MUSIQUE RELIGIEUSE
Marie-Magâeleine est réellement une œuvre religieuse, sous réserve des considérations proposées plus haut. Œuvre religieuse à la manière de GounodS et que nous n'avons nulle raison de n estimer point sincère. Rien de plus suave que les premières pages, où passe la mélodie jadis notée en Italie . Et cette grâce poétique se retrouve dans rentrée de Jésus, dans le duo de Méryem et de Marthe, dans celui de Jésus avec Méryem. Les airs que chante celle-ci sont d'ailleurs écrits avec une largeur simple et franche qui va droit au cœur. La scène des saintes femmes au tombeau
1. « C'est, au fond, du Gounod, mais condensé, raffiné et cristallisé ; M. Massenet est à Ch . Gounod ce que SchumannestàMendelssohn. » Ainsi s'exprimait Saint-Saëns, sous le pseudonyme de Phémius, dans un article de la Renaissance littéraire et artistique. (V. G. Servières, loc. cit.)hi\ compacaison émise par l'illustre auteur du Déluge nous semble d'ailjleurs plus curieuse que juste.
Masskmct. 9
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du Maître est accompagnée par les instruments à cordes avec beaucoup de pénétrante gravité. Le rôle de Judas est fort bien tracé, et notamment dans son duo avec Marthe le personnage se découpe en une très originale silhouette.
Empruntons quelques vers à M. Anatole France; ils résument assez bien Timpression du public en face de la partition de Massenet :
L'enfant de Magdala, la fleur de Béthanie S'en alla vers Jésus qu'on a nommé le Christ Et parfuma ses pieds, ainsi qu'il est écrit, Et la terre connut la tendresse infinie .^
Quelques-uns ontcriéau sacrilège, et sansdoute comparaient-ils, en leur émoi, Massenet au Diderot critique pictural, discutant sur la Madeleine du Gorrège et sur celle de Garle Yanloo. Mais pour qui va plus au fond des choses, la piété du musicien— nous ne dirons pas celle de Thomme — s'affirme incontestable. L'artiste a su tracer ici de délicieux tableaux et faire fleurir pour nous ces «jardins frais et verts» que se plut à évoquer Renan ; c'est pourquoi sa Marie-Magdaleùiey
En mêlant des parfums aux musiques de l'âme ^,