PRÉFACE. XXV
essayé d'exprimer celte incomparable figure de la Vierge par excellence, il n'en est pas qui ait mieux répondu à l'idéal que j'aimais à m'en former dans mon âme de prêtre.
Comme les madones les plus pures des époques les plus ferventes, comme celle du Beato en particulier, la Madone du Lis fait sentir et deviner que l'auteur a prié avant de peindre *, et que son imagination, nourrie de foi etd'amour de Dieu, a représenté la très-sainte Vierge adolescente d'après des vues intérieures, formées dans la méditation. Par une constante communion avec les formes et les natures divines, les disciples de Fiésole sont parvenus à se placer comme intermédiaires entre la créature et le Créateur, en nous transmettant un rayon de l'éternelle lumière au milieu de laquelle ils vivaient ; et l'on peut dire que Mater- Admirabilis est, à plusieurs siècles de distance, de l'école de fra Angelico.
Voilà bien la pure image d'une âme préservée à jamais de toute souillure, envoyée au monde pour être unie à un corps parfait et immaculé, et devenir dans cette double perfection et dans cette double pureté l'ineffable instrument de notre salut ! C'est
* Non havrebbe messo œano ai penelU se prima non avesse fatto oraïiojie. (Vasari, Vie de fra Angelico.)