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CHAPITRE XIV

extrême sur tout, hardiesse à décider et à revenir sur tout ce qu'il y a de mieux établi, nulle règle, nul amour de la paix, une intrigue et une cabale éternelles, les laïcs, les femmes, les dévotes, les mondains, tout leur est bon ; si vous les connaissez, les voilà. Je les ai toujours vus tels de mes propres yeux, pendant près de trente ans que j'ai été à Paris. En vérité, moucher seigneur, un homme sensé et qui a un peu vécu ne peut que revenir de ce parti, s'il a été capable d'y donner dans ses jeunes ans ; et d'autant plus que pour peu qu'on paraisse les favoriser, ils vous associent, ils grossissent leur liste de votre nom, ils chantent victoire comme si vous pensiez de même qu'eux, et prennent unecondescendance de charité pour une adhésion totale à leur entêtement.

<c Ainsi, mon cher seigneur, laissez-les continuer tant qu'ils voudront. Ce n'est point ainsi que l'on défend la vérité ; c'est en front de bandière, pour parler militairement, enseignes déployées et avec le gros de l'armée. Les voies singulières n'ont jamais prospéré. L'autorité et le consentement public ont toujours pris le dessus. Les doctrines outrées n'ont qu'un temps. La mode passe : il n'est plus du bon air d'être frondeur. On laisse crier le petit nombre de désespérés qui se font un mérite de s'obstiner, le bon sens et la règle prennent enfm la place du parti.

Vous me connaîtriez peu, mon cher seigneur, si vous croyiez que votre démarche pût diminuer mon respect et mon attachement tendre pour vous. J'ai désapprouvé la démarche saus condamner la personne. Je connais trop la droiture de votre cœur, la candeur de votre piété, votre éloignement des discussions et votre amour pour l'Église. Je suis persuadé que vous avez pris dans ces dispositions, si dignes de l'épiscopat, les motifs qui vous ont faitLigir. L'exemple de vos confrères vous a rassuré. Vous vous proposiez un bien et vous vouliez courir au secours

d'un confrère que vous croyez injustement persécuté. Vous avez nui à sa cause en voulant la défendre. 11 fallait demander justice des procédés, s'il y en avait d'illégitimes à son égard, et ne pas justifier sa conduite qui n'est susceptible d'aucune justification. Vous pouviez condamner les juges, s'ils avaient prévariqué, mais il ne fallait pas absoudre le coupable. Je le plaignais comme vous, et respectais son âge, son caractère, ses mœurs épiscopales ; mais je voyais avec douleur qu'il nous avait ôté lui-même les moyens de le défendre.

<c Je reçois quelquefois de ses nouvelles. Il ne cesse de me dire qu'il ne souffre que pour la défense de la grâce efficace et pour les libertés de l'Église gallicane. J'ai beau lui répondre que, sur ce pied-là, de cent vingt évêques que nous sommes il y en aurait au moins cent dix d'exilés. Ce bon vieillard n'entend rien; il ne perd point de vue son fantôme. Ses correspondants abusent de sa simplicité, et la lui grossissent sans cesse, avec des éloges si pompeux sur sa fermeté, qu'il est surpris que nous ne donnions pas tous dans un piège si usé, et où il n'y a que des enfants ou des têtes échauffées qui puissent s'y prendre. J'espère que Dieu aura égard à vos intentions, mais je le connais de longue main. Je crains fort qu'il n'entre dans sa conduite un peu de complaisance sur les applaudissements du parti et sur le triste spectacle qu'il donne à l'Église.

« Vous voyez, mon cher seigneur, parla confiance avec laquelle je vous parle, sur des matières sur lesquelles j'ai fait profession ae garder un profond silence, que rien ne s'est passé de nouveau dans mon cœur sur votre compte, qu'un nouveau désir de recevoir plus souvent de vos nouvelles et un renouvellement de la tendresse et du respect avec lesquels je suis, etc.. »

Les trois lettres que nous venons de citer font autant

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