‹ Masques et bouffonsChapitre 15 sur 46 · IL SI TON NO · texte numérisé non relu

IL SI TON NO

Les Napolitains ont un type très- populaire, qu’ils appellent il Guapo et il Siionno (le garçon). Il représente le bravache populaire. Vêtu comme le Napolitain de la basse classe actuelle, mais de certains quartiers de la ville : veste ronde et large en velours de coton couleur cannelle, une sorte de casquette sur l’oreille, pantalon de couleur claire avec la ceinture rouge autour de ia taille, il marche, un long rotin à la main, en se balançant d’une façon insolente et provocatrice; il ne parle que de coups de couteau, coups de bâton, coups de pierre, coups de carabine et coups de toutes sortes, avec une emphase pleine de réticences mena-

POLICHINELLE

çantes. Cependant, quoiqu’il ne soit pas tout à fait lâche, les faits répondent peu aux paroles, et le plus souvent les menaces et les querelles se terminent, au lieu de sang, par du vin versé au cabaret voisin.

Dans la Piovana d’Angelo Beolco ( Ruzzante ), 1530, un jeune paysan amoureux porte le nom de Siton. C’est là sans doute le type primitif du Sitonno , qui est encore le type du paysan, mais devenu faubourien, et bien dénaturé.

« Je ne fais pas de différence entre un amoureux et un de ces jeunes veaux auquel un bouvier aurait mis, pour rire, un bandeau sur les yeux et fourré une épine sons la queue, et qui irait de çà et de là sans savoir où il va, ni où il est. Moi je suis le veau, l’amour est le bouvier, l’épine c’est le chagrin que j’ai au cœur, et l’égarement c’est le bandeau que j’ai sur les yeux. Je ne sais pas où je vais, bien ou mal, puisque où je suis je ne suis pas. Je suis ici, et mon cœur et mon âme sont auprès de la Nina, mon amoureuse. »

( Piovana de Ruzzante.)

BIRRICH INO.

A Bologne, les théâtres de marionnettes ont encore un autre type qui personnifie les facchini, les jeunes gens de la basse classe de la ville; c’est le Birrichino. D’après les annotations du poème de Bertoldo Berioldino e Cacasenno, Birriciiino viendrait de la profession d’une certaine classe oisive et mendiante, vivant de larcins et de friponneries, exerçant plusieurs vilains métiers à Bologne. On dit en grec êvpoç, en latin birrus et burrus , manteau de bure

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