PÊCHERIES DE MORUES
Réunion 1867-1876
stationnaires et à peu près insignifiantes avec l'Inde française. A la Réunion, le mouvement des navires marseillais l'emportait, mais de peu, sur celui des navires bordelais. Dans l'Inde, Bordeaux, comme Marseille, continuait d'envoyer, suivant les années, quelques navires» Quant aux nouvelles colonies acquises sous l'Empire et situées dans les mers où conduisait le canal, c'est à peine si elles figurent dans les statistiques du ministère du commerce.
Mais il est temps de remarquer que celles-ci risquent de causer de singulières méprises, si on ne les examine pas de près, à partir de l'organisation de nos lignes postales régulières qui fonctionnaient déjà à peu près toutes autour de 1870. En effet, dans le tableau général du commerce, la provenance et la destination d'un navire sont établies d'après le point le plus éloigné où il se rend et d'où il vient. Aussi, dans le mouvement entre Marseille et la Réunion, les navires des Messageries Maritimes ne sont pas comptés ; ils figurent au tableau de la navigation entre Marseille et l'Ile Maurice, terminus de
cette ligne postale. Il en est de même des navires de cette compagnie qui jouent un si grand rôle dans nos communications avec l'Indo- Chine; leur tonnage grossit le chiffre du mouvement entre la France et le Japon. C'est ainsi que, faute de réflexion, l'influence du canal de Suez risquerait de passer inaperçue si Ton n'était immédiatement surpris de ne constater, après 1869, aucun développement dans nos relations avec nos colonies de l'Océan Indien. Ici c'est au détriment de Marseille que l'erreur serait commise ; ailleurs, au Sénégal par exemple, c'est à la fois son rôle et celui de Bordeaux qui paraissent diminués, puisque le passage mensuel des bateaux des Transports Maritimes ou des Messageries à Dakar ne laisse aucune trace dans les statistiques.
Dans la troisième période décennale (1887-96), Marseille a pris une part tellement prépondérante à la navigation entre la France et ses colonies qu'on peut dire que cela lui donne parmi nos autres ports un rôle tout à fait spécial : c'est le port colonial de la France. Plus du
Mouvement de la navigation entre la France, Marseille, Bordeaux,
Le Havre et les Colonies françaises.
(milliers de tonneaux de jauge)
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tier9 et, certaines années (1888 et 1889), plus de la moitié de ce mouvement maritime particulier en part ou y aboutit. L'examen du
tableau graphique qui le résume est tout à fait significatif : les lignes qui représentent la navigation marseillaise et celle de toute la France sont presque rigoureusement parallèles, comme si les fluctuations de tous les autres ports n'avaient pas assez d'importance pour qu'on pût retrouver trace de leur influence dans les fluctuations du mouvement total. Voici les chiffres qui représentent l'activité de nos trois grands ports pendant ces dix années : Marseille» 2.467.770 tonneaux ; Bordeaux, 1.321.846 ; Le Havre, 696.750. Pendant cette période, Dunkerque, noire quatrième grand port, est entré en relations suivies avec nos colonies, surtout avec l'Algérie. En dehors de celle-ci, le mouvement de sa navigation coloniale s'est élevé dans le même temps à environ 430.000 tonneaux. Comme le chiffre de l'ensemble de nos ports a atteint seulement 6.136.756 tonneaux, les trois grands portsont centralisé à eux seuls plus des deux tiers du mouvement total (4.486.366 tx), proportion supérieure encore à celle de la période 1867-76. L'activité de la navigation a été surtout très grande entre Marseille et nos nouvelles colonies d'Orient : établissements d'Océanie (674.403 tx), Indo-Chine (324.732 tx), et, dans les deux dernières années, Madagascar.
Océanie 1887-1896
Indo-Chine française 1887-1896
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Il est même bon de faire remarquer encore que, par suite de l'omission des lignes postales de l'Indo-Chine et de Madagascar, ces chiffres sont loin de donner une idée suffisante des relations de Marseille avec l'Indo-Chine et Madagascar. La même numération exagère au contraire l'importance de ces relations avec la Nouvelle- Calédonie, parce que Nouméa est le terminus de la ligne d'Australie.
Non seulement Marseille, heureusement située à proximité de Suez, avait presque seule profité du grand courant maritime créé par la fondation des colonies nouvelles d'Orient, mais elle avait accaparé aussi les communications avec nos anciennes possessions de l'Océan Indien. Tandis que, dans la période précédente, Bordeaux envoyait encore des navires à la Réunion et dans l'Inde française, elle avait cessé à peu près complètement dans ces dix dernières années.
Réunion 1887-1896
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Inde 1887-1896
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En même temps Marseille avait maintenu ou étendu ses anciennes relations avec nos colonies de l'Atlantique. Même elle s'était créé dans nos établissements de la Côte occidentale d'Afrique un
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