‹ MassillonChapitre 141 sur 215 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

nn modèle d'explications désirées par le cardinal de Noailles . . . il avait encore dit que le cardinal de Noailles avait approuvé son projet d'acceptation, ce qui était une fort belle nouvelle à débiter. . . Tout cela fit comprendre à l'archevêque de Paris qu'il ferait bien de ne l'écouter plus. Il prit l'extrait du précis et sans dire s'il en était content ou non, ni sans fixer de jour pour une nouvelle audience, ils se séparèrent. C'est ainsi que finirent les travaux du P. Massillon, plus prédicateur que négociateur. Car outre qu'il n'avait pas assez de fermeté pour n'être pas ébranlé par les attaques des deux Éminences, il donnait trop à connaître que la conduite du cardinal de Rohan était plus de son goût que celle du cardinal de Noailles (1). »

On pourrait s'étonner du peu de succès des négociations de Massillon si d'autres avaient été plus heureux. Mais personne n'a réussi mieux que lui. Ce n'était point par les voies, de la persuasion qu'on devait triompher des temporisations volontaires du cardinal de Noailles qui ne voulait ni reculer, ni s'engager plus avant. Toutefois cette négociation sans résultat ne fut pas inutile à Massillon. Il connut par une expérience personnelle le peu de bonne foi des jansénistes et leur opiniâtreté à chercher des faux- fuyants. Quand il sera élevé sur le siège de Clermont il écrira des lettres qui prouveront qu'il a gardé bon souvenir de tout ce qu'il a tenté inutilement pour pacifier les querelles religieuses. Il était plus facile d'écrire un sermon sur le petit nombre des élus que de faire entendre raison au cardinal de Noailles.

(1) Anecdotes sur la constitution Unigenitus, loc. cit.

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