CHAPITRE XIV
Massillon et les jansénistes. — Sa lettre au P. Mercier. — Le concile d'Embrun. — Lettres à l'évêque de Séez. — Mort de Marguerite Périer. — Lettre au cardinal de Bissy. — Le nouveau bréviaire de Clermont. — Paraphrases morales de plusieurs psaumes. — Mission de Bridaine à Clermont. — Dernières années et mort de Massillon. — Conclusion.
En travaillant à l'accommodement et en prenant part au conseil de conscience, Massillon avait pu connaître les intrigues des jansénistes et leur opiniâtre attachement à des doctrines fausses, dangereuses, condamnées par le saint-Siége et par l'immense majorité des évêques français. Il travailla sans relâche à maintenir dans son diocèse Fesprit d'obéissance aux décisions de l'Église, et à le préserver des lamentables divisions qui agitaient la province autant que Paris. On rapporte qu'il se plaisait à rassembler à sa maison de campagne des oratoriens et des jésuites. Il les faisait jouer ensemble aux échecs et les exhortait à ne se faire jamais de guerre plus sérieuse. Ces deux ordres religieux auraient épargné en effet à l'Église de France de profonds déchirements s'ils n'avaient jamais eu de plus redoutables rivalités. Dès qu'il eut pris possession du siège de Clermont, Massillon renouvela l'ordonnance de son prédécesseur sur Tacceptation de la bulle Unigenitus et sur la défense de lire les Réflexions morales de Quesnel. Les procès- verbaux des