‹ Masques et bouffonsChapitre 25 sur 46 · VIOLETTE · texte numérisé non relu

VIOLETTE

En 1716, Marguerite Rusca vint à Paris avec la troupe italienne du régent. Femme du fameux Arlequin Antonio Vicentini, dit Thomassin, elle jouait les suivantes sous le nom de Violette. Elle était née à Bologne en 1691, et mourut le 28 février 1731 à Paris.

Violette remplit les mêmes rôles que Colombine : comme elle, elle est l’amante obligée d’ Arlequin, mais, en fait de malice, elle lui rend la pareille.

« Violette. Eh! bonjour, mon cher Arlequin. Comment as- tu passé la nuit?

Arlequin. Je ne sais, car je dormais, je ne t’en saurais rien dire, et toi?

Violette. Pour moi, je ne sais si j’ai dormi; car je n’ai fait que rêver toute la nuit, et quand on rêve, on ne sait ce qu’on fait.

Arlequin. Et tu rêvais à moi, sans doute?

Violette. Non, je rêvais à ce gros garçon pâtissier qui était ton rival à Rome.

Arlequin. Ah! ingrate! traditrice !... Et qu’est-ce qu’il te faisait, ce garçon pâtissier?

Violette. Il me faisait tenir une lettre à Lyon, dans laquelle il me promettait de venir incessamment à Paris.

Arlequin. Fi! cela ne me plaît point; tu fais- là des songes cornus!... »

Au dix-huitième siècle, l’emploi des soubrettes prend les noms de Zerbinette, Olivette, Tontine, Mariotte, Gene-

LA COMÉDIE ITALIENNE

VOTTE, Bai, et, Famnette, Perette, Finebrette, Fiametta, Giannina, Catte, Giiitta, Cheeciïina, Smeraldina, etc. Les principaux débuts sur la scène italienne de Paris sont :

15 octobre 1756, Sidonie Vicentini, seconde fdle de Thomassin.

10 février 1759, Thérèse Biancoleîli, petite-tille de Catherine Biancolelîi :

<i Par la Surprise de la haine,

En vain vous avez cru débuter en ce jour :

Non, non; pour qui vous voit paraître sur la scène,

C’est la surprise de l’amour. »

Elle eut de grands succès, et on lui appliqua aussi ce quatrain composé pour sa grand’mère :

« Dans tes traits que de dignité !

Et dans ton jeu que de noblesse !

Thérèse, en toi, tout intéresse,

Et tes talents et ta beauté ! »

17 avril 1750, Catina Thomassina -Vicentini, fille de Vicentini -Thomassin, débuta dans les Colombines. Elle épousa plus tard de Hesse.

50 juin 1752, la demoiselle Roland, née à Venise, fille de Roland, fameux danseur, « joua avec intelligence, dansa avec grâce, et fut reçue dans les Colombines. »

« Le 8 janvier 1756, la célèbre Hippolyte de la Tude, » connue sous le nom de Clairon, débuta au Théâtre- » Italien par le rôle de soubrette, dans l’Isle des Esclaves. » Elle n’y fut point reçue, quoique assez applaudie. »

COLOMBIE

Laissons- la parler elle- même de ses débuts :

«... On me mena chez ma bienfaitrice; on me lit entendre à Deshais, acteur de la Comédie -Italienne . il fut assez content pour me présenter à tous ses camarades. On me donna mon entrée à ce spectacle; on me prescrivit ce que je devais apprendre; on m’obtint un ordre de début, et je parus enfin sur le théâtre, n’ayant pas encore douze ans accomplis.

» Les applaudissements que je recevais consolèrent ma mère du parti que j’avais pris; on me donna des maîtres d’écriture, de danse, de musique et de langue italienne; mon application, mon ardeur, ma mémoire confondaient mes instituteurs, ,Ie retenais tout, je dévorais tout; mais ma trop grande jeunesse, ma petite stature, la crainte qu’eut le fameux Thomassin que mon talent ne nuisît à ses filles dont le sort n’était pas fait, et le manque de protection, me forcèrent au bout d’un an à chercher fortune ailleurs. On m’engagea dans la troupe de Rouen pour jouer tous les rôles de mon âge, chanter et danser, .le devais jouer la comédie, tout le reste m’était égal. »

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