MUSIQUE VOCALE AVEC ACCOMPAGNEMENT DE PIANO
Tout d'abord il convient de louer Massenetpour avoir introduit chez nous le Poème vocal, d'après le principe illustré par Schubert et Schumann. C'est ainsi que nous lui sommes redevables d'un Poème du souvenir et d'un Poème cFavril^ que suivirent cinq autres recueils cycliques, sans compter Trois poèmes chastes^ dont l'énoncé paraît un peu étrange parmi ce catalogue.
Le Poème d'avril, dû au vrai poète qu'était Armand Silvestre, une fois sorti de ses gauloiseries professionnelles, ouvrit la route et obtint sur-le-champ le succès mérité par le charme de ses mélodies, si délicatement mariées aux vers. Le Poème du Souvenir^ qui parut ensuite, accuse une profondeur de sentiment et une intensité de passion mélancolique véritablement émouvantes.
Une épigraphe non revêtue de musique précède
la mélodie initiale, et se termine par les mêmes
vers qui achèvent le poème :
Souvenir éternel, regret inconsolé, Amour qui fut ma vie et qui t'es envolé...
L'exquise invocation « à la chère ensevelie » est suivie d'une sorte de nocturne où flotte comme un écho de Chopin ; tandis que l'âme de Schumann pourrait se refléter dans l'inspiration qui succède. Le frais tableau d'une nuit d'été se dessine alors devant nos yeux. Pourquoi faut-il que le musicien en ait emprunté l'un des motifs à un maître qui, d'ailleurs peut voir là comme un involontaire hommage.
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Oh!
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[Poème du souvenir, IV