‹ MassenetChapitre 22 sur 36 · MARGUERITE · texte numérisé non relu

MARGUERITE

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.Ah! C'esi la voix du Lion-ai . me

(GouNOD : Faust, acte Y.)

]J épitaphe conclusive, avec son beau prélude enchaîné au morceau précédent, vient rappeler le thème initial ^ Ainsi s'achève le plus touchant

I . Cettebrève péroraison peut être mise en parallèle avec celle de V Amour et la Vie d'une femme, où le thème initial de ce cycle est ainsi rappelé. Seulement, chez Schumann c'est le piano qui achève d'e.vprimer la pensée du musicien tandis que chez Massenet c'est à la voix que cette mission est confiée..

et vraisemblablement le plus sincèrement ému des poèmes vocaux de Massenet*.

Il ne faudrait pas que la supériorité de ce Poème du souvenir nous rendît injuste envers les heureuses parties que renferment les autres. Le Poème d'octobre^ avec son charmant prélude et son aimable liedy le Crépuscule du Poème pastoral^ diverses pages encore méritent d'échapper à l'oubli.

Vient maintenant la riche collection des mélodies détachées, des duos, trios, ensembles divers, au total dépassant largement la centaine. Le public y a fait son choix, qui n'a pas toujours été guidé par le meilleur discernement, et il

I. Dans une lettre adressée au Scribners Magazine, Massenet exposait que « durant les jours sombres du siège de Paris, grelottant de froid, les yeux aveuglés par les larmes », il avait composé la musique du Poè/ne du Souvenir sur les stances enflammées de son ami, a le grand poète Armand Silvestre ». « Oui, au double titre de citoyen et d'artiste, ajoutait-il, je sentais Timage de la patrie se graver dans mon cœur meurtri, sous la douce et touchante figure d'une Muse blessée ; et quand, avec le poète, je chantais :

Arrache ton linceul de fleurs !

je savais bien que, quoique ensevelie, Ja France sortirait aussi de son linceul, les joues pâlies peut-être, mais plus aimable et plus adorable que jamais ! »

On ne saurait trop applaudir à de tels sentiments ! Il est seulement regrettable que ce poème, inspiré par la guerre de 1870-71, lui soit en réalité antérieur de trois années et date de 1868.

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serait bien inutile de rappeler les titres des mélodies élues que les amateurs avaient prises pour principales victimes de leur interprétation.

Massenet aimait allier sa musique aux vers des bons poètes, mais sans pour cela dédaigner les autres. Indifférence? hâte? politique? Un peu de tout cela, sans doute. A côté d'Armand Silvestre, son barde préféré, nous trouvons Victor Hugo, Théophile Gautier, Alfred de Musset, André Theuriet, François Coppée, Maupassant, Thérèse Maquet, Catulle Mendès.

Georges Boyer, Noël Bazan. Quant aux poètes de la seconde catégorie, il serait bien superflu de rappeler ici leurs noms...

Un certain nombre de ces mélodies — notamment parmi celles que Ton ne chante guère — sont véritablement empreintes d'une grâce exquise; d'autres sont aimables et attrayantes : beaucoup, enfin, paraissent être les reflets affaiblis des précédentes, les répliques aux contours incertains d'un modèle trop solivent copié et qu'il eût fallu laisser à son originale beauté. Des duos, trios ou chœurs, accompagnés ou non, nous ne voyons rien de particulier à dire. Ils appartiennent en effet à la même esthétique que les mélodies.

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