‹ Masques et bouffons; comédie italienneChapitre 8 sur 41 · î6 I,A COMKniF. IT \ I, IKNM · texte numérisé non relu

î6 I,A COMKniF. IT \ I, IKNM

[jarroii iiiciiiiicr sans oiiviajjc. Il est Iticn accueilli par la iiiciiiiici'o; mais loiit ii coup, ju'otilaiit d'un intiiiicnt où l'enfant s'est éloigné, il lire un ^land couteau et menace la meunière de lui couper la jjorjje, si ellr ni' lui donne surle-champ loid rar;;vnt (prellc possède... — Mon ar;jeiit est là-haut, dit-elle, dans mon armoire; venez avec moi, je vous le donnerai. Pulcinella la suit... Tandis qu'il fouille dans l'armoire, la femme s'esquive lestement et ferme la })orte à douhle tour. Les fenêtres sont garnies de barreaux dv fer, la i)orte a un demi-pied d'épaisseur; Pulcinella est pris au piège connue un étourneau. La meunière ne perd l)as de temps, elle appelle son enfant : — Cours à iXicastro, lui dit-elle, et va chercher ton itère et les carabiniers; cours vite, dis-lui (pTil y a un brigand dans la maison. — L'enfant part, mais le compagnon de Pulcinella, qui entend les cris de son chef, lui barre le passage et l'arrête. J^a meunière ne perd cependant pas courage, elle verrouille les portes et barricade les fenêtres. Sa situation est des jtlus critiques. Elle entend Pulcinella ((ui, à l'aide d'un marteau, commence à démolir le par([uet sur sa tête; elle voit son enfant que l'autre brigand menace de mort si elle n'ouvre pas... Cependant le hrij;and du dehors garrotte l'enfant, et le jette dans un coin; rôdant ensuite autour de la maison, il cherche quelque porte ou quelque fente par Ia({urlle il puisse pénétrer et délivrer son chef. Tout il coup l'idée lui vieni de se glisser par la roue du moulin et jiar l'ouverture de l'arhre loui'uant: mais dans ce moment la meunière a, de son côté, la pensée de mettre cette roue en mouvement... Le hrigand vient de se glisser

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à iiioilir (liins rintri'vallc laissé eiiliv le imir et l'arhro toiiniaiil, ii)rs(|ii(' la iiiciuiirre détache' la clicvillc (|iii rciii'iit les ciijfrt'najfts; la roue se iiiel en iiiouveiiieul, el, avant ([n'elle ait lait deux tonrs, le liandit est broyé cûnnne sons le pilon d'un mortier. Pendant ce temps, Pnlcini'lla a aclun'é son trou, et il va se précipiter dans lacliandtre, ((uand le nuiri de la meunière arrive avec un détachement de carabiniers. Pulcinella ne perd pas coura{;'e. (iomme ceux-ci montent l'escalier qui conduit à la chambre où il est renfermé, il saute par le trou du plafond, s'échappe par un autre escalier, et (frimpe sur le toit de la maison.

» ].e reste de la pièce n'est plus ({u'ime sorte de divertissement burlesque dans lequel ti;;'nrcnt la meunière, les soldats, les paysans et Pidcinella poursuivi, déployant son adresse et faisant toutes sortes de tours de force. On le voit, par exemple, prendre la iilace de la jjirouette et tourner à tous les vents; mais au moment où on met en joue ce personnage fort peu métallique, il fait un bond, saute sur le toit, du toit dans le jardin, et se bloitil dans lui coin où il lijfure une borne. Un soldat monte sur cette borne pour regarder par une fenêtre, la borne se dresse et s'enfuit; puis Pulcinella se {>lisse sous un van et tâche de gagner le bois, cheminant comme une tortue. A la fin on le prend, et on .le mène à INicastro pour être pendu. Tj'histoire de sa pendaison est connue. Pulcinella se laisse tranquillement conduire sur l'échafaud; mais, lorsque la corde est prête, il fait toutes sortes de façons avec le bourreau, s'y prend maladroitement, et feint toujours de ne I. i«

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|)oiiV(»ir tiouver r<»iiv('rlur(\ — Oiu'l haloiii'd! s'écrie le bourreau impatienté; tiens, rejjarde, c'est ainsi (|u'il liuit s'y prendre! et il passe sa tète dans le nteud coulant. Pidcinella saisit le moment favorable, se pend îi la corde et étranjj'le le bourreau, en lui criant : — Eh bien, suis-je encore un balourd?

» Dans les Ri(i)ics r/r PoH!/)eïa,Pulcinella, (jui aime la

fdle d'un custode de l'endroit, s'est mêlé à une troupe de visiteurs étrangers, qu'il amuse de ses saillies et aux dépens desquels il se régale, volant les meilleurs morceaux du déjeuner, et escamotant toujours le anlin ([ue les visiteurs mettent dans la main des custodes. Ceux-ci finissent par s'apercevoir de la chose, trouvent la plaisanterie fort mauvaise, et veulent prendre au collet Pulcinella, qui se tâche, crie très-fort, et s'indigne c[u'on ose soupçonner un galant homme connue lui, un iiersoimage de son inq)ortance. 11 contrefait tour à (our un lord anglais, un otticier français; mais bicntôl convaincu d"inq)Osture et serré de jirès, il joue du bâton, s'enhiit à travers les ruines, et disparaît tout à COU}) au moment où on croyait le tenir. On le trouve à la tin dans une des caves nouvellement découvertes, couché sur un tas d'amphores vides, eu compagnie.... de la tille (hi custode. Tout s'arrange, et la pièce se termine par un mariage qui paraît fort nécessaire.

» Les personnages qui tigurent dans ces pièces tout

à lait nationales, sont, outre le Polichinelle et le Scaramouche, le pdi/saii , la Tiuiuaiiic ,\v soldai. »

l^c PoLi.iciMEi.i.A [plditvlic 8), connue on l'appelle en dialecte napolitain, passionne encore maintenant tout aussi

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hicii \c roi et la cour que le dernier des lazzaroni. li porle une sorte de blouse conrte, assez ample, avec ou sans ceinture; les manches sont serrées au poignet, ainsi que le pantalon à la cheville; souliers blancs et un peu forts de semelle. Il ne porte pas de collerette; son demi-masque noir est imberbe, mais sillonné de rides; sa coitl'ure est un feutre [jris on blanc, sans bords, en forme de pain de sucre. Dans certaines occasions, quand il faut faire un peu de toilette, il change son chapeau de l'entre contre un autre chapeau en percale blanche comme son vêtement, d'une forme aussi haute et aussi singulière, mais enjolivé de nœuds de faveur rose. Il i)orte le demi-masque noir, à long nez aquilin, orné d'une verrue, et les joues sillonnées de rides profondes annoncent que PolHciniella n'est pas né d'hier.

L'esprit de ce Polliciniella dift'ère beaucoup du Polichinelle français et du Pu>cu anglais. Il est farceur, taquin, railleur, mais non scélérat. C'est le type du bourgeois napolitain dans sa grossièreté naturelle, empreinte toutefois de cet esi)rit mordant dont l'aljbé Galiani est un l\[)c épuré. Il est lent dans ses mouvements (les Pulcindla célèl)res sont très-sobres de gestes), l'air niais, mais de l'esprit argent comptant, surtout dans les a juiric qu'il adresse toujours directement au i)ublic.

Polliciniella joue encore aujourd'hui à Naples sur plusieurs théâtres; mais la scène par excellence est San- Cavlino, où, deux fois par jour, se presse un public formé de tous les rangs de la société. San-Carlino a nue troupe renommée qui se conq)ose principalement de masques ou

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types nationaux inaltéral)I('s. Depuis le coimnencenient de ce siècle, plusieurs acteurs s'y sont (ail \}\w {[l'andc ivjmlaliuu : Celesi lîalli ft Toniaso Faltioni en 1800, Kucio l5el»io en 180Ô, Camerano en ]8(K), de. l'n Polliciniella célèbre y a été applaudi pendant vinijl-riiui ans. Après avoir clé un des plus brillaids capitaines de cavalerie du roi Murât, après s'être trouvé avec lui à plusieurs grandes et victorieuses campagnes, décoré par l'empereur Napoléon I", il l'ut réformé lors du retour des Bourbons à Naples. C'est alors que, soit nécessité de vivre ou i'antaisie, il endossa la casaque de Polliciniella, avec laquelle il ii amassé une trèsbelle fortune. 11 a été l'idole de tous les ÎXapolitains et de tous ceux qui comprennent le dialecte. Sobre de mouvements, froid, leid, plein de (jnjj'afjiiic (balourdise), parlant le moins possible, mais le peu de mots ([u"il disait nuirqués au coin de l'esprit le plus vif et le plus mordant, il arrivait, nudgré le masque qui lui couvrait la moitié du visage, à une miraculeuse expression de physionomie. Une des facéties ([u'il répétait souvent, surtout en tenq)s de carnaval, car pendant le carême il est défendu à Polliciniella de porter ni masque ni costunjc, c'était de manger dans un éuorine vduiaro (vase de nuit), des monceaux de macaroni dont ce personnage est très-friand. On le voyait alors tirer ces longues pâtes, et se les faire descendre dans la bouche de toute la hauteur de son bras, aux grands éclats de rire de l'assistance.

En i)arlant de Pulcinella, M. Ch. Magnin dil : « l.c Pulcinella de Naples, grand garçon aussi droit (|u"un aulre, bruyant, alerte, sensuel, au long nez crochu, au demi-

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niiisqiie noir, au bonnet [ji'is et pyramidal, à la camisole J)lanclu', sans fraise, au large pantalon hlanc plissé et serré à la ceinture par une cordelière à laquelle pend une clochette, Pulcinella, dis-je, peut bien à la rigueur rap- | peler le Miinits alhiis et, de très-loin, le Macciis antique; i niais il n'a, saut' son nez en bec et son nom d'oisiau, | aucune parenté ni ressemblance avec notre Polichinelle, il Pour un trait de ressemblance, on signalerait dix c mtrastes. i- /

POLTCIlîNEl.LE.

« Polichinelle, dit ^I. Charles Magnin, tel que nous l'avons l'ail ou refait, présente au plus haut degré l'iunneur et la physionomie gauloises, ,1e dirai même, pour ne rien cacher de ma pensée, que, sous l'exagération obligée d'une loyale caricature. Polichinelle laisse percer le type poj)ulaire, je n'ose dire d'Henri IV, mais tout au nidins de l'officier gascon, imitant les allures du maître dans la salle des gardes du château de Saint- Germain ou du vieux Louvre. Quant à la bosse, Guillaume Bouchet nous aj)prend qu'elle a été de temps immémorial l'apanage chi badin es farces de France. On appelait au treizième siècle Adam de la Halle le bossu d'Anos, non pas (ju'il fût iiossu, mais à cause de sa verve railleuse :

On m'appelle bochii, mais je ne le suis mie.

Et quant à la seconde bosse, elle rappelle la cuiras.>;e luisante et bombée des gens de guerre, et les ventres à lu poulaine alors à la mode, et qui imitaient la courbure de la

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