CHAPITRE XX
Entrée en Campagne La conquête du Comté de Nice
C'est donc le 5 ou 6 octobre 1792 que le 2" bataillon du Var, avec d'autres unités également embarquées au Cros de Cagnes, arrive par mer dans les eaux de Nice et débarque au port. André Masséna est de retour dans sa ville natale, au milieu des siens et de sa nombreuse famille, retrouvant non sans quelque émotion, son oncle Augustin, qui a veillé sur son enfance et l’a accueilli sous son toit, ses sœurs, ses cousins François et Philippe Masséna, ses amis. Tous accueillent avec faveur les troupes françaises et s'enthousiasment pour les principes révolutionnaires qu'elles apportent. François Masséna se met à la disposition du commandement, il s'inscrit ainsi que Philippe à la Société Populaire et grâce à l'intrigue, il obtiendra bientôt, lui, ouvrier savonnier, un poste de commissaire des guerres.
André Masséna, soit par impossibilité matérielle, soit par calcul s'abstient de participer au mouvement politique ; certes, il est loin d'être suspect, bien au contraire et serait plutôt porté de par ses convictions intimes, à faire montre d'un jacobinisme ardent, mais il sait rester uniquement soldat.
C'est désormais pour lui une phase nouvelle qui commence ; la vie monotone de garnison est finie, elle va
faire place à l'existence rude, fatigante et glorieuse du soldat en campagne qui lui permettra de développer et de faire apprécier autrement que comme instructeur de troupes, ses qualités de chef.
Au lendemain de l'occupation de Nice et de Villefranche, d'Anselme désirant dégager la ville et se donner du champ mit en mouvement trois brigades ; à droite, s'appuyant sur la côte et Monaco, Brunet s'avança vers les vallées de la Bévéra et de la Roya ; à gauche, Dumerbion suivait le cours du Var avec Puget-Théniers comme objectif et au centre le général Barral allait s'assurer la possession de la vallée de la Vésubie.
Le 2" Var ne devait faire partie d'aucun de ces trois corps ; le général d'Anselme le maintient à Nice, à sa disposition, parmi ses troupes de réserve, jusqu’au 22 octobre, date à laquelle il l'envoie à Monaco (1) dont le Prince demandait continuellement des secours pour rejoindre le 2% bataillon du 28° de ligne qui s'y trouvait déjà.
Le 2% Var, fort de 650 hommes, arriva le même jour dans la principauté, mais éprouva de grandes difficultés pour s'assurer un Cantonnement et une partie dut être
logée chez l'habitant (2). Bien qu'accueillie avec satisfac-
(1) Ordre N° 7 -Joseph Bernard d'Anselme, lieutenant général commandant l'armée du Var dans le cy-devant Comté de Nice.— II est ordonné au 2° bataillon du Var de partir de Nice avec armes et bagages, vingt cartouches à balle par homme et des vivres pour deux jours, demain ?? octobre pour se rendre le même jour à Monaco, où il restera jusqu'à nouvel ordre vivant en bonne police et discipline. A Nice le 21 octobre 159%, l'an premier de la République Française : signé d'Anselme, (arch. du Palais de Monaco D. 1-2).
(2) Lettre du général d'Anselme datée de Nice le 29 octobre, l'an ler de la république, au citoyen Millo commandant à Monaco au sujet de l'embarras ou celui-ci se trouve pour le logement et les fournitures militaires l'empressement avec lequel les habitants ont reçu les troupes françaises pourrait servir à éviter de nouvelles dépenses et vous pourriez loger chez les particuliers les plus aisés une partie de la garnison. Cet arrangement
tion par la population, les volontaires du Var firent figure de conquérants en arrivant dans la Principauté et voulurent y établir un club et ériger un arbre de la Liberté (1). : Cette attitude amena le Prince à rédiger un mémoire de protestation qui fut soumis au Comité de Salut Public (2). Quelques mois plus tard, le 14 février 1793, la Principauté de Monaco allait se constituer en République.
Pendant ce temps, les troupes françaises poursuivaient la conquête du Comté de Nice.
C'est le maréchal de camp Brunet qui, le premier prend contact avec l'ennemi (3), il est à l'Escarène le 1‘ octobre et occupe le col de Braous; le 4, il gagne Sospel et le lendemain marche vers Saorge. Le 12, ayant reçu 2.000 hommes de renfort, il s'empare du col de Brouis et de Breil en même temps qu'il s'assure des villages de Lucéram, Berre et Contes.
A l'aile gauche, Dumerbion gardait le Var, se conten-
ne serait que momentané parce que les dispositions militaires me feront retirer bientôt de Monaco l'excédent de garnison qui s’y trouve. » (arch. du Palais de Monaco D. 1-20).
(1) Protestation du Prince de Monaco contre l'envoi à Monaco par le général d’Anselme de 65) hommes du bataillon du Var. Ces protestations ont lieu non point sur le maintien d'une garnison française, conformément autraité de 1641, mais sur les mesures (que ces troupes) y ont prises attentatoires aux droits de ma souveraineté. 10 nov. 1792.
(Arch. du Palais de Monaco D 1-20)
(2) Au mépris de cette convention (traité de 1641) M. d'Anselme commandant pour lors l'armée d'Italie a envoyé le 2? octobre 1792 un bataillon bien armé s'emparer de Monaco coinme d'une place ennemie avec ordre d'y établir un club et d'y ériger un arbre de la liberté. (arch. du palais de Monaco D 1-20 extrait d'un mémoire adressé par le Prince de Monaco à Barrère et soumis au Comité du Salut public s. d. (1793).
(3) Pour le détail des opérations militaires pendant cette période. voir le savant ouvrage de Krebs et Moris ; Campagnes dansles Alpes pendant
la Révolution ». (Lib. Plon. Paris 1891-T. 1).
tant de s'emparer de Puget-Théniers qui est occupé par un bataillon.
La colonne du centre, commandée par Barral était celle qui allait causer le plus d’ennuis au général d’Anselme. Son chef prudent jusqu'à la pusillanimité avait seulement atteint Levens le 17 octobre. Le 20, deux bataillons et une compagnie franche marchent sur Lantosque par Duranus, Saint-Jean la Rivière et Figaret. Les habitants de ces localités pris de peur, s'étaient enfuis et se rassemblèrent sur les hauteurs de la Bollène et de Belvédère pour gagner ensuite Gaudissard et la Cerisière, sur la rive droite de la Vésubie, Rocca-Sparviera, et Férion sur la rive gauche. Surpris par ces rassemblements hostiles et inquiet pour sa sécurité, Barral, le 24 se replie sur Utelle et sur Levens où il arrive le 27.
Cette retraite ayant enhardi les habitants, dans le but d'en effacer le mauvais eflet, Barral reprend le 30 octobre sa marche en avant ; il rentre à nouveau dans Utelle et se dirige sur Lantosque, mais accueilli, près des roches de Pical, par une vive fusillade, il se replie une fois de plus sur Utelle et même sur Levens. Le 35 novembre ayant reçu de d'Anselme l'ordre de conserver Utelle, il revient sur ses pas pour regagner définitivement Levens, le 6 novembre.
Ces hésitations et ces indécisions indisposèrent le général d'Anselme, qui à la date du 10 ou 15 novembre 1792, prit la décision de le remplacer dans son commandement par Dumerbion.
Entre temps, Levens avait été le théâtre d'évènements graves. Excédés par les contributions de guerres par trop lourdes levées par les commissaires des Guerres Ferrus et François Masséna, le cousin d'André, les habitants révoltés avaient profité de la faiblesse du détachement français cantonné à Levens pour le surprendre la nuit et le massacrer. Cette révolte avait causé un effet déplorable,
Dumerbion reçut l'ordre de réprimer cette insurrection ; il partit pour Levens ayant avec lui André Masséna, qui était presque du pays et sur lequel on comptait comme négociateur. Masséna arrive à Levens le 15 novembre (1) porteur d'un ordre pour le retour de Ferrus à Nice, où il sera décrété d'arrestation.
A Levens, Masséna se retrouvait en pays de connaissance. C'est le lieu d'origine de sa famille paternelle qui, comme nous l'avons déjà vu, y possédait des propriétés d'une certaine importance. De plus, après le second mariage de sa mère, veuve, André Masséna y reçut l’hospitalité de sa grand'mère. Lieux et gens lui étaient familiers : aussi eut-il tôt fait « joignant la persuasion à la force » (2) d'apaiser les mécontentements et de régler les différends entre la population et la troupe qui, un instant, avaient tourné au tragique et menaçaient de se propager.
Sa mission terminée, André Masséna revient à Nice, d'où son bataillon laissé au commandement de Layet venait de partir.
En effet, la ville de Nice dégagée, d'Anselme procède à un regroupement de ses forces et des renforts qui lui sont arrivés.
De Monaco, où il était cantonné, le 2"° Var était venu à Nice le 4 novembre, pour en repartir le 17 du même mois, afin de se rendre le même jour, savoir : 3 compagnies à Châteauneuf et 5 compagnies à Tourettes « où elles recevront de nouveaux ordres » (3).
L'armée des Alpes et du Var prend à dater du 15 novembre le nom d'armée d'Italie. Elle se compose de quarante bataillons et parmi ceux de volontaires nationaux quatre
(1) Mémoire justificatif de Férus.
(2) Koch-Mémoires de Masséna t. 1 ; p. 15.
(3)Arch. de la Guerre : relevé des ordres du général d'Anselme 17 novembre 1797,
seulement sont jugés susceptibles de prendre utilement part aux opérations de guerre. Parmi eux, figure le 2% Var (1), juste récompensé des soins attentifs que Masséna ne cesse de près ou de loin d'apporter à sa troupe.
Ils n'étaient pas faciles à conduire ces bataillons de volontaires, le général d'Anselme avait évité dans la mesure des possibilités de les employer jusqu'à présent en première ligne, au moins isolément, car ils n'étaient qu'incomplètement armés et instruits et leurs effectifs se trouvaient très réduits par la désertion.
C'est ainsi que le 19 novembre 1792 (2) Garnier, pro-
LA
cureur général syndic du département du Var, écrivait
au citoyen procureur de la commune d'Antibes pour l'informer que Masséna lui signalait le départ sans permission de plusieurs volontaires, et l'invitait à les faire rentrer à leur corps ou à prendre contre eux les mesures édictées par la loi (3). Et comme Masséna n'obtint pas satisfaction suflisamment prompte à son gré, il adressait, le 14 décembre 1792, une nouvelle requête aux administrateurs du département du Var, signée de tous les officiers et comportant l'envoi, à Toulon pour l'appuver oralement du lieutenant-colonel en second du 2" Var, Lavet.
Celui-ci était chargé de demander le remplacement des volontaires partis en congé absolu, conformément à la loi, et d'obtenir des mesures sérieuses pour faire rejoindre
(1) Arch. de la guerre-revue du 15 nov.— Mémoire justificatif de d'Anselme- Lettre au Ministre de la guerre Pache.
(2) Antibes, arch, munie. H 3-8.— Lettre de Garnier datée de Toulon le 19nov:1792:
(3) Le déserteur était rayé des registres de la garde uationale et de la liste des citoyens actifs pendant dix ans. ete... ces mesures n'avaient qu'un effet illusoire,
les déserteurs et porter ledit bataillon au grand complet de 800 hommes, chiffre prévu par le décret du 6 mai 1792 (1). |
L'hiver arrêtait à peu près complètement les opérations militaires ; français et piémontais campaient sur leurs positions en attendant que la belle saison leur permit de se mesurer à nouveau.
Déjà, dès le début de décembre 1792, l'abondance de la chute des neiges, dans ces régions faisait prendre au général Brunet la décision de se retirer de Sospel dont l'occupation devenait trop difficultueuse, notamment au point de vue du ravitaillement des 3.000 hommes de troupes qui y cantonnaient et Brunet se repliait sur lVEscarène.
Désormais, l'armée française forme un front de stabilisation pour la période hivernale, dont la ligne est Monaco, La Turbie, N.-D. de Laghet, Peillon, Peille, l'Escarène, Levens et à gauche, le cours du Var de Villars à Puget- Théniers.
Dumerbion commande à Levens, et le maréchal de camp, Dagobert, à l'Escarène.
Le 2"° Var, entre temps est venu de Tourettes à Contes
(1) Ce jourd'hui, 14 décembre 1792, l'an Ler de la république Française, en garnison à Contes les citoyens officiers du 2me bataillon du Var, assemblés chez le citoyen Masséna commandant dudit bataillon ont délibéré d'envoyer le citoyen Layet, des officiers dudit bataillon, au département de Toulon ; l'ont chargé de renouveller aux citoyens administrateurs dudit département les prières qu'ils lui ont déjà fait plusieurs fois d'obliger les districts de procéder au remplacement des volontaires partis par congé absolu conformément à la loi ; de même que de faire rejoindre les déserteurs et porter ledit bataillon au grand complet de huit cents hommes conformément au décret du 6 mai 1792. Contes le 14 décembre 1792, lan ler de la République française. Signé : Masséna, Attanoux capitaine, Bouge, capitaine, Raybaud, commandant, Grégoire, lieutenant Giraud, sous-lieutenant Court capitaine Tripoult lieutenant Emile Isnard, Sue.
Lieutenants Court, G. Raybaud, capitaine, Farnet. (Arch. du maréchal Masséna. Vol. 1 armée d'Italie, 2me bataillon du Var.)
à la date du 13 décembre pour y prendre ses quartiers d'hiver ; il se trouve désormais placé sous le commandement de Dagobert à la 3"° brigade, 1" division (1).
D'après la situation du 15 décembre 1792, le 2" Var comptait à ce moment-là un effectif présent de 358 hommes et 443 manquants. On s'explique aisément l'insis-
tance de Masséna à vouloir récupérer partie ou totalité de ces derniers.
Quelques jours après, le 23 décembre, le général d'Anselme accusé de prévarication, d'indécision et de manque d'autorité dans son commandement, était appelé à se justifier devant la Convention et relevé de son commandement de l'armée d'Italie qui passait provisoirement entre les mains du général Brunet, en attendant l'arrivée du successeur de d'Anselme, le général Biron.
De même que Masséna qui continuait plus que jamais pendant son hivernage à Contes (2) à tenir son bataillon en haleine, Brunet s'applique à instruire et discipliner les troupes cantonnées à Nice ou aux environs et dans ce but les envoie fréquemment relever les avant-gardes de Levens et l'Escarène, continuellement alertées par les Austro-Sardes. Ces hardies et perpétuelles incursions de l'ennemi, même en plein hiver, firent prendre le parti de les réprimer le plus promptement possible en prenant l'offensive, tâche qui devait s'imposer au général Biron qui ne put arriver à Nice que le 10 février.
Il importait d'autant plus de chasser l'ennemi du Comté
(1) Arch. de la guerre-Ordre de bataille du ler novembre 1792
(2) Arch. de la guerre-Armée d'Italie-? jauv. 1793-Ordre en cas d'alerte : Sont à Nice 5me, Glme, T0me. Jfme, ?2me Var. Emplacements en cas d'alerte ; me et Gime : Place de la République ; T0me sur le cours ; T1me : place de l'égalité; 2me Var, remparts bordant le Paillon bataillon de la Drôme, place de la République ; le 2me de l'Isère, ailleurs (sic) N.B. les bataillons venant de Levens et l'Escarène sont rentrés hier à Nice, —
de Nice que la Convention Nationale allait prononcer sa réunion à la France le 4 février 1793.
Au moment où le général Biron arrive à Nice prendre possession du commandement en chef de l'armée d'Italie, le bruit s'était répandu que les ennemis avaient renforcé leur droite dans la vallée de la Vésubie, méditant une attaque sur notre gauche dans la partie du haut Var. Le général Biron était également informé de la prise de Sospel par les piémontais (1), commandés par le général de Saint-André.
Le général Biron décide aussitôt de prendre l'offensive et se porte lui-même « avec quatre mille hommes et une artillerie considérable au col de Braous et sur les hauteurs de Castillon pour tenir en échec le général de Saint- André, en lui faisant craindre une attaque sur Saorge ».
Ce n'était qu'une feinte et le secret en est si bien gardé que l'ennemi croit à Fattaque de Saorge, alors que commence l'expédition de la Vésubie.
Le général Brunet est chargé de cette expédition avec, sous ses ordres, le général Dagobert. :
Brunet quitte Nice dans la nuit du 13 au 14 es pour aller appuyer.le général Dagobert, commandant à l'Escarène, qui est lui-même parti à ia même date dans la direction du Col de Braous, ils opèrent parallèlement et se rejoignent le 28 février à Belvédère d'où, à leur approche, l'ennemi s’est retiré.
Le rôle de Masséna dans cette action était de refouler le major piémontais Testoris, qui tenait Revest, débouché méridional du Col de Vial ; l'opération allait réussir à merveille. Le 28 février, Masséna et son bataillon épaulant la gauche de Dagobert s'empare de Tourettes, Revest et Toudon. Il se dirige ensuite sur Ascros, où il se rencontre avec le lieutenant-colonel Cadar, commandant le
(1) Arch ;de la guerre-Lettre. de Biron du 13 janvier 1795,
ve bataillon du Var, qui était parti de Roquesteron. Tous deux marchent sur Villar qui venait d'être abandonné par l'ennemi et « où ils ne trouvèrent que quelques provisions de grains » (1).
(1) Arch. de la guerre. 28 février 1793. Relations officielle des opérations dans la vallée de la Vésubie.
(Extrait de la lettre du général Dumerbion)
«… Le général Biron ayant projeté de faire attaquer le 28 du mois dernier tous les postes de la droite des ennemis depuis Entrevaux jusqu’à Sospello, et de les chasser totalement du Comté de Nice les troupes aux ordres des généraux Brunet et Dagobert, s'étant réunies le 28 février à Colla-Bassa se trouvèrent en présence de l'ennemi qui occupait les hauteurs presque inaccessibles du col de Negro. Les chasseurs avec les grenadiers du ?8° régiment; ceux du 91m et ceux du 2° bataillon de l'Isère favorisés par notre artillerie gravirent la montagne et s'emparèrent des hauteurs qui la couronnaient.
L'armée continua sa marche sur deux colonnes ; celles de gauche, aux ordres du général Brunet. et celle de droite commandée par le général Dagobert, chassant toujours devant elle l'enñemi de poste en poste jusqu'à la Vésubia.
Après dix-huit heures de marche dans ce pays difficile et parsemé de défilés, l’armée bivouaqua sur les hauteurs de la rive gauche.
Les ennemis craignant une attaque se retirèrent avec précipitation de Lantosqué où notre armée passa la nuit. Le ? mars, le général Dagobert ayant chassé de droite et de gauche les troupes légères de l'ennemi qui couronnaient les hauteurs des deux rives de la Vésubia, le général Brunet se dirigea vers Belvédère, poste formidable que les ennemis &ccupaient au nombre de 5.000 hommes avec deux pièces de canon et des espingardes, mais les ennemis furent attaqués avec tant d'impétuosité que malgré leur artillerie et le feu terrible de leur mousqueterie, ils furent chassés successivement des maisons, des terrains et du village ; rien ne peut arrêter le courage brillant et l'ardeur des soldats de la République.
Les ennemis furent chassés du poste presque inaccessible de N.-D. des Miracles et du poste d'Utelle. Le général Dumerbion força les ennemis à se retirer en désordre par les hauteurs de Lantosque.
Le même jour ?8, le lieutenant-colonel Macena (4), commandant le 2° bataillon du Var, s'est emparé de Tourrette, Revest et Toudon: Le lieutenant-colonel Ladac, commandant le 7° bataillon du Var, s'est emparé de Luceram. Ils ont ensuite marché sur Villar ; les ennemis ne les y ont point attendus.
Le même jour 28, le général Rossy, employé à l'armée des Alpes ayant également fait attaquer les Puget-Théniers occupé par 128 soldats