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CHAPITRE II

net à l'amende envers le roi et envers rarchevêque et aux dépens de tout le procès (1).

L'archevêque avait désigné le chanoine David pour officier en sa place et en qualité de son vicairç aux fêtes solennelles, lorsqu'il n'officiait pas lui-même. Le 30 avril 1686, le chanoine David, faisant au chœur les fonctions de l'archevêque, donna de l'encens à l'un des chantres et le refusa à l'autre, qui était l'abbé de Montmartin. Disputant à cet abbé la dignité de chantre, le chanoine David se figurait qu'en lui donnant de Tencens, il se condamnait lui-même. Ce refus d'encens excita un grand trouble. On s'émeut, on murmure, on cesse Toffico. Les chantres quittent leurs chappes, tous les chanoines sortent du chœur et entrent au chapitre. L'assemblée ordonna que le chanoine David s'absenterait le jour suivant de l'office et du chœur, qu'il s'abstiendrait durant quinze jours de dire la messe dans la grande église; que ce qui pouvait lui revenir des distributions capitulaires et autres, pendant ces quinze jours, serait donné aux pauvres et qu'après les quinze jours expirés, il se rendrait en plein chapitre et demanderait pardon.

Le lendemain avant matines, le chanoine David alla donner avis à l'archevêque de tout ce qui s'était passé. L'archevêque se contenta d'ordonner au chanoine David

(1) Voici quelques-unes des raisons sur lesquelles se fondait le parlement de Grenoble pour établir son droit : «... S'il est permis aux évêques de refuser, sur des moyens de refus qu'ils n'énoncent pas, ils se rendront les maîtres du possessoire des bénéfices et détruiront ainsi la juridiction des parlements et autres juges royaux. » — « L'archevêque de Vienne n'ayant pas de supérieur ecclésiastique en France, on réduit ses diocésains d'aller plaider à Rome ; ce qui serait traduire les sujets du roi hors du royaume. » D'après cette jurisprudence, l'archevêque n'ayant pas en France de supérieur ecclésiastique, il fallait le faire juger par des supérieurs laïques. En appeler au pape, c'était plaider hors du royaume; il valait mieux plaider devant les parlements.

de commencer matines pour lui et d'encenser l'abbé de Montmartin à Laudes. Il fit défense en même temps au grand chantre de troubler le sieur David dans ses fonctions. Mais dès que l'office eut été commencé par le chanoine David, le grand chantre fit cesser le chœur et recommencer matines par un chanoine, que le chapitre avait désigné dans sa délibération du jour précédent. Sous prétexte qu'une autre conduite aurait donné atteinte à lexemption du chapitre et à sa juridiction, les chanoines résistèrent à toutes les ordonnances de Farchevêque. Lorsque le sieur David se disposait, dans la sacristie, à dire la grand'messe, il se vit tout à coup dépouillé de ses habits sacerdotaux par deux chanoines, dont l'un monta aussitôt à l'autel. Le promoteur crut devoir intervenir et, avec la permission de l'official, commença une information. Le chapitre, soutenant qu'il était exempt de la juridiction de l'archevêque, en appela au parlement de Grenoble. Le parlement reçut favorablement la requête des chanoines et défendit à l'archevêque de poursuivre l'information à peine de mille francs d'amende. L'archevêque, qui avait de bonnes raisons pour ne pas plaider à Grenoble, obtint un arrêt de renvoi au parlement de Dijon, qui débouta les chanoines de toutes leurs prétentions.

L'archevêque de Vienne, à qui les arrêts du parlement et les délibérations de son chapitre causèrent tant d'embarras, se sentait beaucoup plus à l'aise quand il n'était lié que par des bulles pontificales. Les ordonnances des papes n'étant pas des lois de l'état, il ne se croyait pas tenu de les observer rigoureusement. Il fut un des premiers à introduire dans la liturgie des changements arbitraires. Il ne se fit aucun scrupule de faire réciter à l'église de Vienne un autre bréviaire que le bréviaire romain. Il nomma une commission chargée de donner ù.

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