I . .,, \e Fia"': dans ses jtoUqie
P"'" '"' ""K dt« »■« »î"n :l Savoie prit
r" "-l! e nom l» "^'^elaÏves aa ta»=a«
1*"' r moey. s»?"""' . „ de Savoie, f"- C^ de Compey. ^f^ts de ^pés
1^"» '■»""' Teoto . de Charles V"^ '^° » ,,
Ransle"«'''=';^;j„„ octobre 145^
I signé par Mar«°^=J^. „„„, appr=»^ f j,(j,„„d.
I ■*" ''''1,Sces'etlesctonom=^ ^^y , I Georges d. ba ,^;b, »a ,„,êies
L De ««■"=■ '= ,'t„„ arbitral, au ^"l^'^, Gnilla»"«
-:n::^:-^-"-''^";„...„.s I Tû. «• rs .ï»"- '°'„f ' "«'>■• '^'" '■
■ ft»* »"'■ '' ,., ,06. io7- , ,,,
déjà nombreuses de Martin Le Franc ; il fut nommé administrateur de Tabbaye de Novalaise ^ Des charges si diverses lui faisaient négliger se$ fonctions de prévôt du chapitre de Lausanne, tellement que les chanoines nommèrent un des leurs pour présider à sa place ^ et, à cause de son absence prolongée, privèrent Martin Le Franc des revenus de ses prébendes, le 25 février 1461. La même année Martin Le Franc mourut, et, le 8 novembre 1461, son testament fut lu en séance du chapitre ^ Martin Le Franc avait beaucoup voyagé. Il semble avoir visité le nord de la France, la Flandre, une partie de TAUemagne, Tltalie et Rome. Il nous dit dans • son Champion des Dames qu'il a erré parmi le monde :
Se j*ai erré parmi le monde
Pour demonstrer a ma puissance
La vertu, le sens, la faconde
De nos dames, je, qui naissance
Ay pris en la très doulce France, etc. *
Il nous donne ailleurs le résultat de ses observations sur le traitement des femmes chez les différents peuples :
* Rom, XVT, p. 399. Novalaise (Novalesa) à i 1. Va N. de Suse. Pas conf. avec Novalaise, arr. Chambéry, canton Saint- Génix.
* En 1460 Philippe de Compey ; en 1461 Antoine Gappet, Rom, XVI, p. 400.
* Rom, XVI. 400. La même année mourut aussi l'évêque de Lausanne Georges de Saluées.
* Ms. 12476, fol. 114 ro ; éd. fol. 317 vo.
En Guelre sont les bons maris Qui se confyent plainement De leurs femmes ; aussy chéris Et amez sont, dieux scet comment.
Avec la femme honnestement, La, ^e pœus esbatre et gésir, Sans que le mary uUeraent Ait souspechon ou desplaisir.
A Rome n*est il pas ainsy,
Ne par le pays de Toscane,
N'en toute la langue de sy.
La, femme est serve comme ung asne ;
La, n'a Marie ne Jouane
Qui ose des cincq sens user.
Leurs maris ont le vermocane
Ainchois que viengne a l'espouser.
En Escoce et en Engleterre, En Zellande, Brabant, Hollande, En Flandres ou a moult de terre, Et en Alemaigne la grande.
En la grasse terre Normande, En la joyeuse Picardie, En France, assez femme commande.
Mais ailleurs ne scay que j'en die *.
Martin Le Franc avait fait, nous ne savons ni où ni quand, la connaissance du fameux humaniste François Philelphe. Le fils de ce dernier, Jean- Marius, ayant reçu la couronne poétique des mains
' Ms. 12476. fol. 47 vo ; éd. fol. 126 vo.
de Louis P^ de Savoie \ François Philelphe adressa afu jeune lauréat une ode latine commençant ainsi :
Cœpisti tandem sua restituisse parenti,
et dans laquelle se trouve un éloge enthousiaste de Martin Le Franc, de son talent poétique et de sa science, éloge qui se termine par ces deux vers :
Te, Le France, nieos primum reor inter amicos Ducendum. Talem te simul esse volo *.
Martin Le Franc composa son Champion des Dames de 1440 à 1442 ^ A Lausanne, il écrivit l'Estrif de Fortune et de Vertu de 1447 à 1448, et prit part à la traduction de la Bible connue sous le nom de Bible Servion *. Je dirai maintenant deux
* Voy. Vie de Jean-Marius Philelphe, dans les Mélanges cTHist, litt, de Guillaume Favre. Genève, 1856, in-8, t. I, pp. 9-22 k
* Voy. Bib, de la Croix du Maine, — Odœ Francisci Philelfi. Brixia, 1497, in-40 (Carmen VI). J'ai en vain cherché dans les XVI livres des lettres de François Philelphe des renseignements sur les rapports de Martin Le Franc avec l'humaniste italien.
' Rom. XVI, 395. Dans les 24000 vers du Champion des Dames, je n'ai trouvé qu'une seule allusion à Lausanne (ms. 12476, fol. 119 ro ; éd. fol. 332 vo) : c'est 1' « Adversaire » qui parle et qui, suivant son habitude, dit du mal des femmes :
Ne me loe vielle ne jenne,
Car tout le grand lac de Losenne
La plus nette ne laveroit.
* Tandis qu'à Lausanne Martin Le Franc composait son Estrif et traduisait saint Jérôme, un chanoine du chapitre, Henri Bolo-
mots, pour n'avoir plus à y revenir, de cette Bible Servion et de la traduction des Chroniques de Hollande de Jean de Beka attribuée à Martin Le Franc.
Pendant les premières années de la seconde moitié du XV*^ siècle, Jean Servion, citoyen et syndic -de Genève, auteur des c Gestes et chroniques de la maison de Savoye », copia, après l'avoir retouchée et retravaillée, la traduction usuelle de la Bible, et termina son œuvre le 20 octobre 1462 ^ La Bible de Jean Servion contient la traduction d'une partie des Prologues de la Vulgate, dont l'un, celui de Jérémie, fut translaté de latin en français par Martin Le Franc, et dont d'autres, ceux par exemple du Psautier, de l'Ecclésiaste et d'Esaïe furent traduits par un certain « maistre Pierre Aronchel ». Le traducteur d'autres prologues, celui de Daniel, par exemple, n'est pas nommé.
Martin le Franc, autant qu'on peut le savoir, n'a traduit que le prologue de Jérémie : « Cy commence le prologue sur le livre de Jeremie translaté de latin en françois par Monseigneur M. Martin Le Franc, du siège apostolique prottenottayre et pre-
mier, faisait écrire par Jean Bagnyon le Roman de Fierabras le Géant. Cf. M. Eug. Ritter, Gazette de Latiscnne, 19 et 20 mai
* Cette Bible est conservée en partie à Lausanne dans deux mss. datés de 1458 et 1462. (U 985 et 986) Une copie datée de 1474 se trouve à Genève. Cf. Catalogue de Senebicr, p. 302,
vost de Lausanne et escript par la main de moy Servion *. » — Là s'est borné son rôle. Il n'a pas, comme le dit Gaullieur ^, traduit la Bible tout entière en langue vulgaire, ou, comme le dit Albert de Montet ^ traduit le Nouveau Testament en quatre volumes *.
La Serna Santander, dans son « Mémoire historique sur la bibliothèque dite de Bourgogne, présentement bibliothèque publique de Bruxelles ^ >> faisant la liste des ouvrages dédiés à Philippe le Bon, ou compilés, copiés et translatés par son ordre, cite, sous le nom de Martin Le Franc, l'Estrif de Fortune et de Vertu, le Champion des Dames, et les Chroniques de Hollande, traduites de Beka ^ Jean de Beka ^ a écrit une histoire des évêques d'Utrecht et des comtés de Hollande, allant de
* Ms. U 985, in-foL, papier et vélin ; Lausanne, Bibl. cantonale.
* Hist. Ktt, de la Suisse franc, pp. 1 1 sq.
* Dict. biog, art. Le Franc.
* Sur la Bible de Jean Servion voy. Samuel Berger, Im Bible au moyen-àge Versions écrites en prose de langue d'oïl. Paiis, Imprimerie nationale, 1884, in-8, pp. 198, 220, 300 et 430.
* Bruxelles, 1809, in-80, p. 15.
* M. Oskar Richter, s'appuyant sur ce passage de La Scina Santander regarde également Martin Le Franc comme le traducteur de Jean de Beka. (Diefranz, Litt, am Hofe der Herz'àge von Burgtind, Halle, 1882, in-8.)
' Jean de Beka naquit à Bois-le-Duc au commencement du XlVe siècle. D'abord chanoine du monastère de Saint-Martin à Utrecht, il se retira plus tard à l'abbaye d'Egmont où il composa sa Chronique.
690 à 1 346 *. Cette chronique, importante pour Vhistoire des Pays-Bas, fut mise en français au XV® siècle par un anonyme qui dédia sa traduction à Philippe le Bon ^ En voici la dédicace :
« A treshault, trespuissant et mon tresredoubté seigneur, monseigneur Phelippe par la providence divine duc de Bourgoingne, de Lothier, de Brabant et de Limbourg, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne, Palatin de Haynau, de Hollande, de Zeellande et de Namur, marquis du sainct Empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines, soit donnée paisible seignorie jusquez en fin par qui les princes régnent ; et de par le translateur de ceste euvre, qui, pour cause de sa petitesse, nommer ne se doit, soit présentée et offerte honneur et révérence avec toute subjection et obéissance en tous ses commandemens sans contredit. Comme n'a pas long temps, par la grâce et plaisir de mon treshonnouré seigneur le conte de Bochem, je visitaisse aucuns ses volumes et livres ou chastel de la Vere en Zeellande, vint a ma main un petit livret qui se intituloit la Cronicqtie de Hollande, de Zeellande et de Frise, composé en latin par honnorable clerc
* Continuée par un anonyme jusqu'en 1393. Chronicon continens res gcstas episcoporum sedis Ultrajectinae et comitum Hollandiae. Réimprimée dans les Veteris irvi analccta de Matthaeu?, t. V. (Ed. nov. III, pp. 1-407.)
* La Bibl. nat. possède deux exemplaires de cette traduction, les no 5613 et 9002. Cf. Gachard, Les BibL de Madrid et de TEscurial. Notices et extraits des mss. qui concernent l'hist. de Belgique. Bruxelles, 1875, in-40, p. 559.
Jehan de Beka. Lequel livret je regarday et leuz jusquez en fin, et ea l'sant congneas icellui faire mention de pluiseurs notablez et sains honin^s, evesquez de Utrecht, et aussy de pluL.eurs vaillans et vertueux princes, contes d - diz cont^'s et pays de Hollande, Zeellande et Frise, d.^-^quelz je scay estre venu et descendu mon d t tresredoubté seigneur le duc et son treschier et unique û\z Charles, conte de Charrolois, qui en noblez et vertueux fais de ce costé ne fourlingnent pas. Ains l'un de long temps et l'aultre de nouvel esp^'ouvés ont si grandement acreut 'leurs vertueusez vaillances que par toutes terres et royaum^z la r nommée d'eulx est portée et divulguée a leu * ^/ore et 1- j .^e. Ou nom et en l'honneur desqueiz, je, indigne, au commandement du dit seigneur coite de Eoclicm mon maistre, pris plume et enchre et commencay, selon mon petit entendement et a Tayde d'aucuns plus expers de moy, c=;cripre et transférer du dit langaige latin en langue françoise, au moins mal que j'ay peu, le dit chronique et histoire, sans muer le propos et entendement d'icellui. Priant a icellui mon tresredoubté seigneur qu'il lui plaise avoir aggreable la dicte translation, et pardonner a ma rudesse et ygnorance qui suis de tous ses serviteurs et subgez le moindre ^ »
Il résulte de ce prologue que le traducteur était serviteur du « comte de Bochem » et sujet de Philippe le Bon. Il serait bien difficile d'ailleurs
* Bib. nat. ms. franc. 9002.
d'identifier au savant auteur du Champion des Dames cet anonyme si peu versé dans le latin qu'il a dû pour sa traduction se faire aider par de plus expers que lui. Tout cela nous éloigne bien de Martin Le Franc. L'un des manuscrits * de la version française des Chroniques de Hollande, conservé à la Bibliothèque nationale, renferme deux belles miniatures, dont la seconde nous montre Jean de Beka lui-même, tonsuré et vêtu en clerc, offrant, un genou en terre, sa Chronique à Tévêque d'Utrecht et au prince de Hollande. Dans la première miniature, le traducteur, présentant sa traduction à Philippe le Bon, n'est pas vêtu comme un ecclésiastique, mais comme un homme d'armes quelconque, ayant l'épée au côté.
C'est par une faute d'impression que la traduction de la Chronique de Hollande a été attribuée à Martin Le Franc, page 1 5 du Mémoire historique sur la Bibl. de Bourgogne ; ce qui pourrait le faire croire, c'est que dans ce même ouvrage, page 112, La Sema Santander, parlant de Martin Le Franc et de ses œuvres, ne cite que le Champion des Dames et l'Estrif de Forture et de Vertu, et ne dit mot de la traduction de Jean de Beka *.
* Ms. 9002.
' Ce n'est pas du reste le seul ouvrage que l'on ait attribué gratuitement à Martin Le Franc. A. Baron, dans son Jlis^, abrég, de la litt, franc, Bruxelles, 1841, in-80, t. I, p. 282 (et d'autres après lui), dit en parlant de notre poète : « On lui attribue le Renard Contrefait, formant une des branches du Renard, et les Gesta Romanorum. »