‹ Masséna et sa familleChapitre 56 sur 75 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

André Masséna,

Capitaine instructeur

dans la Garde Nationale d'Antibes (1)

Il était dit que Masséna, malgré toutes les vicissitudes qu'il éprouvait, et la malchance persistante qui semblait s'acharner sur lui, resterait soldat.

C'est en effet, à l'époque où il quitte son régiment, le bataillon des Chasseurs Royaux de Provence, abandonnant à la fois, son grade et la carrière militaire sans esprit de retour, qu'on lui propose et qu'il accepte le poste de capitaine instructeur dans la garde nationale d'Antibes.

La création de ce corps remonte à 1789. La municipalité présidée à ce moment par Jean-François Lombard de Roquefort, maire, décida dans une délibération en date du 31 juillet 1789 (2) de lever « une garde bourgeoise » chargée d'assurer la sécurité de la ville.

Antibes était alors une ville de 5600 habitants, place de guerre, port de mer, véritable sentinelle avancée du Var, elle était gouvernée par le marquis de Cugnac. Le

(1) Tisserand. Histoire d'Antibes. Histoire de la Révolution française dans les Alpes-Maritimes. Chabert-Plaucheur. Histoire d'Antibes. Baron Poisson. L'Armée et la Garde Nationale.

(2) Antibes. Arch. municip., délibérations du Conseil municip. du 31 juillet 1789, |

bataillon des Chasseurs Royaux de Provence, et celui des Chasseurs des Ardennes y tenaient garnison. Bien que le besoin d'une milice armée ne se fit pas sentir eu égard à la présence des troupes régulières, l'autorité municipale, cédant à l'exemple général donné par les villes avoisinantes, accomplit le même geste politique en décidant la levée de cette troupe, qui se composa primitivement de trois cents volontaires.

Disons tout de suite que cet effectif restreint ne devait pas tarder à être jugé insuflisant et dès-le mois de mai 1790, dans un discours au Conseil municipal le maire indique : « Que trois cents citoyens volontaires se sont généreusement dévoués à la défense de la chose publique. Il n'est pas juste, ajoute-t-il, que les fonctions de soldat-citoyen pèsent continuellement sur eux, tous les citoyens actifs doivent être soldats de la Patrie ».

Il est vraisemblable qu'en dehors du nombre restreint des volontaires, la qualité faisait aussi défaut. C'est la jeunesse de la ville, de la classe ouvrière surtout, qui la première avait répondu à l'appel de la municipalité. Elle avait apporté dans l'exercice de ces fonctions de soldat citoyen, plus d'élan pour le port de l'uniforme et la nouveauté de l'institution que d'esprit de pondération et de discipline. IT était, dans ces conditions, naturel que la municipalité en vue d'opérer à la fois un renforcement de l'effectif de la milice et une sélection, conçut la pensée de faire appel à la masse des citoyens actifs valides.

Dès le début, les édiles antibois, firent choix comme commandant de la Garde Nationale, de M. Louis-Francçois Granet de Saint-Ferréol (1). Né à Bollène (Vaucluse), il

(1) Louis-François Granet de Saint-Ferréol, né en 1734, à Bollène (Vaucluse), entré au service en 1754, lieutenant au Royal Infanterie en 1799, passé au régiment de Brie, major d'infanterie en 1786, retraité dans ce grade en 1388, se retire à Antibes. Commandant de la Garde Nationale en 590, mort à Coursegoules (Alpes-Maritimes) en 1799.

avait fait sa carrière dans l'armée régulière dont il était retraité comme capitaine major d'infanterie. À ce moment M. de Saint-Ferréol, comme nombre d'officiers s'était retiré à Antibes où il avait épousé Mademoiselle Marie Guide ; il habitait dans la maison de sa femme, rue du Puits-neuf, devenue plus tard, rue de l'Hôtel des Postes, et récemment rue Georges-Clemenceau.

Pour les fonctions de capitaine aide-major instructeur, on fit appel aux talents d'André Masséna et l'on ne pouvait faire meilleur choix. Disons tout de suite qu'il accomplit les devoirs de sa charge à la satisfaction générale. Dans un certificat du 14 février 1792, le Maire d'Antibes s'exprime ainsi: €... a fait preuve d'un véritable patriotisme et de talents militaires dans la place de capitaine aide-major des trois cents hommes des volontaires nationaux, des districts de Grasse et de Saint-Paul envoyés pour la défense de la frontière en 1790 » (1).

Masséna avait accepté ces fonctions non certes par amour des honneurs, pour lesquels il a manifesté de tout temps une parfaite indifférence, mais uniquement pour se rendre utile par ses connaissances militaires et aussi parce qu'il se retrouvait en quelque sorte, en famille

(1) Arch. administ. de la Guerre. Doss. André Masséna.

« Nous, maire et officiers municipaux de la commune d'Antibes, département du Var, certifions que M. André Masséna, adjudant-major du second bataillon des volontaires nationaux du département du Var, s’est toujours comporté de la manière la plus distinguée et qu'il a donné des preuves d'un véritable patriotisme et de ses talents militaires dans la place de capitaine-major de la garde nationale antiboise et dans celle de major des trois cent hommes de volontaires nationaux des districts de Grasse et de Saint-Paul, envoyés pour la défense de la frontière en l'année mil ‘sept cent quatre-vingt-dix ; en foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat que nous avons signé et fait contresigner par notre secrétaire-greffier.

Donné à Antibes dans la maison commune le quatorze février mil sept cent quatre-vingt-douze, le quatrième de la liberté ».

dans la garde nationale, au milieu d'anciens officiers retraités.

A ces derniers étaient échus les grades supérieurs ; quelques bourgeois et négociants, un officier du port, un notaire et un gentilhomme complétèrent les cadres (1).

L'uniforme du nouveau corps fut réglementé comme suit : « habit bleu, parements et revers rouges, collet, doublures veste et culotte blanche, boutons blancs timbrés aux armes de la ville. » La milice devait avoir aussi un drapeau qui fut béni quelques mois plus tard le 5 avri 1790, en l’église d'Antibes. Cet emblème était formé d'une croix blanche, dont les quatre coins étaient aux couleurs de la Nation ; au centre, de la croix figuraient les armes du Roi et de la ville.

L'année 1789 s'achève par le serment civique que firent prêter à leur corps respectifs le 29 novembre 1789, MM. de Cugnac et Saint-Ferréol.

(1) La composition du cadre des officiers de la garde nationale d’Antibes a varié à plusieurs reprises. La voici telle qu'elle résulte de l'état militaire de 1790, c'est-à-dire presque à son origine : 1° Etat-major : De Saint-Ferréol, ancien major d'infanterie ; Masséna,

aide-major ; Reille, directeur à la poste, quartier-maître trésorier ; Gazan, porte-enseigne ; Bernard, chapelier, adjudant. Capitaines-Commandants : De Guide, officier des grenadiers royaux de Languedoc ; Tourre, lieutenant au siège de la maîtrise des ports ; Bernard, bourgeois ; Reille, lieutenant de la Justice Royale. 30 Capitaines en second : Gazan, bourgeois ; Gazan aîné, négociant ; Bouchard d’Aubeterre, garde du corps du roi; Gazan cadet, négociant.

4 Lieutenants en premier: Gallou fils, bourgeois ; Rostan, bourgeois ; Reibaud de Clausonne fils, bourgeois ; Maurice de Barquier, gentilhomme.

00 Lieutenants en second: Vial, négociant ; Rostant, bourgeois ; Leidier, notaire royal; Valentin, négociant.

6 Sergents-major : Artaud, maître-maçon ; Amenc, peintre ; Amenc, lieutenant des maîtres perruquiers ; Dumont, négociant.

(Etat militaire de la Garde Nationale de France pour l’année 1790 par une société de patriotes, Paris, chez Le Tellier 1790, ? vol, in-12),

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L'état d'esprit créé en France par l'affaiblissement progressif du pouvoir royal, la désaffection du peuple pour la monarchie et ses institutions, les progrès successifs de la Révolution en marche avait eu pour conséquence les insurrections dans les villes, les pillages et les massacres dans les campagnes, l'insubordination latente de l'armée et, de la flotte et une émigration à l'étranger tous les jours plus nombreuse. Les émigrés, dans la pensée de lutter contre la Révolution et de venir au secours du trône chancelant s'organisaient aux frontières, entre tenaient des intelligences à l'intérieur, notamment dans les villes du midi, ainsi qu'avec un grand nombre d'officiers des régiments.

La surveillance et la vigilance surtout dans les villes frontières demandaient à s'exercer avec activité pour parvenir à déjouer les complots sans cesse renaissants des émigrés, arrêter les déserteurs (1) et assurer l’ordre public. C'est vraisemblablement sous l'empire de ces préoccupations que la municipalité d'Antibes songea à prendre des mesures nouvelles de précaution pour sa sécurité, à renforcer la garde nationale et à l'appeler à jouer un rôle plus effectif en lui confiant même certains services exclusivement assurés jusqu'alors par les troupes régulières de la garnison (2).

(1) Antibes, Arch. municip. D. 2-7. Signalement de huit prisonniers échappés de Draguignan, transmis au poste de l'avancée par St-Ferréol.

(2) Les démélés entre la garde nationale et les troupes régulières, surtout avec le bataillon des ehasseurs des Ardennes, furent nombreux et soulevèrent à la municipalité un grand nombre de difficultés. Les chasseurs des Ardennes refusaient de présenter les armes à la garde nationale, en passant devant elle ; ils faisaient de la contrebande, rossaient les habitants, et maraudaïent continuellement dans les propriétés. Leurs méfaits font l'objet d'une nombreuse correspondance du Conseil général de la Commune d'Antibes.

(Antibes, arch. municip. D. 2-7. Regist. de correspondance du Conseil général de la commune 1790-1793 et D, 2-7, 9 août 1791. Plainte à la suite

d'une rixe).

Le 26 avril 1790, elle faisait à M. de Saint-Ferréol une communication qui réflétait cet état d'esprit.

« Nous avons jugé à propos, — lui écrivaient les édiles antibois, — relativement aux circonstances et à l'exemple de plusieurs villes de la Provence, de demander que la garde du Fort Carré (jusque là assurée par les troupes régulières) fut confiée à la garde nationale et d'établir un poste à l'avancée pour surveiller tous les étrangers qui s'introduisent dans la ville ».

La municipalité ajoutait que le modeste effectif de la milice bourgeoise ne lui permettait peut-être pas de supporter sans dommage, cet excédent de service, et qu'il serait sans doute utile d'envisager son renforcement par l’'enrôlement de tous les citoyens actifs valides.

Elle invitait le commandant de Saint-Ferréo!, à consulter sa troupe sur ces diverses considérations, s'engageant à surseoir jusqu'à nouvel ordre, au renforcement de l'effectif de la milice, si cette dernière jugeait qu'elle pouvait par ses propres moyens y faire face.

La lettre ci-dessus faisait en outre allusion, en les réprouvant, à certains bruits répandus en ville sur le soidisant mécontentement de la municipalité envers la garde nationale et son chef (1).

(1) Arch. municip. d'Antibes. D. 2-7. Correspondance (1790-1793). Antibes, le 26 avril 1790, à M. de Saint-Ferréol, commandant de la milice :

€ Nous avons jugé à propos relativement aux circonstances et à l'exemple de plusieurs villes de la Provence de demander que la garde du fort carré fut confiée à la troupe nationale et d'établir un poste à l'avancée pour surveiller tous les étrangers qui s'introduisent dans la ville : le service exigera au moins 15 hommes par jour, outre la patrouille qui devra avoir lieu pendant la nuit. Nous avons cru que le petit nombre d'hommes dont votre corps est composé et que surtout la classe des travailleurs qui en forme la majeure partie, ne lui permettait pas de se livrer aux services si étendus. Nous avons pensé enfin qu'il n'était pas juste que les habitants profitassent de leurs veilles et de leurs fatigues sans les partager avec eux. Toutes ces considérations, Monsieur, nous ont

Le commandant de Saint-Ferréol répondait aussitôt à la municipalité, en l'assurant de tout son dévouement et de celui de ses hommes. A la réception de cette lettre, le Maire, à la date du 1° mai 1790 (1) s'empressait d'assurer le commandant de la milice, que la municipalité n'avait Jamais douté des sentiments dont son corps était animé pour le seryice de la patrie et de ses propres sentiments « mais, — ajoutait-il, — nous avons cru et nous croyons encore que le zèle de la milice ne doit pas lui tourner à

déterminé à proposer au Conseil général de la commune un projet de règlement pour armer toute l'habitation, en faire un corps véritablement constitutionné, dans lequel celui que vous commandez serait refondu. Nous n'avons été porté à cette démarche que par le bien qui peut en résulter pour la chose publique. Si on nous prêtait quelques autres sentiments, notre cœur n'en est pas susceptible, et nous ‘croyons avoir fait nos preuves à cet égard. Il nous est cependant revenu, Monsieur, que quelques esprits mal intentionnés avaient répandu dans votre corps que la municipalité était mécontente de ses services et que c'était là l'unique raison pour laquelle on voulait former une autre milice citoyenne. Nos registres font foi du contraire et rien ne pouvait nous forcer de dissimuler nos sentiments. Pour le leur prouver même de la manière la plus évidente, sous avons l'honneur de vous proposer, Monsieur, de vouloir bien consulter votre corps pour connaître s’il pourra se charger de la garde du fort, de celle du poste de l'avancée, et de la patrouille dans la ville pendant la nuit. Si dans l'état où il se trouve, il peut se charger de ces trois objets, nous -consentons de renvoyer le projet de règlement et la nouvelle formation de la garde Nationale jusqu'à ce que l'Assemblée nationale aït fait connaître l'organisation qu'elle entend donner à ce corps. Vous voudrez bien, Monsieur, nous faire connaître le résultat de détermination que vous aurez prise ».

(1) Arch. municip. d'Atibes. D. 2-7.

Antibes, le 1° mai 1790, A Monsieur de Saint-Ferréol,

« Nous recevons la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire. Jamais nous n'avons douté des sentiments dont votre corps est animé pour le service de la patrie et jamais personne ne sera plus propre que vous pour les inspirer et pour les entretenir, mais nous avons cru et nous croyons encore que son zèle ne doit pas lui tourner à dommage, que tout citoyen indistinctement est tenu de s'armer pour la cause publique, et qu'enfin tout corps doit être soumis à un règlement et ne peut

dommage, que tout citoyen indistinctement est tenu de s'armer pour la cause publique et qu'enfin, tout corps doit être soumis à un règlement. »

Et dans ce but la municipalité loua aussitôt pour servir de corps de garde un local plus vaste que la boutique du rez-de-chaussée de la maison du beau-père d'André Masséna, le chirurgien Joseph Lamarre, qui avait rempli cet office jusqu'alors.

« Messieurs, dit le Maire (Reïlle Esprit), rous avons fait prendre une boutique appartenant au sieur Joseph Lamarre pour servir de corps de garde à la milice nationale au prix de 4 livres, 10 sols par mois et cet arränge-

exister sans lui; voilà les objets que nous avons mis sous le Conseil général de la commune et que nous avons soumis à sa délibération. Obligés de veiller à la police et à la tranquillité de la ville, obligés de nous tenir en garde contre tout ce qui peut se passer en dehors, comptables enfin, envers la nation entière de la moindre négligence dont nous pourrions être coupables à cet égard, il ne nous est pas possible de négliger aucun des moyens que nous avons en mains pour prouver notre vigilance et notre zèle. Nous serons cependant toujours charmés de pouvoir les concilier avec ce que nous devons aux citoyens généreux qui se sont dévoués à notre défense. Jusqu'à présent, ils avaient fourni pendant la nuit, une patrouille de 10 hommes, commandée par un officier. Nous croyons, Monsieur, qu'on peut, dès à présent discontinuer ce genre de service ; son objet était d'empêcher les vols qui sont assez

fréquents dans les nuits d'hiver et la belle saison fait cesser ces motifs

de crainte ; il est cependant nécessaire qu'il existe toujours une garde pendant la nuit pour la police, le feu et autres accidents qui peuvent survenir ; d'après cette considération, la municipalité a déterminé que la garde nationale serait chargée pendant le jour du poste de l'avancée et qu'il y monterait un officier, un bas officier et trois soldats qui y demeureraient depuis l'ouverture jusqu'à la fermeture de la porte et que dans la nuit, ils resteraient dans l'hôtel de ville ou dans tout autre lieu plus commode qu'on pourra leur trouver pour leur servir de corps de garde. Cet arrangement est conforme à ce que vous nous avez fait l'honneur de nous mander, qu'il vous paraissait juste qu'un citoyen armé devait jouir d'un repos de vingt jours ; en admettant que votre corps est composé de 200 hommes, il y aura 40 jours d'intervalle dans le service. Nous vous prions, Monsieur, de vouloir bien nous mander le résultat des ordres que vous aurez donnés à cet égard »,

ment qui avait commencé au mois de mai dernier a fini le 29 septembre courant. Comme il est nécessaire d'avoir un emplacement pour servir au même objet, nous avons traité avec la dame Léotardi, veuve Laugier, du loyer d'use boutique et arrière-boutique qu'elle a, place Neuve (1) et nous sommes convenus d'une rente de 66 livres par année, payable de six en six mois et par avance » (2).

D'autre part, la municipalité fixait le service de jour de la garde nationale au poste de l'avancée et décidait qu'il se composerait d'un officier, d’un bas-officier et de trois soldats qui devaient assurer le service de l'ouverture à la fer meture de la porte, avec la consigne suivante :

Consigne par le corps de garde de l'avancée :

1° L’officier de la garde nationale qui sera de service à l’avancée inscrira, sur le registre qui lui sera remis, tous les étrangers qui se présenteront pour entrer dans la place tant à cheval qu’en voiture ou à pied. Il se fera représenter les passeports dont ils doivent être porteurs et les visera en mettant en bas : vu passer à Antibes le... et signera ensuite de son nom et de son grade.

2° Si quelqu'un de ces voyageurs lui paraissait suspect, qu'il fut dépourvu de passeports ou qu’il ressemblat aux signalements qui pourront être remis, il les fera conduire à la maison commune par un soldat de son poste.

3° Les soldats de la garde nationale qui seront de service au même poste veilleront avec la plus grande attention sur tous les étrangers qui se présenteront pour entrer dans la place ils les feront arrêter devant le corps de garde où l'officier prendra leur nom et visera leur passeport.

Fait et arrêté par nous, Maire et officiers municipaux à Antibes dans la salle de la maison commune, le 10 mai 1790.

(i) Aujourd'hui dénommée place Nationale.

(2) Arch. municip. d'Antibes. D. 2-7,

La garde nationale se composa bientôt de deux bataillons : (1) le premier, sous les ordres du commandant Jacques Plaucheur et le second ayant Charles Leydier comme commandant. Tous les officiers sont portés sur les différents états, comme résidant à Antibes.

C'est dans le courant de mai 1790 qu'un projet de fédération des gardes nationales du district de Grasse fut lancé par cette dernière ville, sous forme d'appel, aux diverses gardes nationales des villes placées entre Îles rivières de Siagne et du Var; et le 3 juin 1790, Antibes informait le Maire et les officiers municipaux de Grasse de la participation de la garde nationale au projet de confédération sous la forme d’un délégué : M. de Bouchard d’Aubeterre (2).

(1) Nice, arch. dép. L. 109. Garde nationale (départ. du Var), 1° batail- Jon du canton d’Antibes : Jacques Plaucheur, commandant en premier; Nicolas Gaubert, commandant en second ; Bernard, adjudant ; 2e bataillon du canton d'Antibes : Charles Leydier, commandant en premier ; Emmanuel-Gaspard Gazan, commandant en second ; Jacques Bonevie, adjudant.

Voici la composition et les noms des officiers d'après les différentes situations qui figurent aux archives municipales d'Antibes :

(A) Etat de la compagnie n° 1, commandée par Jean-Louis Plaucheur cadet (exercice du 25 mai 1791); Jean-Louis Plaucheur, capitaine en premier ; Charles-Joseph Gazan, capitaine en second ; Louis Gazan, lieutenant en prenuer ; Pierre Bourroul, lieutenant ; Decor Orloger, lieutenant en second ; Barthélemy Cauvin, lieutenant en second ; Pierre Gastaud, sergent-major et 101 hommes. (Antibes, arch. municip. H. 13.-11).

(B) Compagnie Layet Casimir: Layet, capitaine; S.-B. Raybaud, lieutenant ; Joseph Alouch, lieutenant ; Paulin Raybaud, sergent-major.

(C) Compagnie Giraud (vu Girard). (Exercice de 1790) : Louis Giraud (ou Girard), capitaine ; Clément Martin, lieutenant ; Henri Mouton, souslieutenant ; Jean-François Gazaniaire, sergent-major.

(D) Compagnie Gros (exercice du 10 août 1792): Gros père, capitaine ; Antoine Foucart, lieutenant ; Pierre Rostan, premier sous-lieutenant ; Sébastien-Joseph Riester, serg.-major. (Antibes, arch. municip.H.13-11).

(2) Antibes, arch, municip. D. 2-7. Lettre de la municipalité de cette ville à celle de Grasse, du 3 juin 1799,

ËT SA FAMILLE 311

L'assemblée de Grasse avait pour objet de désigner l'endroit et le jour où la fédération devait avoir lieu, mais animée d'un esprit de prééminence sur les autres milices du district, elle décida au mépris de l'ordre du Jour limitatif, de profiter de la présence des délégués pour faire élire un généralissime de la fédération de son choix, alors que la nomination de ce dernier n'aurait du avoir lieu que le jour même de la cérémonie de la fédération.

Grasse mécontenta ainsi les diverses autres milices du district et s'attira notamment une désapprobation de la municipalité d'Antibes (1). Quoique conçue en des termes fort corrects, elle n'en constituait pas moins une énergique protestation : « nous avons vu avec peine, écrivait le Maire, à la date du 11 juin 1790, aux officiers municipaux de Grasse, qu'à l'assemblée tenue à Grasse le 4 de ce mois, messieurs les délégués avaient procédé à la nominations d’un commandant général et d'un major. Ils n'avaient aucnn mandat à cet égard et même ils ne pouvaient en avoir aucun, parce que le droit d'élire un chef ne peut appartenir qu'à la troupe elle-même, lorsqu'elle est assemblée ».

Cette lettre qui était l'expression de l'opinion des autres milices bourgeoises du district, manifestait un légitime mécontement dont les effets allaient se faire sentir le jour de la fédération au camp de Châteauneuf.

Dans la pensée de cimenter l'union entre la garde nationale et les troupes régulières de la garnison d'Antibes, les édiles de cette ville conçurent le projet de faire participer une délégation du Bataillon des Chasseurs Royaux de Provence à la prestation du serment civique lors de la confédération des milices bourgeoises fixée au 20 juin dans les plaines de Châteauneuf. Le 16 juin, le Maire

(1) Antibes, arch. municip. Lettre de la municipalité d'Antibes à celle de Grasse, du {{ juin 1790. D. 2-7.

d'Antibes adressait une lettre et des réquisitions en vue de cet objet au marquis de Cugnac, lieutenant du Roy (1) commandant les troupes régulières.

« La garde nationale antiboise, devant se rendre le 20 de ce mois aux plaines de Châteauneuf pour se confédérer avec les autres gardes nationales placées entre les rivières de Siagne et du Var, il serait désirable que le Bataillon des Chasseurs Royaux de Provence ou un détachement de trente hommes dudit corps se joignit à elle pour assister et y jurer sur l'autel de la patrie l'union la plus étroite entre le militaire citoyen et le citoyen militaire, qui n'auraient plus que le même esprit et la même volonté pour la liberté et la prospérité commune. Par Ià, la constitution serait assise sur des bases inébranlables ».

C'est donc de concert avec le détachement des Chasseurs de Provence que le 20 juin 1790 au matin, la garde nationale d'Antibes s'’achemina vers les plaines de Châteauneuf au quartier du Plan, près de Grasse en vue de la fédération.

Chemin faisant, à la hauteur du terroir de Sartoux, les antibois rencontrèrent le détachement de Vallauris et ce fut entre les deux troupes un assaut de courtoisie et de bonnes manières (2) les chefs s'embrassèrent et s'offrirent respectivement de faire passer leurs hommes en tête. Antibes dut marcher devant et dès ce moment les deux détachements ne firent plus qu'un seul corps sous les ordres du Commandant antibois.

A six heures du matin, après une halte d’une heure à Valbonne, où les hommes cassèrent la croûte, la troupe

(1) Antibes, arch, municip, D. 2-7, le 16 juin 1790, Réquisition de la tiunicipalité à M. le Marquis de Cugnac, lieutenant du Roy, gouverneur d'Antibes,

(2) Antibes, arch, municip. H. 8-13. Rapport du capitaine Girard, capitaine des sapeurs commandant le détachement de Vallauris.

reprit sa marche et pénétra dans le camp de la Fédération au son de la musique et précédé du canon (1).

Dès le début de la réunion, le commandant d'Antibes demanda qu'il fut élu un généralissime pour le jour, faisant ressortir l'inégalité du choix opéré quelques jours avant à Grasse, lors de la réunion des délégués en commission préparatoire. Maloré les protestations des milices de Grasse, de Cannes -et de Châteauneuf, dans les rang desquelles avaient été pris le généralissime et les officiers généraux, la réunion se rangea à l'avis des Antibois, et l'on procéda à une nouvelle élection qui assura la nomination en qualité de généralissime pour la journée de M. Barbery, commandant des troupes nationales de Grasse.

Les commandants de chaque corps reçurent aussitôt l'ordre du nouveau généralissisme « d'approcher de l'autel de la patrie, dressé au milieu de la plaine, pour se promettre union et fraternité et jurer à la face ;de l'Eternel de verser leur sang et de sacrifier leur vie pour la défense de la Constitution et de la liberté françaises ».

La messe fut célébrée; puis, M. Barbery, commandant général, malgré les protestations, ne Iut la formule du serment que d’un seul des quatre cotés de l'autel et leva brusquement la séance. Des clameurs s'élevèrent aussitôt, les hommes se précipitèrent en cohue vers l'autel de la Patrie et le dévastèrent. Les troupes se débandèrent puis se groupèrent avec peine dans des emplacements distincts pour se rafraichir. Après le déjeuner pourtant frugal, un nouvel incident éclata. Un officier prit un drapeau qui ornait le camp et alla l’offrir au généralissime qui d'abord le refusa, puis consentit à le prendre non sans qu'une bagarre n’eut éclaté, au cours de laquelle, des invectives furent proférées surtout contre ceux de Grasse. Les fédé-

® (1) Chabert-Plaucheur. Histoire d'Antibes, p. 82, Nice, imp. Cauvin, 1866,

314 MASSEN À

rés en vinrent rapidement aux mains et aux coups de plat de sabre. La précaution avait été heureusement prise de ne leur laisser aucune munition. Notons qu’au cours de la mêlée, André Masséna faillit être tué par un coup de sabre que lui porta le sieur Courmes, perruquier à Grasse (1).

Grâce à des médiateurs de bonne volonté, la querelle finit par s'apaiser sans autre dommage et le même soir, les gardes nationales de Biot, Vallauris et Antibes, fraternisant comme le matin, rentrèrent de concert paisiblement dans leur garnison respective. e

Mais la garde nationale antiboise, ainsi que nombre d'autres, n’en gardèrent pas moins rancune à celle de Grasse et Antibes, notamment, alla jusqu'à demander sa séparation du district de Grasse.

Par décret du 8 juin 1790, l'Assemblée Nationale avait décidé que le 14 juillet 1790, anniversaire de la prise de la Bastille, les gardes nationales de la France entière seraient convoquées à Paris sur la Place du Champ de Mars à la Fête de leur Fédération.

Dès le 24 juin, sur réquisition de la municipalité et en vue d’une délégation à la grande fête de la Fédération à Paris, la garde nationale fut réunie sur la place Sainte- Claire à Antibes, par ordre de M. de Saint-Ferréol, son commandant et en présence de la municipalité. Un procèsverbal (2) fut dressé de la réunion le 28 juin suivant et signé par les ofliciers dont André Masséna, capitaine aide-major.

Après lecture par le commandant de Saint-Férréol du décret de l'Assemblée nationale, devant ses troupes, il

(1) Voir P. Senequier. Grasse 1902, p. 247, J.-E. Malaussène, Saint- Jeannet. Paris, Picard 1909, p. 292.

(2) « La garde nationale antiboise, au nombre de 400, assemblée le 24 juin 1790 sur la place de Sainte-Claire, par ordre de M. de Saint- Ferréol son commandant, sur la réquisition et en présence de la munici« palité, après qu'il eût été fait lecture de l'adresse du citoyen de Paris

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fut décidé qu'attendu les insultes et les mauvais procédés dont la garde antiboise avait à se plaindre de la part de la garde nationale de Grasse, il ne lui convenait pas d'envoyer des députés dans cette ville parce que la sûreté de leur personne pourrait y être compromise » et la réunion décida de confier la mission de représenter la milice antiboise à Paris au capitaine Guide ; mais celui-ci étant tombé malade, il fut remplacé par la suite par M. Honoré Jacques Eustache Gallou.

Reçu à Paris par un de ses compatriotes, M. Christophe Raybaud, le délégué Gallou, après un heureux voyage, arriva à Paris en bonne santé ainsi que l'écrit à la municipalité, le 16 juillet 1790, M. Raybaud et put accomplir sa mission et assister à la Fédération du 14 juillet en qualité de représentant de la milice antiboise (1).

aux Français et du décret de l’Assemblée Nationale du 8 de ce mois, considérant que dans les circonstances actuelles et attendu les insultes et les mauvais procédés dont elle avait à se plaindre de la part de la garde nationale de Grasse, il ne lui convenait point d'envoyer des députés dans cette ville, parce que la sûreté de leur personne paraît y être compromise et, en conséquence, elle nomme M. Guide, capitaine, pour assister au pacte fédératif qui doit avoir lieu à Paris, le 14 juillet prochain, et porter le vœu de son corps et celui des habitants, mais à mesure que cet officier se disposait à remplir sa mission, il est tombé malade et s'est vu dans l'impossibilité de faire ce voyage. Comme il est nécessaire de pourvoir à son remplacement, ladite garde nationale s'est de nouveau assemblée aujourd’hui, d'après les ordres de son commandant et en présence de la municipalité et a unanimement nommé M. Honoré-Jacques- Eustache Gallou, lieutenant en premier, afin de se rendre à Paris et d'y assister à la Fédération générale en qualité de député de la garde nationale antiboise et y prêter tant au nom de son corps qu'en celui de tous les habitants de la ville, le serment d'être unis par les liens indissolubles d'une sainte fraternité avec tous les français et de verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang, pour la défense de la constitution de l'Etat, des décrets de l’assemblée nationale et de l'autorité royale. De tout quoi, il en a été dressé le présent procès-verbal en double original et ont signé qui a su. Fait à Antibes ledit jour, 18 juin 1790. Suivent les signatures dont celle de Masséna, aide-major. Antibes, arch. municip. H. 3-11 ».

(1) Antibes, arch. municip. H. 3-8. Lettre de Chrystophe Reybaud, datée de Paris, le 16 juillet 1790.

Des travaux gigantesques avaient été faits au Champ de Mars en vue de cette fête et des députations de toutes les gardes nationales avec leurs drapeaux devaient y assis-

ter ; « le 14 juillet 1790 (1) quarante mille fédérés pénètrent dans le champ de Mars, en passant sous un magnifique arc de triomphe élevé à flextrémité opposée à l'Ecole militaire et s'y déploient en lignes circulaires, mais le vent du nord et des rafales glacées soufflent à de cours intervalles, les délégués du Midi se mettent à danser la farandole, leurs compagnons les imitent et bientôt une vaste ronde développe gaiement ses anneaux dans l'immensité du cirque. Le roi, qui a été nommé pour ce jour, chef suprême et absolu de toutes les gardes nationales. a délégué ses pouvoirs au général de Lafayette. Il prend place sur un trône placé au milieu des tribunes qui occupent le devant de l'Ecole militaire ; à sa droite et à sa gauche sont celles des Ambassadeurs, des Ministres de la Cour, et de l’Assemblée Nationale. La Reine, avec un brillant entourage est au balcon situé au-dessus de la tribune royale. La cérémonie commence. Deux mille musiciens placés près de l'autel de la Patrie exécutent les airs nationaux et quatre cents prêtres appellent la bénédiction du Ciel sur le contrat solennel qui va faire de la Nation un peuple de frères. Lafayette monte à l'autel, suivi d’un nombreux état-major et prononce le serment fédératif, qui est répété par le Roi et par tous les assistants. Les bannières s’'agitent et le bruit de quarante pièces d'artillerie annonce à la ville l'accomplissement de la Fédération ».

Cette fête avait permis de constater que ni pour la tenue, ni pour l'armement, il n'existait aucune uniformité. Aussi à la date des 27 et 28 juillet 1891, l'Assemblée Nationale rendit-elle des décrets fixant l'organisation et l'uniforme de service pour toutes les gardes nationales de France.

(1) Baron Poisson, L'Armée et la Garde Nationale.

ne

Formés par districts et par cantons, les bataillons se composaient de six à dix compagnies de 53 hommes chacune, y compris officiers et sous-ofliciers. Les drapeaux étaient aux trois couleurs nationales avec des inscriptions : « Le Peuple français » et « La liberté ou la mort ».

Les gardes nationaux devaient être réunis tous les dimanches des mois d'avril, mai, juin, septembre et octobre, par compagnies et être exercés aux évolutions militaires et au tir à la cible.

Cette organisation ne subsista que jusqu'au 10 août 1792.

Le 8 juillet 1790, un évènement heureux s'était produit dans la famille Masséna, sa femme avait mis au monde une fillette, qui reçut les prénoms de Marie-Anne-Elisabeth. Le parrain fut Joseph Lamarre ancien maître-chirurgien « beau-père d'André Masséna et la marraine dame Marie- Anne Aubanel épouse du parrain ». Masséna qualifié de bourgeois signa à l'acte de baptême (1).

Ce premier enfant du futur maréchal devait mourir à Nice, le 18 mars 1794, à l’âge de trois ans et demi (2).

Peu après la Fédération Nationale accomplie, Antibes avait élu un nouveau maire, Reille Esprit, qui ne devait le cèder en rien à son prédécesseur dans le souci d'assurer le meilleur fonctionnement de la Garde nationale et des troupes chargées de la sécurité et le cas échéant, de la défense de la ville (3).

Vers la fin de l’année 1790, la garnison d'Antibes se renforce par l’arrivée de divers détachements de gardes nationales des villes et villages voisins. Des mesures de

(1) Antibes. Reg. de l'Etat-Civil. Reg.des Naissances, vol. 23,8 juillet 1790.

(2) Nice, arch. de la par. St-Jacques. Regist. des décès, vol. 5, fol. 231.

(3) Le 5 décembre 1790, la garde nationale d'Antibes recevait un renfort de 3 officiers, un sous-officier et 91 hommes provenant des gardes nationales de Vence, St-Paul, Vallauris, Mougins, Tourettes et St-Vallier, comme suite aux instructions du Directoire du département du Var. (Antibes, arch. municip. H. 13-11).

Ce même jour, réquisition est faite par la municipalité à M. de Cugnac

surveillance (1) et de défense sévères sont prises. Les gardes nationaux sont rééquipés, armés, et reçoivent leurs cartouches. La crainte de l'ennemi fait édicter des consignes générales pour la mise en état de défense de la ville en cas d'alerte. Un détachement est envoyé à Vallauris où, l’agitation étant grande du secours est nécessaire (2).

Par ordre du Directoire du département du Var (3) daté de Toulon le 25 novembre 1790, un corps de gardes

de faire délivrer par les magasins de la place, 3.800 cartouches, 660 fusils et 2.900 pierres à fusil pour l'armement de la milice d'Antibes et d'un détachement de 300 gardes arrivés en cette ville. (Antibes, arch. municip. D. 2-7. Réquisition du 5 décembre 1790). S

(1) Consigne donnée aux postes du port, à la porte de la Marine, et au môle, pour la visite des bateaux qui se présenteraient et la défense de communiquer avant le visa des passeports des étrangers qui pourraient se trouver à bord.

Consigne supplémentaire donnée au poste de l'avancée pour le visa

des passeports des étrangers et la tenue d'un registre qui devra chaque

jour être présenté à la Mairie. (Antibes, arch. municip. D. 2-7 ; G et 7 décembre 1799).

Organisation d'un poste de garde, à l'hôtel de ville, aux armes, à la fontaine, rondes et patrouilles sur les remparts, dans les rues de la ville et les cabarets pour assurer l'ordre et la tranquillité dans la ville. (Décembre 1790), pour empêcher les animaux de paccager sur les remparts 27 mars 1791).

Consigne pour la garde nationale en cas d'alerte. À la sonnerie de la générale la milice sera assemblée immédiatement sur la place Sainte- Claire, deux postes de 40 hommes iront assurer la garde des magasins à poudre et le transport des munitions. (Arch. municip. d'Antibes, 6-7 et 10 décembre 1790. D. 2-7).

(2) Antibes, ärch. municip. D. 2-7. Réquisition du 12 novembre 1790 à M. de Cugnac pour l'envoi à Vallauris d'un détachement comprenant 90 hommes armés sous le commandement d'un capitaine et d’un lieutenant et que M. Plaucheur, officier municipal, accompagnera pour tenter une médiation.

(3) À cette date, les membres du Directoire du département du Var (Toulon) étaient les suivants : Granet, président ; Philibert, Aurran, Syerges, Roubaud, Maure, Cresp, Daulaus, Debaus, Messier, Aumerat, Guérin, Fedon, Degaye, Martin, Mourre, Luzière, Guigou, Muraine, Honoré Granet, Roubaud fils, Gavoty, Reverdit, Bernard, Jordany, Bernard, Despinassy, Minuty, Cat. Aubert, Braquety, Barthélemy, Alziarv, Second, Poitevine, Lappiers, Gazan fils, proc. gén. syndic,

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nationaux fort de trois cents hommes prélevés sur les effectifs des gardes nationales des communes voisines d'Antibes et commandé par Gazan, capitaine aide-major de la garde nationale de Grasse, est envoyé le 5 décembre à St-Laurent du Var, pour y former un camp d'observation.

Le 28 janvier 1791 la municipalité recevait une délégation des sous-officiers de la garde nationale qui lui exposait que le service à l'avancée et à la porte de la marine était trop fatigant et qu'ils n'étaient plus à même de le continuer, si tous les citoyens de la ville n'étaient appelés à les aider dans ce service.

La municipalité transmettait la plainte au commandant Saint-Férréol en lui indiquant que, désireuse d’adoucir la charge de la garde nationale, elle décidait de réduire le poste de l'avancée à un officier, un sous-officier et trois hommes et celui de la porte marine à deux plantons (1).

Malgré ces concessions, quelques jours après, la municipalité était informée par un rapport de Charles Gazan, officier de la Garde nationale que le poste à l'avancée où il s'était rendu le matin n'était pas gardé par les hommes de service du jour. Les édiles antibois s'empressaient d'en référer au commandant de Saint-Férréol pour qu'à l'avenir la garde fut montée à l'avancée avec plus d'exactitude (2).

Les premiers jours de juillet 1791, une fausse alerte motive des mesures de précaution (3).

(2) Antibes, arch. municip. D. 2-7. Ce service devait être supprimé le 82 octobre 1791.

(3) Antibes, arch. municip. D. 2-7. Les gardés commandés de service et empêchés de le faire, pouvaient se faire remplacer en acquittant une légère rétribution. Lettre du 31 août 1791.

(3) Antibes, arch. municip. D. 2-7. Réquisition de la municipalité le 3 juillet 1791, pour faire assembler la garde nationale le même jour à 5 heures du soir sur la place Ste-Claire et à M. de Cugnac, gouverneur, pour faire garnir les remparts de canons et renforcer la garnison du Fort-Carré Ordre du 9 juillet pour rassembler la milice le lendemain, de 10 h. à 6 heures du soir, pour une revue d'armes.

Le 14.juillet 1791, premier anniversaire de la Fédération à Paris des gardes nationales, toutes les troupes d'Antibes furent appelées à renouveler le serment du pacte fédératif. Dès la veille, réquisition fut adressée à MM. de Saint-Ferréol commandant de la garde nationale, de Cugnac, lieutenant du Roy, commandant de la place et Bouchard commandant du Fort Carré, ce dernier chargé des salves d'artillerie accompagnant la fête.

Les troupes se réunirent à onze heures du matin sur la place neuve et il fut procédé en présence de la population au renouvellement du serment fédératif (1).

Peu après, en septembre 1791, Antibes voyait renouveler sa garnison, Le 1° bataillon de Chasseurs s'embarquait le 14 septembre pour Monaco. Le 2" bataillon ne devait partir que le 16 pour être relevé dès le 15 par le 72"° régiment d'infanterie. En présence de ces changements et vu l'état de Ia mer, qui n'aurait peut-être pas permis au 72" régiment qui arrivait par voie d'eau, d'assurer la garde de la Place et du Fort Carré en temps utile, les édiles antibois requièrent le commandant de Saint-Férréol, de faire exceptionnellement assurer cette garde parles troupes de la garde nationale (2).

A la même époque, André Masséna, appelé aux fonctions d’adjudant major du 2" bataillon des volontaires du Var, faisait ses adieux à la garde nationale d'Antibes dont il avait été capitaine-major instructeur pendant près de deux années.

(1) Antibes, arch. municip. D, 2-

(2) Antibes, arch. municip. D. 2-7, 14 septembre 1791,

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