I.F.S MAKIS ME FONT TOUJOURS RIRE
— C'te sainte Ursule-là?... c’est une vieille étude... d’un objet que.. .
(jadis!) je... tenais... sous ma serre
puissante.
— Serre tempérée, ma poule.
— On dit que le mariage range un homme; moi, je ne sais pas... ça me dérange.
LES ENFANTS TERRIBLES
IJn écrivain américain, Washington Irwing, a dit que les petits chiens et les enfants étaient des membres influents de la société française. L’ observation a pu paraître malicieuse aux États-Unis; en France, elle ne blessera personne. L’attachement des dames sensibles plaide assez haut pour les chiens ; nous ne parlerons que des enfants.
Ils ont toujours tenu une place considérable dans les sociétés polies. Un célèbre capitaine grec ne craignait pas de dire que son fils gouvernait la Grèce, parce qu'il gouvernait sa mère, qui le gouvernait lui-même. Ce mot nous donne tout de suite le secret de l’influence des enfants dans une société. Une si grande autorité dans un âge où la raison n’est nullement développée, où tous les
instincts ont encore une force de ressort qui les fait prédominer, doit nécessairement produire des tyrans. Mais le mot est affreux; ou les appelle des enfants terribles.
L’enfant terrible est celui qui ne s’est pas plié aux préjugés, qui ne connaît pas les artifices de la langue dorée, et se heurte à tout, excepté à la vérité qui est suspendue à ses lèvres. C’est un sauvageon dont les fruits sont toujours aigres. 11 est curieux, impertinent et indiscret autant que bavard, sans qu’il entre de méchanceté dans ces défauts. Malgré toutes ses imperfections il a du bon; les parasites et les amoureux le redoutent autant que le chien de garde.
Kcoutez-le; on croirait que c’est une bouche de fer qui parle.
LES EXFWTS TERRIBLES
— Maman, c’est mosieu .. lu sais, ce mosiou qui a ce nez.
— C'est vous qu'êtes le «p’and sec qui vient toujours pour dîner?...
mosieu, papa n’y est pas.
— Qu'est-ce donc qui l’a inventée, la poudre, mosieu?... que papa dit que ça n’est pas vous,
lit
— Est-ce que c’est vrai, mosieu d’Alby, que tu couperais des liards en quatre?... Sapristi! comment
donc que tu peux faire?
— Maman va venir, pas tout de suite; elle est avec madame Pelet. Vous ne la connaissez pas.
madame Pelet?... c’est une vieille dame qui vient pren-
dre les cheveux blancs à maman avec une petite pin-
celte. . Maman en a joliment ! moi, je n’en ai pas.
— Petit chérubin , j’ai apporté du bonbon pour vous; je vous le donnerai quand je m’en irai...
— Eh bien, mosieu, donne-le-moi tout de suite, et puis va-t’en.
LES ENFANTS TERRIBLES
— Mosieu! n’est-ce pas que ça n’est pas vrai, que vous n’avez pas les cheveux peints?
— N’est-ce pas, mesieu Prud’homme, qu’il ne faut pas mettre un h à omelette?... La! vois -lu, maman !
— Mère, est- ce que c’est le crevé de ce matin, que t’as dis que ça serait toujours assez bon pour lui !
— Que tu es donc godiche, Toinon, de venir tous les malins comme ça pour que papa te mette de l’argent dans ton affaire... puis-
que lu vas faire banqueroute, bête !
Mi
— Est-ce que vous payez des impositions comme papa, mosieu Pastorin, pour être usurier ?
— Ma taule Aurélie qui disait l’autre jour à maman qu’elle t’en ferait voir des grises si tu deviens son mari.. . Des grises... quoi donc, dis?
— Maman a écrit à mosieu Prosper, et papa a vu la lettre.
Oh! if était joliment en colère, papa... parce que maman avait fait une faute.
A — Ils t’ont dit de jouer tant que tu voudras' dans la salle à manger, et ta mère t’a donné...
quatre sous! . . Malheureux!...