‹ Marthe; pièce en quatre actes. Représentée pour la première fois à Paris ... le 28 mars 1899Chapitre 34 sur 149 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GILEQUAIN

C'est par... température ?

Simplement parce que je n'ai pas rencontré d'homme qui en valût la peine. Vous pensez bien, par exemple, que si je me décidais à tomber dans les bras d'un poète, ce ne sont pas les vôtres que je choisirais !

GILEQUAIN, piqué.

Il vous faudi'ait Homère ?

Il n'est pas de ma génération !

GILEQUAIN

C'est vrai. Je ne l'ai jamais rencontré chez madame Adam,

N'est-ce pas ? tout cela est fort compliqué ; avec mes désirs et mes prétentions, il me serait très difficile de n'être pas une honnête femme, ce que l'on appelle une honnête femme. Sans compter que, l'occasion s'en présentant, comme je me donnerais toute à l'homme que j'aimerais, comme il ne s'agirait pas d'une idylle entre passants, mais d'un

amour profond et long comme la vie, j'userais de ce que j'ai dédaigné depuis huit ans — n'en ayant que faire...

GILEQUAIN

Oui, le divorce.

Je n'aurais donc pas d'amant, j'aurais un mari. Mais nous n'en sommes pas là !

GILEQUAIN

Hélas ?

Hélas !

GILEQUAIN

Oh ! quand vous en serez là, je vous demande de m'inviter à la petite fête.

C'est juré. [Elle remonte vers le groupe du fond qui vient à elle, La Berronnière, très agité, en tête.) GILEQUAIN, a part, faisant son Bourget.

Un cœur de femme ! Cruelle énigme !

LA BERRONNIÈRE, à Marthe.

Comment! Vous avez dit au docteur que je ne

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