PETIT DIALOGUE I.E JOUR DU DEPART DE LA GARNISON
— Mon cher Maire, comment allez-
vous?.. et Madame?.
— Merci, mon cher Sous-Préfet, ma femme est souffrante; et Madame?...
— Mais elle n’est pas trop bien non plus...
— Qu’esl-ce que c’est que ce mo’sieu qui sort d’ici?
— Ah! mon Dieu!... il 11 e t’a pas parlé? C’est un mo’sieu qui venait pour l’affaire d’Ancelin... et qui part ce soir... Il t’a attendu plus de deux heures!... Mais comme tu as chaud, ma biche?...
...? — J’ai rendez-vous ici, mon cher, avec une femme charmante ! — Et moi aussi ! — Une blonde ! ! — Et moi aussi!! — Les yeux bleus U! — Et moi aussi!!! — Petite!!!! — Et moi aussi! U! — Alphonsine ! ! ! ! ! — Et moi aussi ! ! 1 ! ! — Ah ! je suis floué 1 ! ! ! ! ! — Et moi aussi!!!!!!...
— Ah! c’est le jeune homme dont tu m’as parlé, madame Coquardy...
Vous voulez donc être dans le bâtiment, jeune homme ?... Eli bien...
mais. . c’est très-bien... Faut faire monter un lit dans une chambre d’en haut
L’ami de l’amant esta l'amant ce que l’amant est au mari.
— Le garçon a dit un chapeau rose, un voile, un châle noir., c’élait ma femme, il n’y a pas de doute... Mais avec qui?... voilà!... le billet n’a pas de signature... nous sommes arrivés trop tard!... Anatole! vous qui êtes notre ami depuis longtemps, vous seriez-vous douté de cela?... une femme qui a l’air d’une sainte !... Soyez jaloux, on vous honnit ; soyez confiant, on. .. Ah ! nous sommes toujours dupés.
( Anatole : — Oui, nous sommes dupés! )
FOUI» 15 h l'.l KS l)K 1 KM M KS
PL-,'- — Voyez-vous , monsieur
Anatole, ce que nous vous disons là c’est pour vous...
Qu’est-ce que cela nous fait?.. .
Mais si vous continuez à vous déranger ainsi, vous perdre? certainement mon estime... et celle de mon mari.
— Mais écoutez donc ce que vous avez écrit!... « Mon Gustave, je...»
— Eli bien, oui, monsieur! eli bien, oui ! Est-ce ma faute si vous ne comprenez pas tout ce qu’il y a d’amour pour vous dans ce billet écrit à un autre? Vous m’avez fait tant de chagrin ! j’étais folle! je me serais noyée... je me suis jetée au cou du premier venu... O mon Dieu! et il ose dire que je ne l’aime pas!
la seule affection
— Oui, ma chère, mon mari a eu l’infamie de faire venir cette créature dans ma maison, sous mes yeux ! et cela quand il sait que que j’aie en ce monde est à deux
cents lieues d’ici!... Les hommes sont lâches!...
— Voyez-vous, ma chère, les cigares... il faut prendre son parti là-dessus : si vous 11e laissez pas piper votre mari chez nous, votre mari ira piper ailleurs... Vous n’aimez pas ça!... mais il *y a des femmes qui aiment ça : méfiezvous!...
lie qu’on aime le plus après 1 amoureux, c'est le papa de l’amoureux.
— Quoi ! vous ajouteriez foi aux propos de cette créature !...
Ernest, vous me faites vraiment de la peine.
L’homme qui livre les secrets d’une femme est un méchant, car il lui ôte ainsi l’ineffable plaisir de les livrer elle-même.
FOURBERIES DE FEMMES
— Charles ! Charles ! ne lorgnez donc pas ainsi toutes les femmes.. .
C’est indécent !
Les maris sont bien laids quand on revient du hal ; mais où serait le Mérite des femmes si le devoir était aussi charmant que le plaisir?
LES MARIS ME FONT TOUJOURS RIRE
Vous riez, philosophe? Quoi ! il y aurait donc encore le mot pour rire dans cette éternelle comédie des Maria, qu’on fait paraître nouvelle en retournant les habits? Ce n’est pas vous qui irez habiller vos personnages de costumes usés jusqu’à la trame. On a bien longtemps et bien injustement raillé la casaque du bonhomme Dandin et le pourpoint de M. Sganarelle; ne vous semble-t-il pas qu’il est bien temps de prendre un peu en pitié les visions cornues de celui-ci et les doléances de celui-là?
Mais on veut toujours rire des maris! Eh bien, taillez et façonnez à la mode nouvelle le manteau du comte Al- .maviva, cet enragé donneur de sérénades, qui entra un jour en ménage par la fenêtre. Vous savez ce qui advint: un peu après la lune de miel, le comte éprouva deslan-
gueurs, et l’on .soupçonne qu’il fut réduit à jouer ses meilleures chansons pour sa servante, tandis que madame la comtesse se laissait attendrir par les romances de M. Chérubin.
Vous dites : « Le comte Almaviva est mort! » Je le sais, et il n’a pas eu d’enfants. Mais il a laissé son chapeau à plume et sa guitare ; vous avez dû les voir. Si vous connaissez des maris désenchantés, qui essayent de se regaillardir et d’escalader encore les balcons, ce sont les héritiers d’Almaviva. Qu’ils soient les personnages de votre comédie ; voilà, voilà les maris qui nous feront toujours rire.
LES MARIS ME FONT TOUJOURS RIRE
Il y a des hommes qui s’arrangent de n’être pour une femme que la raison d’un chapeau.
Ce qui fait les qualités du mari, qu’on aime fait les défauts du mari qu’on n’aime pas.
— Les hommes! marne Hue...
quand ça veut les femmes, c’est des sansonnets; on en prend un, c’est un crapaud.
so
— Avant la noce, Colastique, t’étais pas si chiche de beurre dans ma soupe... et pourtant le beurre était plus cher.
— Madame Beauminet va bien?
— Très-bien, merci... Mais ça me fait trois filles.
— Comment ! chéri, je ne saurai pas où j’ai fourré ma capote grise !
— T’as si peu de lête... et tant de chapeaux !
— Ta, ta, ta, ta! comme si le Code civil m’obligeait à t’entretenir de colifichets à si cher l’aune !... avec ça qu’il t’en faut pour un cotillon !.... Quand on a des A fantaisies comme ça, Zéphirine, on ne grossit pas comme tu fais.
LES MARIS ME FONT TOUJOURS RIRE. 81
— Fortuné, mon Bien!...
qu’est-ce que tu fumes donc là, qui pue comme ceki?...
— Ça? Mais, llibic, c’est de ce bon tabac que j’apportais chez ton père avant notre mariage... et dont tu raffolais, Bibie! •
— La paternité, ça gâte la taille!
— Toi,Beauminet, au milieu de tous les défauts, je ne te vois qu’une qualité : tu es hypocrite.
— Mon cher, voir*' femme est charmante.
— Mon cher, la voire est mieux !
— Ah bien, Beauminet, n’allons pas dîner là : on est trop mal !
— Dédèle, c’est meilleur marché:
nous ne sommes que nous !
— Vous croyez donc, Joseph, que cette personne m’a remarqué?
— Ça ira godelurer on ne sait où pour vous faire en renjf' trant un mensonge mal fait.. .
et mosieu se fichera dans le toupet que tout est dit!
— Comme tu mens mal, mon chéri !
LES MARIS ME FONT TOUJOURS RIRE
— (Test grave à penser, chère madame ; mais la seule chose que les de beaucoup d’honnêtes femmes puissent trouver chez ces drôlesses, et non dans le ménage... c’est, d’être dupes.
— T’as beau dire que c’est pour un bal de charité... je trouve que t’as là une petite tenue bien charitable!
— Je ne sais vraiment pas comment marne Lebuché ose se décolleter comme ça... c'est indécent!...
— Le mutin, oui... mais le soir...
Item , pour avoir montré, au bal de la Préfecture, le signe particulier que madame a dans le dos, 502 fr.
ASql'KS ET VISAGES.
— La maîtresse de qui ?
— De Savinie».
— Roué de Savinien ! elle est presque aussi bien que sa l'enime.
— Voilà Savinien entre madame de Naile et sa femme.
— Entre l’amour et l’amitié.
— Ah ! si vous ne m’aimez pas, mon futur, vous serez bien ingrat, ear j’ai bien aimé mon défunt!
— Voyons, marne Rabat-Joie, tais ton bec!... et qu’on vienne baiser son vainqueur !
— Comme tu me fais mal !
LLS .MAKIS ML KIM TOUJOURS KIRL
— La dernière passion de mon époux ! voilà ce qu’en dit le daguerréotype. %
— l’as jolie, l’air commun... cl quelles mains !... Un se demande ce qu’une créature comme ça peut avoir pour elle.
— L’illégitime, ma chère.
— Ah çà! mon ne craignez pas femme... comme cents lieues... en diligence?...
— Je connais le conducteur !
gendre , d’envoyer ça... faire
vous
votre
trois
— Pa’e' que? l'a’c’ que ça a’ in’ va pas, pa’c’ que ça m’ plaît pas! pa’c’ que je... n’ie veux... pas!
mon ami, que je te trouve beau dans ce
rôle-là!
— Adolphe (il fait si beau temps aujourd’hui ! ), sais-tu, si tu étais gentil, ce que tu ferais?
— Oui... je ne ferais rien.
— Hein?... non, j’aiine pas ce ruban-là. . . Ça te vas mieux quand tu te coiffes comme marne Henri.
au pied des autels
— Trois ou quatre méchantes chopines... ça tourne de l’œil!... et ça vous a promis aide et protection !... un canard comme ça!...
— Pour passer inspecteur faut des protections, et c’est-i’ toi qui m’eu auras, des protections?