‹ Marseille révolutionnaire; l'armée-nationChapitre 19 sur 44 · L.a Plage de Montredon en · texte numérisé non relu

L.a Plage de Montredon en

(Collection du Musée Borély)

fallait d'un seul coup 20.000 hommes en armes, Marseille les lèverait en un instant. Cet amas de troupes, accumulées sans raison plausible, vivant sans emploi utile et dans la plus grande oisiveté épuisent nos forces. En conséquence, le licenciement s'impose (1). »

(1) Archives des Bouches-du-Rhône. Série L. Sections de Marseille, f/iasse non classée.

La motion initiale, transformée en pétition, passa bientôt de section en section. Toutes, cependant, n'osèrent donner à cette mesure néfaste leur entière adhésion ; trois d'entre elles passèrent à l'ordre du jour; quatre autres, dont la section 11, demandèrent le remplacement par un bataillon de volontaires ; les 17 dernières votèrent le renvoi au Comité général. »

Celui-ci ne se sentit pas assez fort, sur le coup, pour ordonner la dispersion des volontaires. Ce ne sera que le 31 mai, seulement, que le directoire du département, « se trouvant déchargé de sa responsabilité par le vœu unanime des habitants », fera droit à sa requête. A cette date les paysans seront renvoyés dans leurs foyers ; ils recevront auparavant l'ordre de déposer leurs armes qui ne feront que changer de mains ; elles serviront quelques jours plus tard à armer les bras des sectionnaires contre la Convention.

Il était un autre danger plus grave, assurément, que celui de l'organisation des citoyens-soldats réunis dans la banlieue pour la défense du territoire. C'était la présence à Salon, du Comité jacobin. Les membres de cette assemblée prennent, à leur tour, des décisions, faussent l'esprit public, paralysent le mouvement. Ils ont même fait paraître, le 10 mai, un programme de revendications soi-disant populaires. N'y a-t-il pas, à Tarascon, une force armée à leur disposition, le bataillon de Vaucluse, dont le chef est jacobin !.. . Celui-ci a même reçu des réquisitions de leur part. L'œuvre des commissaires que les sections marseillaises ont envoyés dans les départe mer.ts voisins et notamment dans le Gard, sera sûrement compromise. Déjà on annonce que plusieurs d'entre eux sont arrêtés ou sur le point de l'être. Il importe de dissiper au plus vite ce rassemblement suspect en désaccord flagrant avec les principes de la souveraineté nationale.

Le 14 mai, une députation, vient, au nom du Comité général, instruire le département du danger que court la chose publique. Le directoire doit répondre incontinent à un questionnaire qui lui est soumis au nom du peuple. « Avez-vous connaissance de la délibération du 10 mai, prise par le Comité central de Salon ? demande le Comité général des trente-deux sections. En avez-vous poursuivi les auteurs ? Avez-vous fait

connaître à la municipalité de Salon l'erreur dans laquelle elle est tombée en méconnaissant l'étendue des pouvoirs du tribunal populaire"? Avez-vous désabusé cette municipalité sur les sentiments qu'elle prête aux sections de Marseille que la calomnie s'attache à présenter sous un aspect contraire à l'amour des lois et à la conservation de l'unité et de l'indivisibilité de la République ? L'administration a-t-elle pris des mesures convenables pour informer le général Moisson de l'état politique du déparlement et des sentiments qui animen les Marseillais ? Cet officier a-t-il reçu l'ordre d'en donne ' connaissance à sa troupe ? «

Pour terminer, le Comité général « laisse à la responsabilité de l'administration du département tous les événements qu pourront résulter d'un retard quelconque dans l'expédition des ordres qu'elle doit donner et des mesures qu'elle doi prendre pour ramener la paix publique dans le département» assurer la liberté individuelle, faire respecter les lois et conserver l'unité et l'indivisibilité de la République jurées par tous les Français... (1). »

Ainsi mis en demeure, le directoire du département se résolut à sévir. Le jour même il fit paraître l'arrêté de dissolution du Comité central de Salon. Puis il nomma deux commissaires chargés, avec l'aide de la force armée, de disperser les rassemblements. 600 gendarmes marchèrent sur Salon. A leur approche, les Jacobins se séparèrent et disparurent. On exerça des poursuites; les plus compromis d'entre eux furent jetés en prison en dépit même de l'administration du département qui n'aurait point osé aller jusque-là. C'est ainsi que furent incarcérés trois membres du directoire, un juge au tribunal du district, le président même de ce tribunal. En dehors de ces magistrats, quinze à vingt personnalités politiques des plus importantes furent également mises sous les verrous. La terreur était à l'ordre du jour.

Ce n'est plus, d'ailleurs, le moment des demi-mesures et puisqu'on a dissipé l'assemblée populaire de Salon, pourquoi

(1) Archives des Bouches-du-Rhône. Série L. Sections de Marseille. Liasse non classée.

dès lors conserver dans les murs de la ville le Club de la rue Thubaneau? A partir de ce jour ses instants sont comptés. En attendant de le dissoudre ses membres sont mal accueillis, voire même ignominieusement chassés, lorsqu'ils se hasardent dans les assemblées des sections où domine de plus en plus l'influence des suspects, des modérés, des riches, des ci-devant privilégiés et des citoyens naguère désarmés (1). Les Jacobins traqués se lamentent. « Les Girondins triomphent dans celte ville . Le parti Barbaroux est maitre de

la ville », écrivent-ils, le 12 mai, à leurs frères et amis de Paris (2).

Plus rien ne lui résiste, en effet. Il fait maintenant œuvre de despote. Par décret en date du 12 mai, la Convention a suspendu de ses fonctions le tribunal populaire ; le Comité général reçoit connaissance, le 17, de la teneur de ce décret ; il passe outre et décide que la mission de ce tribunal continuera. Il y a des accusés dans les prisons, il faut bien les juger. On ne peut réellement songer à reporter ses attributions sur le tribunal du district puisque les juges mêmes de ce tribunal sont emprisonnés.

Le même jour, le Comité général va encore plus loin : il confisque le produit des impôts, « considérant, dit-il, que les mouvements manifestés dans l'intérieur de la République et les rassemblements suspects peuvent nuire au transport du numéraire et qu'il est urge it de retenir les fonds destinés pour Paris (3). »

A Paris, on ignorait encore généralement les événements de Marseille et l'altitude réelle des sections. Le Comité de Salut public, lui-même, quoique prévenu par Moïse Bayle et Boisset, était loin de se douter de la tournure prise dans ces derniers temps. En envoyant au directoire du département un exemplaire du plan de travail de surveillance et de correspondance pour les représentants du peuple, il fait appel

(1) M. Auiard. Recueil des Actes du Comité de Salut piddic. Tome TV, page 217.

(2) Guibal. Le mouvement fédéraliste en Provence, page 119.

(3) Arcliives des Bouclies-du-Rtiône. Série L. Sections de Marseille. Liasse non classée.

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au civisme des autorités constituées. Sans doute le cliché est d'ordre général. Il est à citer, néanmoins, ne fûtce que pour mettre en opposition des tendances diverses, opposées, contradictoires, avant l'époque du 31 mai, jour de lutte définitive entre les Montagnards et les Girondins.

« Les représentants du peuple, dit l'arrêté, ne peuvent seuls opérer toutes les réformes, prévoir tous les abus... Qui mieux que vous, citoyens, peut seconder plus efficacement leurs vues ?. . . Nous avons tout lieu d'espérer que par votre énergie et le patriotisme dont vous devez l'exemple, vous soutiendrez l'esprit public des citoyens de votre département. Vous ranimerez le zèle de ceux qui pourraient se décourager et veillerez à ce que l'on rappelle sans cesse les dangers de la patrie. Vous vous entendrez avec les représentants pour faire exécuter les mesures nécessaires dans les circonstances. Une correspondance très active avec eux et avec nous devient nécessaire. . . (1). »

Il va sans dire que la ville de Marseille n'entendait plus maintenant l'appel de la patrie. Le directoire du département, esclave du Comité général et bientôt son complice, devait rester sourd à la voix des représentants du peuple. Ceux-ci, qui avaient nom Pierre Baille et Beauvais, se trouvent à Toulon depuis quelques jours. Dès le 20 mai, ils réclament en pure perle, à Marseille, des renseignements sur la levée de six mille hommes. Le 2.5, ils reviennent à la charge. «... Nous présumons, disent-ils, que vos grandes occupations ne vous ont pas encore permis de satisfaire à notre demande. Nous vous la réitérons... Nous vous invitons à nous procurer toutes les connaissances qui sont en votre pouvoir sur la situation politique de votre département. . . Celle de Marseille est bien faite pour exciter celle d'un vrai républicain. . . Dites-nous quel est l'esprit public qui y règne, quelles sont les dispositions des habitants pour concourir à l'exécution des lois, à la défense de la patrie, au maintien de la République une et ndivisible. . . Le malheureux égarement de nos frères de rOuest nous fait un devoir de prendre les précautions les plus

(1) Archives des Bouclies-du- Rhône. Correspondance du dh-ectoire. Tome VII, page 110.

sévères pour que les mouvements désorganisateurs des anarchistes soient arrêtés dans leur origine. . . (1). »

Le directoire des Bouches-du-Rhône ne répondit pas plus à cette lettre qu'à la première ; il attendait les événements. Quand enfin Lyon aura levé dans le Midi l'étendard de la contre-révolution et que la nouvelle en sera parvenue à Marseille, il se décidera alors à correspondre avec les représentants du peuple. Nous verrons bientôt dans quels termes.

L'armée de 6.000 hommes était toujours en activité. C'était un anachronisme; sa présence pouvait atout instant entraîner des dangers. Les sections en demandèrent le licenciement et le département fit droit à cette requête. H obéissait indistinctement aux sections et au Comité général, l'un guidant l'autre, renversant parfois les rôles. On allait plus vite ainsi en besogne et le peuple souverain était pressé ; il ne soutirait plus aucun délai dans l'accomplissement des réformes.

Le 19 mai, le directoire rend l'arrêté qui ordonne le départ des volontaires dans leurs foyers. Puis il hésite à le publier, tergiverse, finalement le laisse en suspens. Cette fois le Comité général vient à la rescousse. Que signifient ces lenteurs ? Qu'attend donc l'administration pour punir le délit du bataillon de Vaucluse qui, sans réquisition, s'est porté en armes contre les sections de Tarascon ? Ce bataillon a maintenant reçu l'ordre de se diriger sur Aix ; il faut arrêter sa marche et licencier les 6.000 hommes (2). »

Un ordre bref est adressé à Moisson. « Veuillez vous conformer, écrit le directoire, à la date du 25, à l'arrêté ci-joint. Donnez incontinent les ordres les plus précis pour qu'il soit exécuté sur-le-champ (3). »

(1) Archives des Bouches-du-Rliône. Série L: Département. Liasse 92.

(2j Arcliives des Bouches-du-Rliône. Série L. Sections de Marseille. Liasse non classée.

(3) Archives des Bouches-du-Rhùae. Série L. Sections de Marseille. Liasse non classée.

Le général marseillais, depuis quelque temps, est abandonné à lui-même. Il ne comprend rien au mouvement fédéraliste qui se dessine ; c'est avant tout un militaire. Certes, il a donné en maintes .occasions des preuves de civisme et cet homme a pour lui un passé. Il faut donc le ménager car il peut être utile et on doit s'en servir sans lui dévoiler aucun projet. Mais pourquoi s'obstine-t-il à faire marcher sur Aix un bataillon gangrené? Le 25, le Comité de sûreté de cette ville jette les hauts cris. « Ce n'est pas sans inquiétude, écrit-il à Marseille, que nous voyons arriver ici le bataillon de Vaucluse. Les renseignements que nous avons sur son compte nous prouvent qu'il est dans les plus mauvais principes. C'est un corps pourri ; les officiers sont maratistes enragés ; ils ne prêchent que le meurtre et le pillage ; ils ont commis des horreurs à Tarascon. Agricol Moureau en est le chef, c'est assez dire. Il est très important que ce bataillon soit éloigné de la ville d'Aix dont l'esprit serait bientôt perverti par les manœuvres de ces agitateurs... Pourquoi Moisson ne nous envoie-t-il pas le bataillon levé ici dernièrement? Il est com. posé de jeunes gens dont les intentions sont aussi pures que les principes. Insistez, nous vous en supplions, insistez, pour que ce bataillon soit déplacé (1). »

Naturellement le Comité général insista. Un courrier extraordinaire fut envoyé sur-le-champ à Moisson avec des menaces. Le héros du 10 août comprenait de moins en moins ; le déplacement du bataillon de Vaucluse était sans portée politique. Néanmoins, Moisson s'empressa de mander au bataillon d'Aix qui était à Salon de regagner sa ville natale dans le plus délai (2). Les volontaires arrivèrent à Aix le 3 juin et furent aussitôt désarmés.

Moisson n'osait véritablement renvoyer dans leurs districts respectifs les autres bataillons de l'armée. Le Comité général, sans s'arrêter à analyser sa conduite, usa d'un stratagème. Trop adroit pour dévoiler ses plans par une attitude intransigeante à l'égard du général marseillais dont la popularité

(1) Archives des Bouches-du-Rhône. Série L. Sections d'Aix. Liasse 24.

(2) Archives des Bouches-du-Rhône. Série L. Département. Liasse 154.

lui servait de bouclier, lise contenta d'envoyer des émissaires auprès des volontaires. Toutes les sections, dans les principales villes, sur un mot d'ordre venu de Marseille, en firent autant. En quelques jours la désertion fit des ravages effrayants dans les rangs de l'armée. Moisson s'en plaignit auprès des représentants du peuple, à Toulon, en portant d'autre part à leur connaissance l'arrêté du directoire du département. Pierre Baille et Beauvais, mal inspirés, ordonnèrent aussitôt le licenciement de la troupe dont « l'utilité, à leurs yeux, n'était point démontrée. Les citoyens-soldats, disent-ils dans leur arrêté du 31 mai, resteront néanmoins dans leurs foyers, en réquisition permanente et sans solde, pour être prêts à partir de nouveau au premier signal (2). »

Ainsi fut fait, du moins en apparence. Moisson donna les ordres de détail nécessaires et les volontaires rentrèrent chez eux. Mais ils ne devaient plus se rassembler. Ce fut une faute et un malheur. Jamais cette armée, bien encadrée, ne serait devenue girondine. Les sections marseillaises le comprenaient bien quand elles en poursuivaient sans trêve la désorganisation par tous les moyens. Par sa seule présence elle aurait annihilé leurs efforts au moment de la levée d'une force contre-révolutionnaire. Fût-elle restée inerte en face des événements, elle en aurait imposé, néanmoins, au Comité général et détruit son prestige lorsque celui-ci aurait dressé en face d'elle une force antagoniste recrutée dans le même élément. A voir les efforts qu'il fit pour faire marcher le peuple, on est en droit de supposer que ces efforts auraient été vains, tout au moins amoindris. Tel qu'il fut, d'ailleurs, le résultat, ainsi que nous le verrons bientôt, resta loin d'être couronné de succès.

Au début du mois de mai, les sections de Marseille, comprenant qu'il convenait de masquer leur rupture à l'égard de Moïse Bayle et Boisset par une profession de foi qui ne parût point équivoque, avaient envoyé auprès de la Convention trente-deux députés pour prévenir l'attaque des commissaires et expliquer leur attitude. Barbaroux, à qui les sections

(2) Archives des Bouches-du-Rhùne. Série L. Département. Liasse 92.

venaient à peine de retirer leur confiance, prit néanmoins leur défense. Les lernps étaient changés. Mais les sections avaient déjà été dénoncées par Moïse Bayle et Boisset et la Convention ne devait pas tarder à prendre des mesures contre elles

Le 12 mai, elle suspendait le tribunal populaire jusqu'à l'arrivée des députés marseillais. Ceux-ci parurent à la barre le 20. Après avoir entendu leurs explications qui ne satisfirent pas l'Assemblée, la Convention décida que le tribunal populaire, jusqu'ici suspendu, serait dissous. La nouvelle de cette décision arriva à Marseille le 24 mai. Les sections qui n'avaient pas voulu se conformer au décret de suspension, n'obéirent pas davantage cette fois. Ce n'était pas encore la révolte ouverte, c'était déjà l'insoumission.

Trois jours après, la municipalité marseillaise, se faisant l'écho docile des sections, jette complètement le masque. L'adresse qu'elle envoie le 27, à la Convention, est un véritable monument d'exaltation haineuse et de fanatisme. Marat, seul, supporte le courroux, soi-disant populaire. Mais derrière Marat on voit poindre des lueurs qui sont comme le prélude de la guerre civile. « Un nouveau monstre, plus cruel encore, s'est formé des cendres du tyran abattu, dit-elle. . . La tête de ce monstre est à Paris. Elle montre audacieusement son front hideux dans votre propre sein... C'est Marat, l'exécrable Marat, cet être que le ciel fit naître dans sa colère pour prêcher le meurtre, le pillage, la guerre civile et tous les excès, cet apôtre du crime qui ne fut lancé par lui dans le Sénat français que pour en avilir ses membres les plus vertueux et y dicter des lois de sang, cet être vomi par les enfers pour ne faire de la France qu'un vaste cimetière...

« Ses crimes ont pour témoins tous les Français et ce scélérat respire et ses forfaits demeurent impunis ! Dans quel siècle, grand Dieu, vivons-nous donc ? et quel doit être, désormais, le sort de l'homme juste, si le crime triomphe avec audace et trouve encore des apologistes ?...

« Législateurs ! il est temps de sauver la France. Il est temps de déployer l'énergie qui convient aux représentants de vingt-cinq millions d'hommes libres. Ne souffrez pas davantage que des tribunes insolentes et vendues à Pitt vous

dictont la loi. Si vous ne pouvez dans Paris détruire l'anarchie en faisant tomber la tête de Marat -et de ses complices, quittez cette ville aveugle qu'une faction puissante domine aujourd'hui par la stupeur de ses habitants ; placez-vous dans quelque autre ville de la République où vous puissiez librement manifester vos opinions, et vous livrer sans obstacle et à l'abri du poignard des assassins au grand œuvre d'une Constitution fondée sur la liberlé et l'égalité... (1). »

On sait que Guadet, au nom de la Gironde, croyant le moment propice , avait proposé, le 18 mai , de remplacer la Commune de Paris par les présidents des sections, de dissoudre la Convention et de convoquer à Bourges les suppléants de l'Assemblée Nationale. Des courriers extraordinaires devaient porter le décret dans toute la France. La proposition de Guadet aboutit, on le sait aussi, à la fameuse institution du Comité des Douze qui fut battue en brèche par Danton et le parti jacobin et amena les terribles journées des 31 mai et 2 juin où la Gironde fut irrémédiablement vaincue. L'adresse que nous reproduisons ici démontre, de façon péremptoire, que les Girondins n'avaient pas attendu la sanction légale pour préparer l'esprit public, dans les départements, à ce véritable coup d'Etat. Il est probable que Barbaroux fut, en l'occurrence, l'organe de son parti et que c'est lui qui avertit les sections de Marseille de se tenir prêtes à sanctionner les événements. L'instant était venu où l'un des deux partis, à la Convention, devait succomber sans retour. Ce fut la Montagne qui triompha et avec elle la patrie fut sauvée. On peut se demander ce qu'il serait advenu si la cause des Girondins avait eu le dessus.

(1) Archives des Bouches-du-Rhône. Série L. Sections de Marseille. Liasse oun classée.

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