‹ Masséna et sa familleChapitre 6 sur 75 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Origine de la Famille Masséna

L'origine lointaine des Masséna se perd dans la nuit des temps et en remontant le cours des siècles, pour suivre la filiation, il n’est pas possible de retrouver le fondateur de cette famille qui a donné à la France le plus grand homme de guerre que nous ayons eu sous l'Empire, après Napoléon.

Le premier Masséna (1) dont on rencontre la trace

(1) Les explications les plus diverses ont été données sur l'étymologie du nom de Masséna très répandu actuellement dans le midi de la France et surtout dans l’ancien Comté de Nice. Voici les principales :

(a) Masséna proviendrait de Malausséna qui dérive du latin 77alus serex (vieux malin ou mauvais vieillard). Par contraction, après la chute de la médiane, Malausséna est devenu Masséna. D'ailleurs les noms de Malausséna, Malaussène, Masséglia, Masséna se rencontrent fréquemment dans le département des Alpes-Maritimes.

(b) Masséna serait une corruption du provençal zzaou souna le mal nommé,

(c) Masséna viendrait du sanscrit Mahaséna (général d'armée : Burnouf, Dictionnaire sanscrit, p. 499), d'où cette conclusion inattendue que le maréchal Masséna était peut-être d'origine israëlite. A ce propos, il convient de signaler ici un curieux passage du roman « The Coningsby », de Benjamin Disraéli (Lord Beaconsfield) premier ministre de la reine Victoria d'Angleterre, ouvrage paru vers 1830 et qui déclare que « Several ofthe French Marshal and the most famous, Masséna, for “examples was hebrew : his real name was Manasseh, » Plusieurs maré-

vivait à Levens, en même temps que d’autres du même nom, d’ailleurs, vers 1550. D'autre part, presque simultanément, un demi-siècle plus tard exactement, une famille Masséna existait en Piémont et ses membres étaient pourvus de situations importantes, notamment Jean-Baptiste Masséna, avocat des pauvres (1650) ; sénateur de Piémont (1669) et enfin capitaine général de justice (1675) ; Pierre François Masséna, investi du fief de Monteu, sur le PÔô, le 14 novembre 1665 ; notons encore un mariage célébré vers la fin du XVII siècle entre Catherine Masséna (ou Mazzena) et le noble Lucas Antoine Martini di Castelnuovo (1).

Y a-t:il un lien de parenté entre la branche de Piémont et celle de Levens ? rien n’est moins certain, bien qu'il ne soit pas impossible de supposer, comme on la fait (2) qu'à une époque indéterminée, une branche des Masséna de Piémont ait passé les Alpes à une occasion quelconque pour aller s'établir en pays Sarde, dans la vallée de la Vésubie, à Levenzo (Levens).

Il existe encore aujourd'hui dans ce petit village, plusieurs familles Masséna, issues peut-être d'une même

chaux français et par exemple Masséna, le plus fameux, étaient juifs, son nom véritable était Manassé. » Journal l'Ec/aïireur de Nice, juin 1913. Enquête de M. G. Maurevert ; voir également Drumont « La France juive » T. I, p.49et 324; journal L’/ntermédiaire, n° du 25 novembre 1882,

(d) Masséna — oubli — interversion de Manassé ; nom du fils aîné de Joseph et de la plus grande des douze tribus d'Israël ainsi nommé, nous dit la Bible (Gen. XLI, 51) parce que, à sa naissance, Joseph s'écria : € Dieu m'a fait oublier tous mes soucis. » Manassé aura été volontairement interverti en Masséna au moment de la conversion au christianisme d'un israëlite de ce nom (Journal l'£c/aireur de Nice, 1? avril 1921. Interprétation de quelques noms de famille de Nice et de la région).

Toutes ces explications sont de pure fantaisie ; il n'y a aucune ascendance israélite dans la famille de Masséna. Quant à l'étymologie exacte de ce nom, la question reste entière.

(1) J. de Orestis — La noblesse niçoise — Chap. XLIV. Revue Nice historique, passim.

(2) Opinion émise par M. Henri Sappia. Revue Wice historique, passim,

origine et dont les diverses ramifications eurent des fortunes différentes.

Dans cette étude, nous nous occuperons seulement de la branche de la famille du maréchal, dont les premiers membres se retrouvent à Levens, qui devait devenir le: berceau des ancêtres de « l'enfant gâté de la Victoire », et nous ne citerons que pour mémoire les branches collatérales.

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