LE TOUT MONNOIE PIÉMONT
44 MASSÉNA Voici maintenant les dettes :
Pour la dot de la citoyenne Marguerite Masse, épouse du décla-
rant, en vertu d'acte du 14 mars 1753 (v. s.), reçu pär le notaire Vidal, de Pignans, pour copie authentique du notaire
Fabre. Re SR RS ET Re pere ne ES RC DON
Aux créanciers désignés dans l'acte du 29 septembre 1789 VHS NMTeCU EF era EE PRE EPA ME CRT NE OCR 200 Au citoyen Marcel Masséna, frère du déclarant. 2.741 TOTAL DE L'ÉTAT PASSIF. -. . 8.950
déclare le soussigné n'avoir depuis la publication de la loi du 28 mars 1793... vendu ni donné rien de ce qui lui appartenait.
L'étatactit Fr 1Mlare 22106570 L'État PASSE 9.950 RÉSDUL RSS 4200
Augustin Masséna déclare, en oufre, quil a quatre enfants : Philippe-Emmanuel, Victoire, épouse de J.-B. Feraudi, Lucrèce-Françoise, femme de H.-V. Galli et François, absent et rayé provisoirement de la liste des émigrés.
Ce relevé de la fortune d'Augustin Masséna est-il bien sincère et n'a-t-il pas été établi pour les besoins de la cause ? Il est permis de se montrer sceptique, si l'on remarque qu'Augustin avait doté ses filles convenablement, qu'il ne fait pas état, dans l'inventaire de ses biens, de sa fabrique de savon dans laquelle il employait des ouvriers (1) et que plus tard le Préfet des Alpes-Maritimes fait figurer Augustin Masséna parmi les notables de la ville de Nice. Par contre, son fils, Philippe Masséna,
(1) Augustin Masséna indique même qu'avant la Révolution, son propre fils François fut employé dans sa fabrique comme « garçon ouvrier » et vivait du produit de son travail journalier. (Arch. nation. F. 7, ASG4 : dos. 28.097, Lettre d'Augustin Masséna au citoyen Ducos, datée de Nice, le 15 fructidor an VID). |
Cliché J. Girerra, phot Nice
Maison d’Augustin Masséna. Nice, rue de la Préfecture (état actuel)
Pre. p. 45
déclare le 15 thermidor, an VII, devant le juge de paix du premier arrondissement de Nice, d'une part, que son frère François bien que dénué des biens de la fortune et ne possédant rien que ses bras, est « enfant de famille », et, d'autre part, que son père Augustin « peut posséder pour toute fortune des biens pour une valeur d'environ huit mille francs » (2).
Un autre certificat établi sur les dires de témoins pour attester que François Masséna était bien ouvrier et ne possédait rien, indique que celui-ci n'avait aucun autre moyen que son travail pour subsister « puisque le père, chargé de famille, avait à peine de quoi vivre, lui et la restante famille du produit de ce peu de biens qu'il lui restait » (3). Tout cela bien contradictoire ; toutefois, Augustin Masséna obtint l'arrêté d'abandon qui lui était nécessaire et c'était pour lui l'essentiel.
François Masséna revint à Nice. Il rejoint son cousin le général qui l'accueille affectueusement, lui donne un emploi et plus tard, sollicite pour lui une place de commissaire des guerres. Nous verrons par la suite comment il se comporta dans sa nouvelle situation.
L'Empire arrive ; Augustin Masséna, qui porte un nom illustre, joua un petit rôle politique et occupa divers postes sans grande importante.
Au mois de nivôse, an XI, le Préfet des Alpes-Maritimes, M. Châteauneuf-Randon, indique son nom dans les pro-
(2) Arch. nation. F. 7, 4864 dos. 28.097,
Notons encore que François Masséna et son père Augustin sont portés au rôle des contributions de Nice en 1808 pour une somme à peu près équivalente. Liste des membres du Collège électoral du département à Nice : 19 Masséna François, ex-commissaire de guerre, 50 ans, domicile politique : Nice ; marié, fabricant de savon, puis commissaire des guerres. Contribution : 188 francs. 20 Masséna Augustin, 80 ans, rentier, marié, quatre enfants, ancien savonnier, 185 fr. 90 de contributions. (Arch. nation. F. I. C. 3 (Alpes-Maritimes), 21 novembre 1808).
(3) Arch. nation. F, 7, 4864, dos. N° 28.097,
positions qu'il soumet au Ministre de l'Intérieur pour la présidence des Assemblées du Canton de Nice-Est (1).
Précédemment, le 16 avril 1773, désigné comme scrutateur de la quatrième section (Saint-Jacques), lors des élections des Assemblées Primaires, il signa avec son neveu, Louis Gaudo, tailleur, une protestation adressée aux maire et officiers municipaux de Nice contre l'interprétation donnée à la loi « et suivant laquelle seuls pourront voter dans les Assemblées Primaires ceux qui sont inscrits sur les contrôles de la garde nationale » (2).
Augustin Masséna fut également membre de Ia Commission des hospices civils réunis de Nice. Il se démit de ses fonctions en prairial, an VIIT, car son âge avancé et ses infirmités ne lui permettaient plus de les exercer (3). Il mourut à Nice le 5 janvier 1815 (4), à l'âge de quatrevingt-huit ans : sa femme, née Marguerite Masse, mourut également à Nice en 1820 (5). |
(1) Nice, arch. nat. F. 1. C.3, Alpes-Maritimes ancien (carton Î{)-
(2) Nice, arch. munic., vol. « Assemblées primaires ».
(3) Nice, arch. munic. vol. &« Hospices réunis » correspondance de l'an VI à IST. Voir lettre de la Commission des Hospices en date du 21 prairial, an VIII et registre des délibérations du Conseil Municipal, an VIII, vol. 13, folio 14-15. Nomination de Pierre Mars, liomme de loi en remplacement d'Augustin Masséna.
(1) Nice, arch. cathéd. registre des décès, vol. 15, folio 21. .
(5) Nice, arch. cathéd. registre des décès, vol 15 folio 81,
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MADAME THORANT-BOTTIÉ
Le quatrième enfant de Dominique Masséna fut une fille : Angélique Thérèse. Elle naquit à Nice, le 9 décembre 1728, et fut baptisée à la cathédrale le 12 du même mois ; son parrain fut M. Pierre Puons, et sa marraine, M': Honorine Ricord (1).
Dix-sept ans plus tard, lors de l'occupation de Nice, par les troupes franco-espagnoles, Angélique-Thérèse Masséna fut remarquée et demandée en mariage (2) par un lieutenant au régiment des fusilliers de la Montagne, au service de la France, Dominique Thorant, fils de Bernard, né à Millas (Roussillon). Le mariage fut célébré à la cathédrale le 7 septembre 1745, et les témoins furent André Deporta et Auguste Masséna, beau-frère et frère de l'épouse (3).
Celle-ci n'avait apporté en se mettant en ménage qu'un trousseau, mais elle dut par la suite réclamer une dot,
(i) Nice, arch. cathéd. registre des baptêmes, vol. 29, folio 96.
(2) Les mariages entre les militaires français ou étranger et des niçoises n'étaient pas rares à cette époque.
«.…. En 1747, septembre, un chirurgien au service da l'armée de Ferdinand VI, ayant entre autres témoins, le premier médecin de l'Infant Don Philippe, épouse une niçoise : de même le barbier de l'Infant, le maréchal des grenadiers au service de ce prince et de nombreux officiers et soldats tant espagnols que français... Il en avait été ainsi durant la première occupation hispano-française. En 1715, un capitaine au régiment Vieille Castille, major de la Place, avait épousé une niçoise. Un des témoins était le comte Charles-François Lascaris de Vintimille ; la même année, un lieutenant au régiment de Provence, s'était marié à la veuve d'un sénatour niçois. « Nice à travers les äges » catalogue de l'exposition du cercle artistique à Nice, préface de M. G. Doublet. Nice, imp. du Commerce, 1919, p. 39-10 ».
(3) Nice, arch. cathéd, registre des mariages, vol. IH, folio 38 $
car, trois ans plus tard, le 22 juin 1748, sa mère, M": Lucrèce Blanc, et son frère Augustin, par un acte dressé par Millonis, notaire, lui attribuent une dot de mille lire payables dans un délai de trois ans et sans intérêts (1). :
M Dominique Thorant dut continuer à habiter alternativement Nice, où le 7 octobre 17353, elle fut la marraine du deuxième enfant de son frère Augustin, Marie Masséna, Jeanne-Marie-Thérèse, qui devait mourir à deux ans, et Levens, où naquit sa fille, Rose-Marie Thorant.
Le lieutenant Dominique Thorant mourut à une date qui n’est pas précisée. Sa veuve demanda alors à ses frères de lui payer les milles lire qui lui avaient été attribuées en dot après son mariage. Ses frères se faisaient tirer l'oreille pour ce remboursement, elle dut les assigner devant le tribunal qui, par son jugement du 10 juillet 1756, lui donna gain de cause, mais ne pouvant malgré cela être payée, elle fit saisir le bétail des frères Masséna qui pâturait sur les montagnes de Gréolières et fut vendu aux enchères publiques à Belvédère. Un acte du 26 décembre 1756, termina cette affaire par un arrangement amiable (2).
Veuve à vingt-huit ans, M" Thorant songea à se remarier ; elle épousa à Nice, le 30 novembre 1756 (3), Joseph- Hyacinthe Bottié (ou Bottiero), né à Turin et fils de Jacques-André, en présence de Pierre-Joseph Meglia et Gaétan Parodi, témoins.
Quelques jours auparavant, le 26 novembre 1756 (4), elle s'était constituée en dot par contrat de mariage, un trousseau complet, quelques bijoux, un petit mobilier et une somme de six cents lire dont cent soixante en espè-
1) Nice, arch. dép. C. 406 folio 313 (17IS-L. 2).
(2) Nice, arch. dép. C. 8 folio 432 (1756-L. 4). ) Nice, arch. parois. St-Martin. folio 121-1756, mariages. ) Nice, arch. dép. C. 348 folio 437 (1756-L. 4).
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ces, cent soixante et onze représentant la valeur de dixneuf livres de soie à raison de neuf lire la livre et deux cent soixante-neuf lire en effets, victuailles et marchandises diverses, reçues par Bottié, avant la signature de l'acte.
Le nouveau ménage ne dut pas avoir d'histoire, car il n'est plus question de lui à partir de cette époque.
M'° Blanc, veuve Masséna, par son testament, attribue à M" Bottié comme à ses autres filles, un legs de vingtcinq lire (1), dont celle-ci donne quittance à son frère Augustin-Marie, le 16 février 1780, par un acte consigné à cette date sur les registres de l'Insinuation sarde (2).
En 1782, les époux Bottié constituent un cens annuel de quinze lire, dix-sept sols et deux deniers au profit de Rose-Marie Thorant, leur fille et belle-fille, devenue folle (3). C'est à cette occasion que l’on rencontre le nom de la famille Bottié pour la dernière fois.
(1) Nice, arch dép. C. 484, folio 139 (1769-L. L.).
(2) Nite, arch. dép. C. 530 folio 292 (1780-L,. L.).
(3) Nice, arch. dép. C. 544 folio 290 $ 2 (1782 L. 5).
{4) On remarque aux archiveves municipales de Nice, dans une liasse « émigrés » et sur un tableau des huit sections et des citoyens qui se sont absentés de Nice en 1793, les noms de Bottiéri Joseph fils, homme de loi, Thérèse, son épouse et leurs trois enfants : Scipion Rose et Casinuir,, partis de Nice le 27 septembre 1793 et qui demeuraient auparavant dans l'Isle N° 6. San Basso, mais bien qu'il y ait similitude de noms, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit de la famille Bottié qui nous occupe ici.
MADAME FRANÇOIS BEGHET
Marie-Elisabeth Masséna est née à Nice, le 1° février 1730 (1) ; elle fut baptisée en l'église cathédrale. Son parrain fut Honoré Sasserno, et sa marraine, M': Catherine Sasserno, la fille de celui-ci.
Elle a probablement épousé François Beghet et dut être connue de la famille sous le nom d'Isabelle ; c'est en tout cas à « Isabelle, épouse de Beghet »‘ que Mr° Blanc, sa mère, dans son testament, laissa, comme à ses autres filles, vingt-cinq lire (2).
Nous n'avons sur elle aucun autre renseignement.
(1) Nice, arch. cathéd. registre des baptêmes, vol. 29 folio 129. (2) Nice, arch. dép. testament de Lucrèce Blanc, du 20 janvier 1769 C. 484, folio 139 (1769 L. I ).