne et de la plaine, avec leurs ânes, leurs mulets et leurs chameaux, Berbères, Arabes, nègres et deminègres, toutes les teintes de la peau, depuis la couleur du pain cuit jusqu'à « la plus sombre livrée du soleil éblouissant ». Tout ce monde vaque à ses affaires, le poignard au côté, avec des pensées, des désirs, des besoins que je traverse sans les comprendre. Et toujours le flot me ramène à une place étrange, où cette population rustique, chaque jour renouvelée, s'arrête et s'accroupit autour de choses qui l'enchantent et me retiennent, moi aussi, pendant des heures, attentif comme un ignorant devant un grand livre ouvert.

Oui vraiment, une place étrange, sur

laquelle les montagnes, accourues du fond de l'horizon, penchent leurs têtes neigeuses pour regarder ce qui se passe. Toute l'âme du Sud est là, dans ces cercles de curieux qui, du matin au soir, se font et se défont autour de quelque bateleur, avec la mobilité des fumées. Il y a le cercle du charmeur de serpents qui s'agite, l'écume aux lèvres, les cheveux dénoués, devant un sac de cuir d'où sortent des cobras noirs et luisants. Le charmeur bondit autour d'eux, les excite avec sa baguette, célèbre en litanies violentes et rapides les mystérieuses vertus de la terre, dont les serpents sont pénétrés plus qu'aucun être vivant. Furieusement il fait rouler sur son cou sa tête aux longs cheveux épars, pendant que les tambourins s'exaspèrent et que les bêtes, dressées sur leur queue, suivent ses gestes frénétiques d'un lent mouvement imperceptible et souverainement orgueilleux de leur tête plate et gonflée. C'est une cérémonie sacrée, avec vingt péripéties, dont je ne saisis que

le dehors, qui se développe devant moi. A tout moment le magicien laisse là ses reptiles, pour s'intéresser aux secrets d'un homme ou d'une femme qui sort de l'auditoire, s'approche et lui murmure quelques mots à l'oreille. Enfin, dernier acte du drame, le furieux mord le'serpent et mord ensuite son client, ou bien saisissant le cobra, il le lui place dans les mains, puis sur le cou, comme un foulard glacé, puis sur la poitrine, entre le burnous et la peau, et l'abandonne là, tandis que dans le délire des tambourins déchaînés et de tout le cercle qui prie, il se démène, vocifère et couvre son patient de la bave magique qui mousse en abondance à ses lèvres. . .

Il y a le cercle de celui qui arrive à cheval au milieu d'un public déjà rassemblé par un compère, et qui du haut de sa bête efflanquée, marquée sur son poitrail blanc d'une main de Fatma peinte au henné, se met à faire un discours. Que dit-il du Ijaut de sa bête? Ma foi, je n'en sais rien ! Je le vois tout à coup sauter à bas

lOÎ MABRARECH

de son cheval, et comme pris d'im furieux délire, ou plutôt d'un extraordinaire appétit, se jeter sur un sac plein d'herbe et de paille hachée, attaché au cou de sa monture, le vider sur le sol, triturer l'herbe et la paille, et convoquant tous les saints de l'Islam au festin qu'il prépare, avaler le tout (je l'ai vu) à l'admiration du public et à la consternation du cheval qui, la tête penchée sur son maitre, regarde avec mélancolie ce picotin si inutilement gaspillé...

Il v a les cercles des conteurs, toujours élégamment vêtus, qui débitent d'interminables poèmes, en frappant à intervalles réguhers deux ou trois coups nerveux sur un petit tambourin, pour bien scander le rythme et réveiller les esprits. Les longs gestes des doigts, de la main et des bras, les attitudes du corps si parfaitement élégantes, les longs glissements sur les pieds nus ou le passage balancé d'un pied sur l'autre, toute cette mimique est fixée par une caïda séculaire, comme dans une

figure de ballet. Et les fureurs voisines du charmeur de serpeuts ne gênent ni les auditeurs, ni le protagoniste de ce divertissement raffiné et, mon Dieu, tout académique. . .

Ily a le cercle du commentateur aveugle, qui arrive, vers les cinq heures du soir, du lointain Sidi-Bel-Abbès, une petite gaule d'une main, et s'appuyant de l'autre à l'épaule de l'enfant qui voit pour lui. Au pied d'une haute muraille nue, devant laquelle se tient chaque matin le marché aux pigeons, ses auditeurs accroupis, immobiles et silencieux, l'écoutent réciter sa leçon sur les Traditions du Prophète, d'une voix monotone, toujours pareille à elle-même comme les lettres d'un alphabet, sans s'arrêter une seconde ni faire un autre mouvement que de remuer du haut en bas, avec une autorité mécanique, la petite baguette dont il s'accompagne en marchant, et qui semble le conduire dans ses explications comme elle le conduit dans la rue.. .

Il y a le cercle de Belrout « la Puce », surnom qui exprime à merveille tout ce qu'il y a de mobile, de rapide, de piquant, d'insaisissable dans cet incomparable comique. Le ventre déjà un peu lourd sous un jersey de coton blanc, un étroit caleçon de couleurquis'arréte à mi-cuisses, les jambes nues et spirituelles, une chécbia pointue sur la tête comme un serviteur du Sultan, l'œil d'une merveilleuse malice, la barbe poivre et sel d'un homme qui aurait oublié de se raser depuis quatre ou cinq jours, tel apparaît Belrout, comédien, mime surtout, dont les expressions de visage, d'une variété infinie et jamais grimaçantes, sont de l'art le plus parfait. Quand il ne rit pas, on sourit; quand il sourit, on rit; quand il rit, on éclate; quand il pleure, c'est du délire! Dans cette ville où les mendiants pullulent, avec des tares d'une hideur incroyable, il a l'ait de découvrir, chaque jour, un mendiant plus extraordinaire que les autres. 11 le présente à son public, trouve le

moyen de le faire plaindre et de rire de lui tout ensemble, appelle sur son infortune la miséricorde d'Allah, et place la représentation sous le patronage du malheureux qui, tout le long de la séance, reste là, accroupi dans ses haillons, entre les babouches du farceur et son orchestre de tambourins, exposé aux yeux de tous avec ses plaies, ses bosses, ses ulcères, sa folie, ses yeux perdus, jetant par sa présence, au milieu de scènes comiques d'une paillardise énorme, une note d'horreur qui n'étonne personne, mais qui parfois m'a forcé bien à regret,je l'avoue, de m'écarter du spectacle...

Il y a le cercle des danseurs chleuh, petits garçons ou jeunes gens vêtus de longues robes aux manches largement ouvertes, sur lesquelles est jetée une chemise blanche, transparente, qui tombe jusqu'à leurs pieds nus. Avant la représentation, enveloppés des pieds à la tête dans leurs djellaba grisâtres, le capuchon rabattu sur le visage, ils se dérobent

aux regards comme des objets d'un grand prix. Aux premiers sons du tambourin ils se lèvent, se dépouillent de leur terne chrysalide et apparaissent dans tout l'éclat de leur toilette équivoque. Une ceinture de femme, en cuir brodé de soie, marque légèrement les hanches. Au côté, le poignard et la boite d'argent où l'on enferme les amulettes, suspendus à l'épaule par une cordelette brillante dont la teinte s'harmonise avec la couleur de la robe. Les sourcils, les yeux peints; un anneau d'argent à l'oreille ; sur le front,"1ine frange de cheveux bien lustrée avec de l'huile; deux grosses touffes sur les tempes; le reste de la tête rasé, à l'exception de deux longues tresses noires, emmêlées à des fils de laine qui se balancent sur le dos ou sont retenues à la ceinture. Les uns chantent d'une voix de tête suraiguè, que je n'ai entendue qu'ici, en s' accompagnant de rebecs à la musique aigrelette ; les autres dansent, en faisant sonner entre leurs doigts ti'ois castagnettes de bronze,

grandes comme des pièces de deux francs, lis dansent ou plutôt tournent en rond, dans une promenade rythmée par un léger mouvement des chevilles et des hanches, que vient rompre tout à coup une A^olte rapide, un brusque tournoiement du corps, un battement plus pressé des pieds nus sur la terre fraîchement arrosée. Par moments ils dessinent quelque figure compliquée de ballet, s'emmêlent, se perdent, se retrouvent, tombent aux pieds les uns des autres, se relèvent, s'offrent et se refusent dans un mouvement un peu sauvage, plein d'harmonie, de grâce, de sensualité voilée. Puis tout revient à son rythme paisible, et la lente promenade à petits pas frémissants reprend sa cadence balancée, dont le charme monotone tient Tauditoire envoûté. Envoûté, jusqu'au moment où l'un des petits danseurs, apercevant dans le public un personnage, qu'à sa mise il juge fortuné, bondit, s'élance hors de la ronde, va danser pour lui seul, et reçoit, un genou en terre, une pié-

cette d'argent mouillée de salive sur le front.. .

Il y aies bateleurs du Sous, disciples de Si Ahmed ou Moussa, acrobates sans grand génie, qui feraient sourire de dédain lui amateur de music-hall. L'autre jour, dans la foule des burnous qui les regardait travailler, j'avisai deux spectateurs vêtus de redingotes minables, la tête couverte d'un fez, les pieds dans des godillots. C'était eux-mêmes des Ahmed ou Moussa qui avaient fait le tour de l'Europe dans un cirque forain, usage assez fréquent chez les gens de leur confrérie. Ils me racontèrent leur histoire. Quand la guerre éclata, leur cirque était à Lille : les xAllemands les firent prisonniers; on les dirigea sur Dresde. Et là, ô merveilleuse utilisation des compétences, ces baladins du désert furent employés pendant quatre ans à enseigner les dialectes du Sous à un professeur boche !

Vingt autres cercles se font et se défont autour de quelque extravagant, qui avale

à longs traits de l'eau bouillante ou s'enfonce clans la bouche un cierge de poix enflammé. Et ces danses, ces chants, ces musiques, ce bruit sourd de tambourin, ces contorsions et ces sorcelleries, tout ce plaisir primitif, dans ce qu'il a de plus égaré, de plus trouble, -de plus voluptueux, s'accompagne inlassablement de. gestes religieux, de mains tendues pour la prière, d'invocations à Allah et à tous les saints de l'Islam, d'amen et d'amen encore mille fois répétés, de doigts qu'on poite à sa tête, puis à son front, puis à ses lèvres, de saints et de baisers à l'infini mystérieux — en sorte que cette place folle entend, au long de la journée, plus de prières qu'une mosquée!

Ce Heu de la frénésie et du plaisir, on le nomme Djema El Fna, la Place de la Destruction, soit pour rappeler le souvenir d'une formidable tuerie qui aurait eu lieu en cet endroit, soit à cause de l'habitude qu'on avait jusqu'à ces dernières années, d'accrocher là les têtes

des rebelles, au-dessus d'un mur bas et ruineux. Mais les indigènes l'appellent plus ordinairement la Place du Trafic, pour éviter le mauvais sort qui ne manque jamais d'accompagner certains mots de fâcheux augure, et parce qu'en effet cent commerces s'agitent autour de ces spectacles et de ces sorcelleries. Marchands de tout et de rien, d'orge verte, de pierres à chaux, de bois ou de paille hachée; marchands d'oranges, de citrons, de cédrats, de grenades, de tous les produits d'une terre qui abonde en fruits admirables, dès qu'un peu d'eau vient la toucher; vendeurs de cotonnades, qui se promènent en tenant étalée, comme un épouvantail, entre leurs bras étendus, quelque chemise à la mode marocaine, où l'on voit, peinte en bleu, la marque de fabrique, un lion, une locomotive, ou quelque Liberté avec sa torche et ses rayons; fripiers et brocanteurs, qui surveillent de l'œil une quincaillerie sans nom, des caftans usagés, de vieilles soies

passées, des restes^ d'uniformes qui ont vu la Somme et Verdun, quelques boîtes de conserves vides, une gamelle, quatre boutons et quelquefois moins encore ; femmes effondrées dans leur haïk devant des bracelets d'argent et de petites pièces de cotonnade blanche brodées de quelques fleurs de soie ; matelassiers qui épouvantent, quand on voit auprès d'eux les lots de chiffons innommables dont ils bourrent leurs coussins ; savetiers à l'abri de quelque vieille natte suspendue à un roseau, qui s'emploient à redonner la vie à des babouches sans espoir; vendeurs de sauterelles cuites, d'œufs durs saupoudrés au cumin, de pois chiches, de fèves grillées; marchandes de soupes accroupies devant une énorme marmite entourée de chiffons graisseux ; marchands d'agglomérats étranges faits de sucre, d'amandes, de dattes, de raisins et de grains de millet; droguistes assis devant des peaux de chat, des ailes de chouettes et d'éperviers, des dépouilles

de bétes séchées, lézards, caméléons aux vertus infinies comme leurs couleurs changeantes ; sorcières du Sénégal qui brassent l'avenir dans une corbeille d'osier, pleine de coquillages blancs et noirs, affreux à voir comme des yeux arrachés à leurs orbites; mendiantes rassemblées autour d'un méchant tapis, sur lequel on jette en passant un sou, un fruit, un oignon, et dont les voix plaintives chantent, pendant des heures, d'interminables litanies qui vont rejoindre dans la confusion des bruits tous les autres appels à la divinité . . .

Aux deux bouts de la place, de grandes tentes, rapiécées comme un burnous de Derkaoui, forment des îlots de chiffons parmi cette foule mouvante. Là-dessous, l'amateur de guimbri pince son instrument devant une tasse de thé; le joueur d'échecs se penche au-dessus de son échiquier; les fumeurs se passent entre eux la petite pipe de kif; le barbier rase une tête avec un méchant couteau de

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fer qu'il aiguise sur son bras, et auquel il donne un fil que n'a jamais connu mon rasoir, ou bien il fait une saignée, pose une ventouse, opère un œil avec une désinvolture à vous donner la. cbair de poule.

Sous les pieds de la' foule, monte une poussière qui sent le crottin d'âne, la sueur et la paille bâchée, comme tout le reste de la ville, et qui devient parfois si épaisse au crépuscule, à l'heure de la grande frénésie, que tout cela prend un air de cauchemar et de fantasmagorie. On dirait que ces formes blanches qui circulent silencieusement ou restent debout immobiles ne sont plus retenues à la réalité que par le bruit forcené des tambourins. Quelques bâtisses européennes, jetées au bord de cette place, prennent leur part à ce délire. La Poste avec sa couronne de fils, le magasin du quincaillier, la Banque, le Glacier et le Café de France, la boutique de cycles, les voitures de louage avec leurs cochers espagnols, toutes ces choses d'un

autre monde paraissent alors aussi baroques que les cercles magiques, et le directeur de la Banque et la marcbande de journaux plus fous encore que le sorcier!...

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