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poraire de la Place d'Antibes. Les anciens services de ce brave militaire, la manière distinguée dont il a rempli ses fonctions jusqu'à présent, m'engage à vous le recommander fortement. Veuillez donc, Général, avoir égard à sa juste demande. Salut et Fraternité.
Signé : SCHERER (1).
LA Le Ministre de la Guerre donna un avis favorable à
le
cette demande, d'autant plus que le commandant Bragard, de Grenoble, malade, n'avait pas accepté le poste d'Antibes. Par décision du 19 brumaire, an IV, le Directoire exécutif rétablit Marcel Masséna dans son commandement :
Aucun évènement important ne marque les années qui suivirent ; le 7 nivose an IV (17 décembre 1797) il écrit au Ministre de la Guerre :
La quantité de batteries établies sur les côtes dépendantes de la Place d'Antibes exigent, citoyen Ministre, la plus grande surveillance. Mon âge ne me permettant plus de faire un service assez actif à pied, je suis forcé de nourrir un cheval à mes dépens pour cet objet, Cette place n'étant que de 4° classe, cette dépense emporte une trop forte partie des émoluments qui y sont attachés. Les fourrages qu’on perçoit dans les fortifications sont si peu conséquents qu'ils ne sont affermés qu'à trentequatre quintaux. Je vous demanderàai donc, citoyen Ministre, que vous m'accordiez les fourrages de la place qui pourront m'aider au moins à nourrir mon cheval. La loy, ne m'accordant aucune ration de fourrage, j'ose espérer, citoyen Ministre, que vous prendres ma juste demande en considération, ne grevant le trésor public et qui, cependant, me procurera un petit avantage.
Salut et respect.
(1) Arch. adm. de la Guerre. Doss. Marcel Masséna. Citons également l'opinion du général baron de Marbot, qui déclare dans ses Mémoires (tome II, chap. I). « Ce Marcel Masséna que j'ai connu vers 1800, commandant de la place d'Antibes, était un homme grave et capable, fort estimé de son colonel, M. Chauvet d’Allons ».
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Le Ministre n'accéda pas à cette demande alléguant que:
Les terrains dépendant des fortifications de la place étant déclarés propriétés nationales par l’art. 13 du titre 1‘ de la loi du 10 juillet 1791, le produit, lorsqu'il y en a, doit être vendu à l'enchère et la somme qui en provient doit être versée dans la caisse du receveur du département.
Le 4 nivose, an VII (24 décembre 1798), le fils du général André Masséna tomba malade et son père écrivit au Ministre de la Guerre la lettre suivante :
Armée Française en Helvétie. Au Quartier Général de Zurich, le 4 nivôse, an VII de la République Française Une et Indivisible.
Masséna, Général en Chef, au Ministre de la Guerre.
Citoyen Ministre,
Veuillez bien accorder au citoyen Marcel Masséna, mon oncle, commandant la place à Antibes, un congé de six décades pour conduire mon fils à Montpellier. J'apprends avec douleur que cet enfant Âgé de cinq ans (1) est travaillé d'attaques réitérées de nerfs très alarmants. L'impossibilité de quitter mon poste et l’état de grossesse de mon épouse ne me permettent de le confier qu'à mon oncle pour le faire conduire et traiter à Montpellier. Comme j'ignore si la rigueur de la saison permettra de suite ce voyage, veuillez bien ne pas limiter l'époque du départ ou faire laisser la date en blanc. J'attends de vos bontés que vous lui fassiez adresser de suite le congé à Antibes.
Salut et respect.
Signé : MASSÉNA.
Le Ministre de la Guerre fit diligence pour donner
satisfaction au général Masséna et il l'informa, quelques
(1) I s'agit de Prosper Masséna,
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Jours plus tard, que le congé demandé avait été expédié ps L LA {
en forme de mission :
« afin que votre oncle puisse jouir de ses appointements pendant son absence et sans désigner l'époque du départ pour lui laisser à cet égard la facilité que vous désirez ».
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En l'an VIII, Marcel Masséna a la satisfaction de voir son fils, âgé de seize ans, nommé sous-lieutenant au 12° régiment de dragons, grâce à la protection de son neveu le général, mais il y a une nouvelle alerte comme commandant de place. En effet, Antibes est élevée comme place de guerre de la quatrième à la deuxième classe et Marcel Masséna ne peut en conserver le commandement que s'il est chef de bataillon.
Le général Masséna demande ce grade pour son oncle, afin qu'il soit maintenu à son poste, ou son envoi comme commandant du fort La Malgue à Toulon. Sur un rapport favorable du Ministre de Ia Guerre, Bonaparte, premier consul, nomma par décret du 16 frimaire an IX (7 décembre 1800) Marcel Masséna chef de bataillon et le conserva au commandement de la place d'Antibes aux appointements de deux mille quatre cents francs.
Marcel Masséna ne jouit pas longtemps de ce grade, peut-être même n'eut-il pas le temps de recevoir la nouvelle de cette nomination qui était la récompense de ses longs services, il mourut quelques jours plus tard, le 27 frimaire an IX (18 décembre 1800) à dix heures du soir, après une courte maladie, à l’âge de soixante six ans.
L'année suivante, le 15 thermidor an IX, le général Masséna adressa au Ministre de la Guerre les pièces nécessaire pour faire obtenir une pension à sa veuve. Ces documents nous apprennent, que ni Marcel Masséna, ni sa femme, n'étaient inscrits au rôle des impositions fon-
cières et qu'il payaient une imposition personnelle et mobilière de neuf francs par an savoir :
AFCMSAT Taxe-de-trois journées de Travail TO SR 00 » pour trente francs de loyer d'habitation. re? » somptuaire : une domestique femelle. 1 50 F;=9 00
Après la mort de son mari, M" veuve Marcel Masséna se retira à Toulon, son pays natal ; sa pension fut liquidée le 1° fructidor, an IX, à la somme de quatre cents francs par an. |