ACTE PREMIER
m'étais pas annoncé à coups de trompe ! Mais c'est de la pure fantaisie ! II y avait cinq minutes que mon cornet à bouquin criait à tue-tête I... Et couin !... Et couin !... Et couin !... C'en était tellement agaçant que des cyclistes se sont bouché les oreilles en me criant : « Ferme ça ! » J'étais en règle, je faisais un bruit d'enfer !
MARTHE, tout en allant presser un bouton électrique . Ce qui le prouve, c'est que mes bêtes se sont affolées.
LA BERRONNIÈRE, au docteur .
Vous voyez !
MARTHE, au domestique qui entre.
Allumez le samovar dans la serre. [A La Berronnière.) Et ce qui est certain, c'est que vous ne les avez pas arrêtées.
LA BERRONNIÈRE
J'étais sur ma machine !
VALDON, conciliant.
S'il était sur sa machine !
Celui qui m'a sauvée était bien à cheval !
LA BERRONNIÈRE
Oh ! mais celui-là, c'est un cow-boy !
LE DOCTEUR
Vous ne croyez pas si bien dii'e. Il y a deux ans, il était encore dans les jungles !
GILEQUAIN
Il était à cheval PEt il a arrêté vos chevaux ? Je ne comprends plus.
Ma parole, je ne comprends pas plus que vous !... moi qui ai vu, etbienvu, je vousen réponds ! C'était tellement beau que pas une minute je n'ai pensé à mon péril, et que je suis restée là, debout dans ma voiture qui bondissait, accrochée au siège du cocher, et tentée de crier bravo !... [S'animant.) Ah ! l'admirable écuyer!... Représentez-vous ça... [Pendant ce récit, tout le monde est assis autour de MartJie, et madame de La Berronnière, rpiun domestique introduit sans l'annoncer, se mêle silencieusement au groupe, pour écouter.) Nous allions au petit pas, car Josiane, la jument, est très inquiète en ce moment... elle voudrait se marier, la pauvre petite... Nous allions, dis-je, au petit pas, Willy forcé de tenir,