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CHAPITRE XIII

geaient son âme, et qui ne pouvaient manquer de se produire dans un diocèse aussi étendu que celui de Glermont, ne doivent pas nous faire juger avec trop de rigueur les religieux qui habitaient alors les nombreux couvents disséminés sur les flancs des montagnes et dans les riches vallées de l'Auvergne. La piété, le zèle, le travail n'étaient pas exilés de tous les monastères. Plusieurs voyaient pratiquer à Tombre de leurs murs les plus édifiantes vertus. Rien ne serait plus injuste que de faire peser une accusation générale de mondanité sur tous les religieux, même à la tin du xvni^ siècle. Le cloître avait encore ses saints, mais le monde a oublié ces vertus cachées pour ne se souvenir que des mauvais exemples trop publics. Pourtant c'était le petit nombre qui déshonorait la vie monastique par de honteux dérèglements. Ala vérité ceux qui marchaient fidèlement sur les traces de leurs fondateurs ne formaient aussi qu'une minorité. Entre ces deux points extrêmes de vice et de vertu on rencontrait un nombre considérable de moines également éloignés d'une vie sainte et d'une vie scandaleuse. On ne pouvait ni les admirer ni les mépriser. Bornant leurs efforts à n'être point coupables de fautes graves, devant Dieu et devant les hommes, ils ne songaient pas à s'élever jusqu'aux difûciles vertus exigées par leur profession religieuse . Ils vivaient comme d'honnêtes propriétaires. Ces braves gens ne se faisaient ni maudire ni bénir. On les raillait parfois, mais ils se résignaient à des plaisanteries qui ne diminuaient pas leurs revenus. Cette classification en trois groupes, celui des bons, celui des mauvais et celui des médiocres, plus nombreux que les deux autres ensemble, pouvait s'appliquer aussi au clergé. Chaque diocèse possédait de saints prêtres en plus grand nombre que n'ont voulu le dire les historiens du xvni^ siècle. Pouvait-il en être au-

trement avec les exemples donnés par la plupart des évéques ? Il y avait aussi dans chaque diocèse plusieurs prêtres dont la vie n'était rien moins que sacerdotale. La législation de cette époque ne donnait pas toujours aux évêques le pouvoir de remédier à ce mal énergiquement et promptement. Mais le nombre de ces prêtres qui, au lieu d'édifier le peuple, détruisaient la foi et les mœurs, était moins considérable que ne l'ont dit des écrivains trop portés à rendre le clergé tout entier responsable des fautes de quelques-uns de ses membres. Ils formaient une exception, même pendant les années qui ont précédé l'agitation révolutionnaire, lorsque tant de mauvais instincts étaient excités dans toutes les classes de la société. L^histoire du clergé français pendant la révolution suffit pour prouver tout ce qu'il y avait de vertus solides dans ce corps si nombreux. Ce qu'on pouvait reprocher avec le plus de justice à la majorité des prêtres séculiers ce n'était pas la dissolution des mœurs, c'était Fattiédissement du zèle sacerdotal. Eux aussi se contentaient trop souvent d'être de braves gens et de vivre commodément du revenu de leurs bénéfices. Quand on se transporte par la pensée au siècle de Voltaire et des encyclopédistes, quand on se rappelle le grand nombre de prêtres répandus dans chaque diocèse, loin d'être étonné des scandales qui se sont malheureusement produits en ces tristes temps, on se demande avec admiration comment il ne s'en est pas produit davantage.

Massillon ne négligea rien pour maintenir son clergé à la hauteur de sa mission, pour exciter le zèle des tièdes, pour ramener sous le joug du devoir ceux qui s'en étaient affranchis. Chaque année il réunissait ses prêtres en synode et leur adressait une paternelle allocution. Sa voix se faisait entendre dans les retraites ecclésias-

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