DOMINIQUE MASSÉNA, NÉGOCIANT
La forte et curieuse personnalité de Dominique Masséna, : le grand-père du maréchal, se détache nettement au milieu de toute la famille à laquelle il semble infuser un sang nouveau.
Né à Levens vers 1696 et fils d'Augustin, dont la situation de fortune était aisée, Dominique, comme ses parents, vécut au village ses premières années. Pour quelles raisons et à la suite de quels évènements se résolut-il à quitter Levens et à changer d'existence ? on ne sait ; quoiqu'il en soit, nous le verrons rompant avec le passé pour obéir à une sorte d’impulsion secrète que la nécessité, tout au moins, ne semble pas justifier, abandonner le village natal, la vieille maison paternelle où avaient vécu tous ses aïeux, le paysage familier où il avait passé son enfance et sa jeunesse, les parents restés fidèles au clocher, les amis de toujours, pour venir à Nice, s'y créer un foyer, fonder une famille et s'installer commerçant (1)
Ce besoin de changement, de nouveauté, ce trop plein
(1) Le recensement de la ville de Nice en 1734, lui donne la profession de « rivendarolo », revendeur. Nice. Arch. dép. C. 4, t. 1, folio 245,
d'énergie qui pousse à la recherche des aventures, ce sentiment qui naît et semble se manifester pour la première fois chez Dominique Masséna, se retrouvera amplifié chez ses enfants. De Nice, ils se disperseront à leur tour, les uns jusqu'en Amérique, les autres en France ; ils deviendront soldats ou entrepredront des professions diverses, au hasard des occasions et des circonstances, métiers nouveaux que personne dans la famille n'avait exercé jusqu'alors.
C'est avec Dominique Masséna que vers 1723, la famille devient définitivement niçoise. Pourtant, si, à partir de cette époque, Levens ne tient plus dans leur esprit et dans leur cœur qu'une place secondaire au profit de Nice, où se trouve leur nouveau foyer et le siège de leur intérêts principaux, Dominique Masséna n'oubliera jamais les propriétés de famille, bien au contraire, toute sa vie et jusqu'à la veille de sa mort, il s'efforcera par des acquisitions nombreuses et judicieuses, d'agrandir le patrimoine familial et surtout le domaine de Saint-Antoine de Siga (1).
De Nice, il s’y rendait de temps en temps. Les routes actuelles n'existaient pas et 1! faisait le trajet sur sa mule (2)
(1) Nice. Arch. dép. Livres des Notaires. Insinuation Sarde C836-folio #82 année AP DTivre
(RAA ETS » 403 » 1730 » 6 GS » 306 » 17e » 2 C.. 340 » 354 $ 2, 6 avril 1731, folio 80-82.
1731. Livre 4, folio 358 $ 2, 4 mai 1131.