‹ Mars; (volume 2)Chapitre 4 sur 91 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA GUERRE NUE

L'homme est flexible et gouvernable dans ses passions et ne 8*en doute point. Tous nos maux humains sont en raocourci dans ces que-^ relies Q^ régiment à régiment, où c'est en vérité la veste Ueue qui insulte, provoque, rosse et finalement hait la veste noire. Un hasard d'écritureç pouvait jeter le même honune dans l'autre camp. Comment les^ choses se passent, en ces étranges guerres, chacun le divine sans peine. Une première bataille, dont les causes n'importent guère ; des vaincu?» qui se croient méimsés ; des vainqueurs qui ae savent menacés. Ces opinions sont dans les regards, d'abord supposées, et ausutôt viraties, t^s pA$si<ms ont cclii de redoutable qu'elles sont toujours jûsti* fiéei piir les ÊBÛts ; si je crois que j'ai un ennemi, et si l'ennenû supposé le tait, nous voilà ennemis. Et le naïf, en racontant ces guerres folles et ces imaginations vérifiées» dira toujours : « N'avais«*je pas raison de le haïr ? »

Le plus étonnant c'est que cette haine, surtout collective, est aimée ; toute mauvaise humeur, toute colère, toute tristesse trouve là ses rai* sons, et aussi ses remèdes. Par un effet contraire, les alliés sont déchargés des aigreurs quotidiennes, parce que l'ennemi répond de toutes. Ainsi chacun aime bien, par cette haine mise en système. On voit que de telles guerres n'ont d'autres causes qu'elles-mêmes, et qu'ainsi elles iraient toujours s'aggravant si quelqu'un avait intérêt à les faire durer ; heureusement cela n'est point.

Les querelles de race n'ont point de causes plus sérieuses, mais durent souvent plus, parce que le teint, la forme des traits et le langage tiennent' mieux à l'homme qu'une veste bleue ou noire. Observez qu'alors, par le même jeu des passions, la forme du nez et la couleur des cheveux sont comme des injures que l'on se jette aux yeux sans y

penser. Si les luttes politiques s'y acon^lent. voiU une nation coup^

en deux.

r que les luttes politiques elles-mêmes dépendent des imagination y fait la folle, et bientôt la mâchante ; et tailles ne dépend point Kulement des intérêts. Si chaque costume, nous serions condamnés à la guerre civile, lifférence de langue, ou seulement d'accent, et quelques ttant les passions, ce sera une politique de fous. La paix sans autre expédient, supprimerait presque toutes les lits, surtout parce qu'au lieu de chercher à exercer le m travaillerait contre les abus du pouvoir ; ainsi ite République, d'où l'on voit que le droit des races k se i-mêmes est, de toutes les manières, directement con-

marque, nous voilà ramenés à considérer ces peuples uples ennemis, d'après les mêmes idées, qui trouvent le application. Et puisque la haine nourrit la haine, et re, et la guerre la guerre, tout ce que l'on dit des intérêts st à côté de la question. C'est comme d l'on disait que lont ennemis par les intérêts contraires ; mais ils sont qu'ils plaident, parce que les fatigues, les soucis, les Mcun sont inscrites au compte de l'autre. Chacun sait ' ]ui plaide contre moi ne peut avoir le nez bien fait. Telle lituatîon après ce ruineux et sanglant procès entre deux lassion, disait Spinoza, cesse d'être une passion dès que ssons adéquatement tes causes.

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