‹ Mars; (volume 2)Chapitre 43 sur 91 · DE LA DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

DE LA DÉMOCRATIE

J'ai souvent observé chez nos paysans de TOuest un air froid et . fermé, sans cordialité aucune» pendant que le Préfet ou quelque autre fonctionnaire leur faisait des phrases. Cela m*a aidé à comprendre les andens temps où Ton vivait beaucoup pour soi, sous la maxime i( « Notre ennemi, c'est notre maître. » Les pouvoirs alors étaient redoutés/ enviés, acclamés, selon l'occasion ; mais personne n'aurait eu l'idée de les aimer. Les pouvoirs comptaient parmi les maux auxquels il faut bien se résigner. Et il semblait naturel de faire le pauvre pour payer moins. Chacun résistait, et cherchait son avantage. Clergé et noblesse maintenaient leurs privilèges ; ainsi l'exemple venait de haut. Ceux qui se risquaient au métier de guerre, que ce fût d'Artagnan ou im homme de troupe, prenaient cela comme un travail à profits illimités ; aussi la guerre allait son petit train ; et personne n'y mettait de zèle, si ce n'était dans la chaleur de l'action, et par l'effet bien connu d'une peur qui se tourne en colère. Au temps de la Ligue» un capitaine illustre passait d'un parti à l'autre, avec ses hommes. Aussi le métier des armes n'était

•bas plus honoré qu'un autre ; et Louis XIV ne songeait seulem^tpas

( a enrôler pour la gloire un marchand de drap dont le commerce allait

I J bien. 11 s est donc produit un grand cnsuigement j>uisgu auipurd nui

* FoSS" prend des marchands, des ouvriers, des j)rêtres, guî n*ont tous à attendre que ruine, Blessure et mort : sans compter la vie de caserne, qui est un mal prochain, visible et sans compensation.

On raconte aux enfants l'histoire des serfs qui battaient l'eau pour faire taire les grenouilles. Mais j'ai tenu, moi qui suis im homme libre, l'écouteur d'un téléphone contre l'oreille d'un capitaine, sans l'y appliquer, parce que ce contact lui paraissait impur et qu'il avait des crampes dans les bras. Qen'est pas grand'chose qu'un capitaine ; mais >endant ces années de guerre il y eut plus de distance a un homme de

troupe à un ca

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lue du serf au seigneur autre^. J*ai vu des iches rSHKnSaf ia uiTaBn crayeux, parce que

garnir ae pj le commandant s*était blanchi les coudes ; ces hcmunes donnaient par terre et sans aucun abri. Je signale ces petites choses parce que tous ceux qui écrivent siu* la guerre sont des officiers qui ont profité de ces travaux d'esclaves, sans seulement y faire attention.

Ici apparaissent les effets d*un état violent» et qui aurait dû être transitoire. La Révolution nie l'organisation ancienne, et, en ce péril*» leux passage, appelle tous les amis de la Liberté ; l'esclavage, étant volontaire, est entier, sans réserves. Mais l'art militaire reprend cette poussière d'hommes, et l'organise selon la tradition de Frédéric ; car h métier a ses règles, et qui les néglige est battu. De JàjmJttQÎgii^ ^age, qui commenœ**aYêcTK^nseiIae révisiom rendant que i étais sert; sans avoir même le droit de cnmuer, car cela importunait mon maiti^ le recteur de Lille occupée avait une auto à ses ordres, et "^^aitjtej3^t ^^ de remontrance. Il se retrouvait, lui, dans

[uiielrs au temps des rois absolus. Théoriquement sans aucun droit, mais résistant par sa fonction, par son savoir, par les intérêts qu'il représentait. Nous autres, au contraire, théoriquement libres, et égaux contre égaux ; en fait, esclaves, comme des hommes ^^JMtéMtf pai^. Preuve sensible de cette loi humaine d'après la^auelîefjSn^ Réelle suppose une organisation constamment mÉfe ee conTrylir aoimwM rM .e%-je n en vois qu une raible esquisse dans les corporations ouvrières; l lïnique espoir des dtoyens. ......-^«-««^^

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