LA BALLERINE
L'art de la danse est inséparable de l'art théâtral, et surtout de la pantomime. Xénophon raconte qu'à l'occasion des dix mille Grecs envoyés pour seconder Cyrus dans sa campa(]ne contre Artaxerxès, et revenus après avoir opéré leur savante retraite tant vantée par les historiens, les Grecs instituèrent des jeux et des fêtes publiques.
«Des Thraces parurent les premiers, tout armés, et sautèrent au son de la flûte. Ils s'élevaient si haut et retombaient avec tant de tbrce, que les spectateurs en parurent effrayés.
ï- Un j\Iysien vint après : il tenait un bouclier de chaque main... Souvent il tournait rapidement sur lui-même et faisait le saut périlleux sans lâcher ses boucliers. 11 finit par frapper, à la manière des Perses, d'un bouclier sur l'autre, et par exécuter, au son de cet instrument nouveau, un pas charmant.
» Des Arcadiens parurent ensuite sur la scène : ils étaient couverts d'armes brillantes et s'avancèrent en cadence, se
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U'imiil les uns les autres [)ar la main, et la tlùtc cxéciilanl une nuirchc [;uei'rière. Oudijucs- uns se délacliaicnl (\r la l)an(lc, d'autres s'y joi|jnaient, et ils tinissaienl tous par danser en rond, mais avee tant dv rapidifé et de jusiesse (pie le mouvement d'une roue n'est ni plus prompt ni j)lus é^al.
» h^nlin deux t'ennnes parurent, velues des lial)its les plus élégants : l'une dansa la pyrrlii([ue, un hoiu'lier à la nuuii ; l'autre, la danse d'Ariane, agitant un mouchoir; mais celleci dansa avec tant de légèreté et de grâce, qu'elle ravit lotis les spectaleurs et termina le ballet au Itruil de lous les applaudissements. »
« Pindare cite une danse (prexécutail une Iroupe de vierges lacédémoniennes... I.a plupart des danses laconiennes étaient eoimnunes aux garçons et aux lîUes... Dans YHornms, les jeunes garçons et les jeunes filles formaient par leur entrelacement la ligure d'un collier. Le jeune coryphée s'avançait avec la vigueur de son sexe, et prenait des poses mAles et belliqueuses. La jeune fille, qui conduisait le clueur, s'avançait ensuite formant des pas gracieux cl modestes. »
" Dans l'orijjine, dit Lucien, les mêmes jiersonnes chantaient et dansaient en nième temps; mais connne on s'aperçut que l'agitation de ladanse gênait la respiration, on jugea plus à propos de faire chanter les unes et danser les autres. »
Il y cul dans l'antiquité des danses iniitatives de la ligure et de l'allure des animaux. « De l'imitation des animaux on passa à l'imitation des honnnes, en choisissant ceux